Les habitants du village d’al-Horra rassemblés autour du site du nouvel attentat qui a fait 35 morts hier. HO/SANA/AFP
Au moins 35 personnes ont été tuées hier dans un attentat dans la province centrale de Hama, en Syrie, où l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, Daech) a gagné du terrain à l'Est.
L'attaque qui a frappé le village d'al-Horra contrôlé par les troupes du régime a également fait plus de 50 blessés, a indiqué l'agence officielle SANA, en l'imputant aux rebelles qui cherchent à renverser le régime du président Bachar el-Assad. « Des terroristes ont fait exploser un camion rempli de près de trois tonnes d'explosifs », a indiqué SANA, citant une source policière. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a fait état de son côté de 38 morts dont des civils et des membres des forces de sécurité, et de plus de 40 blessés. Le Front islamique, une coalition de rebelles islamistes qui luttent pour renverser le régime, a revendiqué l'attaque sur son compte Twitter, en précisant que les explosifs placés dans le véhicule avaient été actionnés à distance et visaient des « rassemblements de miliciens d'Assad ».
À l'Est, l'EIIL a gagné du terrain, prenant à des groupes rebelles la ville de Mouhassen et deux autres villages de la province pétrolière de Deir ez-Zor, dont il contrôle de larges secteurs, selon l'OSDH. En revanche, dans la province d'Alep, l'armée de Bachar el-Assad, appuyée par des combattants loyalistes, a repris aux rebelles le village d'Adnaniyé, selon l'OSDH.
Moscou et Pékin mis au défi
Dans ce contexte, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé hier au Conseil de sécurité d'imposer un embargo sur les armes à destination de la Syrie, dans un discours où il a détaillé un plan en six points pour régler le conflit. Dans ce long discours devant la Asia Society à New York, M. Ban a jugé « irresponsable que des puissances et des groupes étrangers continuent de soutenir militairement » les belligérants. « Si les divisions au sein du Conseil continuent d'empêcher une telle mesure, j'exhorte les pays à le faire individuellement », a-t-il ajouté. « Les voisins de la Syrie devraient interdire fermement l'utilisation de leurs frontières et de leur espace aérien pour acheminer des armes vers la Syrie. »
Il faut aussi, selon M. Ban, que les responsables d'exactions en Syrie dans les deux camps soient sanctionnés. Après le blocage par un veto russe et chinois le 22 mai dernier d'une résolution occidentale prévoyant une saisine de la Cour pénale internationale (CPI), M. Ban a mis Moscou et Pékin au défi de « proposer des alternatives crédibles » afin d'assurer « le droit fondamental à la justice du peuple syrien ». M. Ban a également annoncé qu'il « nommera bientôt un nouvel envoyé spécial » pour succéder à Lakhdar Brahimi, mais averti que celui-ci « n'aura pas de baguette magique ».
Parmi les propositions de M. Ban figure aussi « un accès humanitaire libre et immédiat, à travers les lignes de front et les frontières » extérieures de la Syrie.
Le régime de Damas a averti pour sa part que distribuer de l'aide humanitaire dans les zones rebelles de Syrie sans son feu vert revenait à attaquer le gouvernement syrien.
Pendant ce temps, sur le front diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov doit avoir aujourd'hui en Arabie saoudite des entretiens avec son homologue saoudien, le prince Saoud al-Fayçal, sur un large éventail de questions régionales, notamment la crise syrienne, a annoncé hier un responsable saoudien.
(Sources : agences)


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