Un Ukrainien portant une pancarte comparant Poutine à Hitler. Sergey Bobok/AFP
Au lendemain de la coupure de gaz décidée par Moscou, le directeur général du groupe ukrainien Naftogaz, Andriï Kobolev, a assuré à la population qu'elle n'avait pas à craindre de pénuries, même si la Russie a « réduit à zéro » ses livraisons en ne laissant transiter que les volumes destinés aux pays européens.
« Je pense que les consommateurs ne seront aucunement affectés », a-t-il déclaré dans un entretien avec une chaîne de télévision locale. « Il y a du gaz en stock », a-t-il ajouté. L'Ukraine compte toutefois sur la mise en place de « flux inversés » pour recevoir une partie du gaz russe que les pays européens importent, et le Premier ministre Arseni Iatseniouk a déclaré hier devant le Parlement qu'un « petit volume » avait ainsi déjà commencé à être envoyé. De tels « petits volumes par flux inversé sont insuffisants, mais lorsqu'il y aura de larges flux, les livraisons pourraient être de l'ordre de 15 milliards de m3. Ce volume est suffisant », a-t-il affirmé, sans donner d'échéance. « Des compagnies européennes sont prêtes à fournir du gaz à l'Ukraine. Elles proposent du gaz bon marché à 320 dollars » les 1 000 m3, a déclaré lundi soir le PDG de Naftogaz Andriï Kobolev. Pour rappel, près de la moitié du gaz importé de Russie en Europe, soit environ 15 % de la consommation européenne, transite par le territoire ukrainien. Le Premier ministre ukrainien avait affirmé la semaine dernière que son pays avait par ailleurs l'intention de diversifier son approvisionnement en gaz en en achetant à la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie.
500 millions d'euros d'aide
Mais le PDG du géant semi-public russe Gazprom a d'ores et déjà fait savoir que de telles livraisons étaient illégales, ce qu'a démenti hier une porte-parole du commissaire européen à l'Énergie, Sabine Berger. La Commission européenne a en outre annoncé hier avoir débloqué 500 millions d'euros pour aider l'Ukraine à faire face à ses besoins de financements, notamment pour des achats de gaz à des compagnies européennes.
Pour Londres, en suspendant ses livraisons de gaz naturel à l'Ukraine, la Russie a nui à son statut de fournisseur fiable d'énergie, estimait hier le chef de la diplomatie britannique, William Hague.
En outre une explosion sur une portion d'un gazoduc alimentant l'Europe en gaz russe s'est produite dans le nord-ouest de l'Ukraine pour une raison indéterminée, sans affecter le transit, mais le ministre ukrainien de l'Intérieur Arsen Avakov a aussitôt évoqué la piste d'un « sabotage russe ».
Sur le terrain, un journaliste russe a été tué hier dans l'Est séparatiste de l'Ukraine au cours d'une attaque qui risque d'aggraver les relations déjà tendues entre Moscou et Kiev. Igor Korneliouk, un journaliste de la holding de télévision publique russe VGTRK, a succombé à des éclats à l'abdomen provenant d'une grenade ou d'une roquette, a déclaré le médecin-chef de l'hôpital de Lougansk, l'un des bastions de l'insurrection prorusse. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé « un nouveau crime des forces ukrainiennes » et appelé « les médias du monde entier » à une condamnation immédiate. Dans ce contexte, le Parlement ukrainien a adopté hier soir une résolution pour renforcer d'ici à un mois la sécurité à la frontière avec la Russie.
(Source : AFP)


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