L'ancien émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi a estimé que l'offensive jihadiste en Irak résultait de l'inertie de la communauté internationale face au conflit qui fait rage en Syrie voisine depuis 2011. « C'est une règle bien connue : un conflit de ce genre (en Syrie) ne peut pas rester enfermé dans les frontières d'un seul pays. Malheureusement on a négligé le problème syrien et on n'a pas aidé à le résoudre. Voilà le résultat », a déclaré M. Brahimi. Pour cet ancien médiateur en Irak après l'invasion américano-britannique de 2003, la communauté internationale ne peut pas « être surprise » par l'offensive jihadiste menée en Irak par Daech (État islamique en Irak et au Levant-EIIL), également l'une des forces les plus importantes en Syrie. « Une personnalité irakienne m'a dit en novembre que Daech était dix fois plus actif en Irak qu'en Syrie. J'ai mentionné cela au Conseil de sécurité et dans mes entretiens », raconte ce diplomate chevronné.
Tony Blair confirme
Même son de cloche pour l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui a rejeté hier l'idée que l'actuelle offensive jihadiste en Irak n'aurait pas eu lieu si Saddam Hussein était toujours au pouvoir, et a estimé que l'inaction occidentale en Syrie était responsable de la crise irakienne. « Vous pouvez voir ce qui se passe lorsque vous laissez les dictateurs en place, comme c'est le cas avec (le président syrien Bachar el-) Assad actuellement. Les problèmes ne disparaissent pas », a-t-il ajouté. « La guerre civile en Syrie et la désintégration qui l'a accompagnée a un effet prévisible et pernicieux. L'Irak est maintenant en danger de mort. L'ensemble du Moyen-Orient est menacé », a-t-il affirmé, appelant à « repenser notre stratégie vis-à-vis de la Syrie ». Reconnaissant que les choix qui étaient actuellement à la disposition de la communauté internationale « étaient tous assez repoussants », il a appelé à agir en Syrie, non pas via une nouvelle invasion mais en « apportant le soutien dont ils ont besoin » aux « éléments modérés et raisonnables de l'opposition syrienne ».
(Source : AFP)


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ET... IL A ÉCLAIRÉ... LE BRAHIMI... NOTRE LANTERNE !
19 h 40, le 17 juin 2014