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Moyen Orient et Monde

Bagdad dit avoir « repris l’initiative » face aux insurgés de Daech

Irak

Près de 280 jihadistes auraient été tués en 24 heures ; porte-avions US déployé dans le Golfe ; Téhéran exclut une intervention directe. Des dizaines de soldats exécutés par Daech.

OLJ/AFP
16/06/2014

Les autorités irakiennes ont affirmé hier avoir « repris l'initiative » face aux jihadistes de Daech (État islamique en Irak et au Levant – EIIL) qui depuis mardi dernier ont pris Mossoul, sa province Niniv, Tikrit et d'autres régions de la province de Salaheddine, ainsi que des secteurs des provinces de Diyala et de Kirkouk. Et hier, ils ont pris le contrôle, selon des officiers, de la région d'al-Adhim à Diyala.


Alors que les jihadistes, soutenus par des partisans du régime déchu de Saddam Hussein, ont avancé de façon fulgurante, les forces de sécurité ne montrant que peu de résistance, ces dernières semblent néanmoins relever la tête, reprenant ainsi samedi Ishaqi et Mouatassam, non loin de Bagdad, avec le soutien de tribus. Hier également, elles ont repoussé un assaut d'insurgés sur la ville stratégique de Tal Afar, à 380 km au nord-ouest de Bagdad et à une soixantaine de kilomètres de la frontière syrienne, selon des responsables. Dix personnes ont d'ailleurs été tuées et 40 ont été blessées dans des bombardements menés sur cette ville par les insurgés qui ont perdu 18 combattants dans l'assaut. Le lieutenant-général Qassem Atta, porte-parole du Premier ministre Nouri al-Maliki sur la sécurité, a ainsi affirmé hier que les forces irakiennes avaient « repris l'initiative » face aux insurgés, évoquant le chiffre de 279 « terroristes » tués au cours des dernières 24 heures. Précisons que les forces de sécurité donnent régulièrement des bilans d'insurgés tués particulièrement élevés, impossibles à vérifier de manière indépendante. Les autorités ont par ailleurs annoncé durant le week-end un plan de sécurité pour défendre Bagdad, où un attentat a fait neuf morts hier.

 

(Lire aussi : Pour Blair, attribuer la crise actuelle en Irak à l'invasion de 2003 est "bizarre")

 

Milliers de civils volontaires
Répondant à l'appel du gouvernement et du grand ayatollah Ali al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, des milliers de citoyens se sont portés volontaires pour prendre les armes contre les insurgés. Au nord de Baqouba, l'un de ces centres de recrutement a été visé hier par des tirs d'obus de mortier, qui ont fait six morts.

 

(Lire aussi : « Les sunnites d'Irak espèrent revenir au pouvoir et assister à la chute d'Assad »)


Par ailleurs, à Khanaqine, 150 km au nord-est de Bagdad, au moins six combattants des peshmergas (forces kurdes) ont été tués dans un raid aérien de l'armée irakienne contre un convoi. On ignore si l'attaque, qui a eu lieu dans la nuit, visait spécifiquement les troupes kurdes ou les a touchées par erreur, le secteur étant divisé entre zones sous contrôle des insurgés et sous contrôle kurde. Et selon des photos diffusées sur Internet, mais qui n'ont pu être authentifiées, les jihadistes de Daech auraient d'ailleurs exécuté des dizaines de membres des forces de sécurité irakiennes faits prisonniers dans la province de Salaheddine.


C'est dans ce contexte qu'un responsable kurde a indiqué hier que les forces kurdes contrôlent depuis plusieurs jours l'un des deux points de passage officiels entre l'Irak et la Syrie, dont les forces irakiennes se sont retirées. Deux combattants kurdes ont été tués dans une attaque menée par des insurgés après la prise de le point de passage de Rabia par les peshmergas, selon la même source.

 

(Lire aussi : En Irak, les Kurdes voient leur rêve d'indépendance s'approcher)


Parallèlement, les États-Unis ont annoncé hier qu'ils allaient envoyer des renforts de sécurité autour de leur ambassade à Bagdad et déplacer certains employés vers d'autres sites, en réponse à l'avancée des jihadistes en Irak.


Sur le plan international, au lendemain du déploiement dans le Golfe d'un porte-avions américain dans l'éventualité d'une opération militaire, l'Iran s'est dit hostile à « toute intervention militaire étrangère », estimant qu'elle compliquerait encore davantage la situation. Dès le début de l'avancée de Daech la semaine dernière sur le sol irakien, Téhéran s'est dit prêt à aider Bagdad pour lutter contre l'offensive jihadiste en cours mais sans intervenir au sol, et les autorités iraniennes ont démenti à plusieurs reprises des informations de presse rapportant la présence de troupes iraniennes en Irak. Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, chargé de décider des questions liées à la sécurité du pays, a lui écarté toute coopération entre l'Iran et les États-Unis à propos de l'Irak. « Cela fait partie d'une guerre psychologique et c'est totalement irréel », a déclaré M. Shamkhani en critiquant « les informations publiées par les médias occidentaux ».

 

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