Le nouveau président Petro Porochenko semble vouloir apaiser rapidement les liens avec Moscou et s'est donné une semaine pour obtenir un retour au calme dans l'Est. REUTERS/Anastasia Sirotkina/Pool
L'Ukraine était engagée lundi dans des négociations tous azimuts avec la Russie pour tenter de mettre fin aux sanglants combats dans l'Est en proie à une rébellion séparatiste et éviter une coupure du gaz russe redoutée des Européens.
Des pourparlers sur l'épineuse question du gaz sont prévus à 17h00 GMT à Bruxelles. Moscou a prévenu: si Kiev ne règle pas une dette gazière de plusieurs milliards de dollars et ses approvisionnements de juin avant mardi soir, Gazprom coupera ses livraisons, ce qui perturberait l'approvisionnement en Europe.
Les Ukrainiens rejettent de leur côté le prix fixé par la Russie après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement pro-occidental fin février, le tarif le plus élevé appliqué à un pays européen.
Trois jours après son bref entretien avec Vladimir Poutine en France qui a créé un espoir de désescalade, deux jours après son investiture, le nouveau président Petro Porochenko semble vouloir apaiser rapidement les liens avec Moscou et s'est donné une semaine pour obtenir un retour au calme dans l'Est.
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Il a lancé dès dimanche des négociations à Kiev, pour la première fois depuis la chute fin février de son prédécesseur prorusse Viktor Ianoukovitch dans un bain de sang et l'annexion de la Crimée en mars.
Ces discussions à huis clos entre l'ambassadeur de Russie Mikhaïl Zourabov et l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne Pavlo Klimkine, en présence d'une représentante de l'OSCE, doivent se tenir quotidiennement le temps qu'une solution soit trouvée.
Assauts séparatistes
Le temps presse: l'insurrection dans l'Est industriel et russophone du pays gagne du terrain en dépit de l'offensive lancée il y a près de deux mois par les forces ukrainiennes pour y mettre fin.
Des heurts fréquents interviennent dans les régions de Donetsk et Lougansk. Les séparatistes ont en outre pris le contrôle d'une partie de la frontière avec la Russie, un revers pour Kiev qui ne cesse de dénoncer l'afflux d'armes et de combattants en provenance du territoire russe.
Les gardes-frontières ont affirmé avoir repoussé dans la nuit de dimanche à lundi un nouvel assaut à l'arme lourde au poste d'Izvarino.
Selon le ministère de la Défense, une unité militaire à Artemivsk, près de Slaviansk, a également été assaillie pendant la nuit par une cinquantaine de séparatistes équipés d'armes automatiques. Les militaires ont repoussé l'attaque, tuant un séparatiste, selon la même source.
Au total, les combats ont déjà fait plus de 200 morts, rebelles, soldats ukrainiens ou civils et d'intenses combats dans le bastion prorusse de Slaviansk.
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"Le président d'Ukraine, qui est aussi le chef des armées, Petro Porochenko prend tous les mesures pratiques permettant d'espérer que de sages décision seront prises dans un court délai et que les habitants de l'Est de l'Ukraine vivront en paix", a déclaré le ministre de l'Intérieur Mikhaïlo Koval, cité par l'agence Interfax Ukraine.
En lançant les pourparlers dimanche à Kiev avec l'ambassadeur russe, le nouveau président a assuré qu'il fallait "mettre fin aux tirs cette semaine". "Chaque jour pendant lequel des gens meurent (...) est inacceptable", a-t-il souligné.
Lors de son investiture, le milliardaire de 48 ans s'est adressé en russe aux habitants de l'Est et leur a promis de ne pas les abandonner. Il s'est montré en revanche inflexible sur l'orientation européenne de son pays et l'appartenance à l'Ukraine de la Crimée, rattachée en mars à la Russie après un référendum jugé illégal par les Occidentaux.
Réunion décisive à Bruxelles
Ancien ministre de l'Economie et des Affaires étrangères, ayant servi dans des gouvernements aussi bien prorusses que pro-occidentaux, M. Porochenko doit aussi dès les premiers jours de son mandat éviter une nouvelle "guerre du gaz" avec son voisin russe.
A Bruxelles, les négociations doivent réunir le commissaire européen chargé de l'Energie Günther Öttinger, les ministres russe et ukrainien de l'Energie et les patrons des compagnies russe Gazprom et ukrainienne Naftogaz.
"Il est hautement probable qu'il s'agisse de la rencontre finale", a indiqué une source russe au journal russe Vedomosti. Selon le quotidien, Naftogaz, qui a déjà réglé il y a une semaine 786 millions de dollars, pourrait verser un milliard de dollars dès lundi et s'engager sur un calendrier de règlement pour le reste dans les jours à venir.
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Les analystes s'attendent à voir Gazprom reculer sur le prix et accorder une remise à l'Ukraine.
En cas de perturbations du transit vers l'Europe à l'automne prochain, "le manque à gagner serait plus douloureux que si les Ukrainiens ne paient pas", a confié une source proche de Gazprom à Vedomosti.
Le dossier énergétique empoisonne les relations entre Moscou et l'UE, qui vient d'obtenir de la Bulgarie qu'elle interrompe les travaux de construction de South Stream, un projet de gazoduc porté par la Russie et des électriciens européens, et censé transporter à partir de fin 2015 le gaz russe vers l'Europe en évitant l'Ukraine. La Russie, par la voix de son représentant russe de l'UE Vladimir Tchijov, a dénoncé cette décision comme une forme voilée de sanctions économiques contre Moscou.
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