"Dites que vous boycottez !" les examens officiels, a martelé le président du CCS Hanna Gharib. Photo an-Nahar
A trois jours de la nouvelle date prévue pour le début des examens officiels, le bras de fer entre le ministère libanais de l'Education nationale et le Comité de coordination syndical (CCS) se durcit. Alors que le CSS martèle "pas de grille des salaires, pas d'examens", le ministre de l'Education nationale appelle les élèves à être prêts jeudi 12 afin de passer leurs examens.
"Soyez prêts jeudi matin", a lancé le ministre Elias Bou Saab à l'adresse des élèves qui doivent passer le brevet. Les bacheliers sont convoqués à partir du 16. "Je dis que les examens vont avoir lieu parce que je compte sur les professeurs, même si la grille n'est pas votée", a-t-il affirmé.
Un peu plus tard, les contractuels de l'enseignement technique et professionnel ont assuré qu'ils participeraient à la correction des examens officiels. Ils ont tenu à rappeler la primauté des intérêts des étudiants et du niveau de l'éducation nationale, en soulignant que leur position n'était pas dirigée contre le CCS.
Une nouvelle séance parlementaire visant à étudier la grille des salaires est prévue mardi 10. Lors de la conférence de presse donnée à partir du Parlement suite à sa réunion avec le chef du Législatif Nabih Berry, M. Bou Saab a déclaré que ce dernier "avait fait état d'une approche positive des députés concernant la grille des salaires".
Si le député membre du bloc du Changement et de la réforme, Alain Aoun, a assuré lundi que le bloc aouniste participera à la séance parlementaire "car la question de la grille est urgente", les choses sont plus incertaines du coté du 14 Mars.
Samy Gemayel, député phalangiste, a annoncé lundi que son parti boycottera la séance parlementaire, dont il estime qu'elle est "inconstitutionnelle".
Selon certaines interprétations de la Constitution libanaise, le Parlement, en cas de vacance à la présidence, se limite à remplir les tâches d'un collège électoral afin d'élire un nouveau président, s'abstenant par-là de légiférer.
Plus tôt dans la journée, le député Ghazi Youssef, membre du bloc du Futur, avait annoncé une possible participation de son bloc. Même s'il participe, le Futur votera néanmoins contre le projet de loi sur la grille des salaires. "L'adoption du projet de loi, dans sa mouture actuelle, peut avoir des conséquences négatives sur les finances publiques et affaiblir le pouvoir d'achat", a ainsi déclaré l'ancien Premier ministre Fouad Siniora à l'issue d'une réunion extraordinaire du bloc. "Nous n'accepterons pas d'entraîner le Liban vers la faillite", a-t-il poursuivi.
"Dites que vous boycottez !"
Les examens devaient débuter le 7 juin, mais ils ont été reportés la semaine dernière par le ministre Bou Saab en raison de l'impasse sur la grille des salaires et des appels au boycott lancés par le CCS.
Aujourd'hui, lors d'un nouveau rassemblement devant le ministère de l'Education à Beyrouth, Hanna Gharib, président du CCS, a appelé tous les professeurs, directeurs, surveillants, responsables, à voter aujourd'hui le boycott des examens officiels. "Vous êtes tous appelés aujourd'hui à 16h à voter le boycott des examens", a-t-il déclaré lors de la manifestation du CCS. "Dites que vous boycottez !", a martelé le président du CCS à plusieurs reprises. "Le CCS est uni, et le restera", a-t-il poursuivi. "N'abandonnez pas, nous sommes tous ensemble pour le boycott des examens jusqu'à l'adoption de la grille des salaires", a-t-il encore dit.
Dimanche, face à l'obstination du CSS, le ministre de l'Éducation nationale avait déjà décidé de frapper un grand coup : se passer (ou menacer de se passer) de leurs services, pour la surveillance des examens officiels, les privant du même coup de leur principal instrument de pression pour obtenir le vote, mardi, à la Chambre de la grille des salaires pour laquelle ils luttent depuis trois ans. Dans la foulée, Hanna Gharib et Nehmé Mahfoud avaient dénoncé "une privatisation de la surveillance des examens".
Aujourd'hui, le ministre de l'Education a assuré que les examens ne peuvent être privatisés. "Les examens sont des examens officiels, personne ne peut les privatiser", a-t-il déclaré lundi à la presse.
Lors d'une conférence de presse lundi, Nehmé Mahfoud a de nouveau mis en garde le ministre Bou Saab. "Les examens officiels ne consistent pas uniquement en une banque de questions et en la surveillance des épreuves, a martelé le président du syndicat des enseignants des écoles privées. Celui qui ose tenir les examens en se passant des services des enseignants ne se soucie ni des intérêts des élèves ni du diplôme libanais ni du secteur éducatif." Le syndicaliste a réitéré que le CCS est en faveur de l'adoption de la grille des salaires et la tenue, dans le même temps, des examens officiels. "Adopter la grille demain et commencer les examens officiels jeudi est la seule solution, a insisté M. Mahfoud. Les examens n'auront pas lieu jeudi sans l'accord du CCS", a-t-il martelé. "Si cette solution, attendue par les enseignants mais aussi par les élèves, n'est pas adoptée demain, vous seriez en train de prendre le pays vers l'inconnu", a conclu M. Mahfoud.
Tout en affirmant qu'il est à 100 % favorable à l'adoption de la grille des salaires et en invitant les blocs parlementaires à l'approuver, le ministre Bou Saab a pour sa part averti les grévistes ces derniers jours qu'il ne baisserait pas les bras et ne permettrait pas que leur mouvement revendicatif compromette les épreuves officielles de dizaines de milliers d'élèves pris en otages par leurs enseignants. "Les examens officiels auront bel et bien lieu jeudi en dépit des menaces d'escalade", a-t-il ainsi assuré lundi après-midi.
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"Soyez prêts jeudi matin", a lancé le ministre Elias Bou Saab à l'adresse des élèves qui doivent passer le brevet. Les bacheliers sont convoqués à partir du 16. "Je dis que les examens vont avoir lieu parce que je compte sur les professeurs, même si la grille n'est pas votée", a-t-il affirmé.
Un peu plus tard, les contractuels de l'enseignement technique et professionnel ont assuré qu'ils participeraient à la correction des examens...


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Les examens sont des examens officiels, personne ne peut les privatizer très juste , il faut que les élèves soient prêts pour jeudi.
17 h 48, le 09 juin 2014