Pour une présidente
Changements climatiques, changements politiques. De réunion en réunion, c'est la valse des parlementaires, chacun accusant l'autre : 8 Mars, 14 Mars ne sont toujours pas d'accord sur le nom d'un président, tandis que la colère gronde : grèves des enseignants, revendications des journaliers d'EDL, sans compter le suspense qui dure et va durer jusqu'au 24 mai. Va-t-on avoir un président? Et moi je demande : pourquoi pas une présidente pour changer ? D'autres pays ont ou ont eu des femmes au pouvoir. Parmi elles citons : en Allemagne, Angela Merkel (3 fois élue), au Brésil (sixième économie mondiale) Dilma Rousseff, en Argentine Cristina Kirchner, ancienne avocate, en est déjà à son deuxième mandat. Au Liberia (Afrique) : Ellen Johnson Sirleaf (Prix Nobel de la paix et deux fois élue a la tete de ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Il en existe d'autres aux Philippines, en Chine, en Inde, etc. Mais personne au Moyen et au Proche-Orient. Peut-être qu'avec l'accès au pouvoir des femmes, on n'aurait pas connu les guerres et le printemps arabe... Les femmes étant avant tout des mères, donc pas de génocide, pas de viols, etc. Il faut quelqu'un ayant une main de fer dans un gant de velours pour mettre au pas nos politiciens !
Amal SAYEGH
Rien ne va plus
Dans un pays où la politique est versatile, sans idéologie ni fidélités sauf à un système tribal et confessionnel, le citoyen tente de savoir vers quel précipice nous nous dirigeons maintenant que le vide s'est installé au niveau de la présidence de la République. Nos parlementaires viennent de voter en catimini des lois qui ne font qu'attiser la colère de la rue. Cherté de vie, prix qui montent en flèche sans aucun complexe de culpabilité des commerçants, Palais de justice noyé aux premières pluies et justice qui fonctionne à la carte, infractions aux lois sur l'immobilier qui demeurent impunies, prison de Roumieh transformée en un hôtel cinq étoiles où les coupables sont récompensés et ont droit aux honneurs avec leurs téléphones portables et Internet. Internet, ce réseau de communication qui se fait lent depuis deux mois et qui coupe brusquement. Et gare si vous portez plainte ! Que dire enfin de nos enfants, de nos jeunes diplômés qui ne trouvent pas un emploi digne de leurs compétences et qui se dirigent droit vers les portes des ambassades. Rien ne va plus, c'est la roulette russe. Comment savoir si une nouvelle
guerre civile ne va pas de nouveau atteindre le cœur du Liban ?
Antoine SABBAGHA
Lettre au président Sleiman
Né en 1975, je n'ai connu que la haine et l'intolérance, le rejet et l'ennui, l'intolérance et le dégoût, la violence et la décadence, la corruption et le profit. Et pourtant il suffit parfois d'un regard pour créer la complicité, d'une poignée de main pour reconnaître un frère, d'un sourire pour ressentir la compassion. Il arrive aussi parfois qu'un homme sorte du lot, discrètement se démarque pour s'inscrire dans l'histoire, celle d'un pays tourmenté par le romantisme idéologique, le confessionnalisme stérile, le féodalisme haineux.
Monsieur le Président, vous faites partie des grands d'hommes d'État, ceux qui savent que la vie de chaque citoyen est au-dessus de toutes les idéologies, que la fraternité au Liban n'est pas que nostalgie, que la paix vaut mieux que toutes les guerres qui ont pourri mon enfance et qui traumatisent encore mes nuits. Vous faites partie de ceux qui savent que la bienveillance est plus forte que le sifflement des bombes qui traversait mon quartier pour détruire le monde de mes amis de « l'autre bord ». Pendant six ans, vous représentiez pour moi la sécurité de la République juste et sereine, sans coup de matraque, la République qui ne plie pas sous la pression démagogique des assoiffés de pouvoir, de vengeance et de haine. Mais voilà, les grands hommes savent se retirer, discrètement mais avec panache. Ils laissent ainsi une trace dans l'histoire, dans mon histoire.
Marc KALOUSTIAN


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