L’équipe du consulat de gauche à droite : Gabi Noufaily, Maher Takkoush, Maha Karnib, Tony Barkachy, Majdi Ramadan, Habib Osman, Nadine Sfeir, Tarek Jaber.
Depuis qu'il a pris ses fonctions en juin 2012, le consul du Liban à New York, Majdi Ramadan, est devenu l'enfant chéri de la communauté libanaise. Agissant en rassembleur et constamment à l'écoute de tous les Libanais d'Amérique du Nord, il ne ménage aucun effort pour aller à leur rencontre tout en pratiquant la politique de la porte ouverte au consulat. Dans un entretien accordé à L'Orient-Le Jour à New York, le jeune diplomate de 42 ans expose ses réalisations depuis deux ans, mettant en exergue la modernisation, le professionnalisme et la rapidité des services consulaires. Pour Majdi Ramadan, « la tâche la plus importante est d'avoir restauré la confiance de la communauté libanaise dans le consulat ». Et rien ne peut être réalisé sans la « solide équipe » qui l'entoure, insiste-t-il.
En effet, depuis son arrivée, les services consulaires ont été dépoussiérés, modernisés et informatisés.
« Toutes les demandes et tous les formulaires que nous recevons reviennent à leurs destinataires le même jour, dit-il. Il ne s'agit pas seulement du service mais surtout de la qualité des services », note le consul. Et d'ajouter : « Pour assurer une meilleure qualité du service, les appels téléphoniques sont maintenant enregistrés. C'est un moyen d'être efficace et courtois. » L'informatisation complète de tous les documents du consulat est en cours. Pour aller plus vite, une personne a été assignée à cette tâche.Et pour une meilleure efficacité, le jeune diplomate préfère communiquer directement par courriels.
À la rencontre de la diaspora
« Par courriels électroniques ou par Facebook, tous les moyens sont bons pour atteindre la communauté », estime le consul. Sans compter que toute personne qui se présente au consulat décline ses informations « afin de mieux communiquer et servir », ajoute-t-il.
Pour la procédure, l'importance est accordée à l'enregistrement par courriel. En même temps, le consulat coopère avec les initiatives telles que « I Am Lebanese », « la Fondation maronite », et avec les églises, les mosquées ou autres institutions pour faciliter l'obtention des documents des Libanais installés aux États-Unis depuis plusieurs générations. Fait-il du bon travail ? « C'est à la communauté de juger. Je ne veux pas seulement réussir bien, mais je vise surtout l'excellence », souligne-t-il.
Majdi Ramadan se fait un point d'honneur « d'aller à la rencontre de la diaspora » qui se trouve sous sa juridiction, à savoir : New York, New Jersey, Delaware, Pennsylvania, New Hampshire, Massachusetts, Connecticut, Vermont, Rhode Island et le Maine. Il constate « que les gens ne vous prennent pas au sérieux si vous n'allez pas vers eux ». « J'essaie donc d'aller autant que possible à Boston, au Connecticut, en Pennsylvanie, à Waterbury, à Danbury ou à Rhode Island... Si j'apprends qu'il y a un événement qui se passe dans telle ou telle région, je n'attends pas que l'on m'invite, j'y vais tout simplement, dit-il, car aller vers la communauté de tous les États que nous couvrons peut faire une grande différence », estime-t-il.
Le bâtiment du consulat
Si les services consulaires se modernisent, ce n'est toutefois pas le cas du bâtiment consulaire vétuste qui, lui, a besoin d'une rénovation structurelle. « Les études architecturales et structurelles nécessaires pour la restauration de l'ensemble du consulat ont pris six mois, indique M. Ramadan. Il s'agit d'un grand montant. Le ministre des Affaires étrangères devra trancher. Mais en attendant, en raison des contraintes budgétaires, nous rénovons une pièce à la fois. Les amis nous aident » pour rendre l'édifice plus habitable. « Espérons que les choses iront mieux en 2015, » ajoute-t-il avec espoir.
Depuis deux ans, le consulat a organisé de nombreuses activités culturelles, artistiques, musicales, économiques, touristiques et philanthropiques, sans compter la fête de l'Indépendance qui attire chaque année un très nombre de personnes. « Je ne pense pas que ce consulat ait connu autant d'activités de tout genre », constate le consul. Le jeune diplomate cite notamment l'exposition artistique d'Audrey Anid et de Sid Chidiac, un Australien d'origine libanaise, qui a permis de découvrir de jeunes talents, ainsi que le
« Lebanon Capital Markets Day » qui s'est tenu à New York en mars 2013, la conférence de Nada Sara sur les sites du Liban inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, qui a eu lieu en avril dernier.
Sur le plan touristique, il note la présentation du bel ouvrage de Hana el-Hibri A Million Steps : Discovering the Lebanon Mountain Trail, au succès retentissant, ouvrage qu'il a offert à l'ancien maire de New York, Michael Bloomberg. Ce dernier lui a promis de « marcher au Liban dès la fin de son mandat ». Un autre événement musical a eu lieu en l'honneur de la première femme chef d'orchestre d'origine libanaise, Joanna Nachef, dont le concert avait affiché complet au Carnegie Hall en automne dernier.
Par ailleurs, le diplomate a aussi ouvert les portes du consulat à différentes causes philanthropiques, dont notamment la « Global Smile Foundation », dirigée par le Dr Osama Hamdan. Les recettes de cette levée de fonds ont permis d'opérer au Liban 36 personnes atteintes de la malformation du bec-de-lièvre. « C'est la seconde du genre », affirme Majdi Ramadan. Sans compter que le 30 mai, le consulat organise un événement philanthropique au profit du St Jude Hospital, deux semaines avant le gala de levée de fonds qui se tiendra à New York le 12 juin. D'autres activités diverses sont aussi prévues au consulat à la rentrée.
Exposition du Met
Par ailleurs, Majdi Ramadan s'active pour coordonner l'exposition qui doit avoir lieu, du 22 septembre au 4 janvier 2015, au Metropolitan Museum of Art (MET) ayant pour thème : « Assyria to Iberia at the Dawn of Classical Age » (De l'Assyrie à l'Ibérie à l'aube de l'âge classique). Cette exposition trace, à travers 260 œuvres d'art prêtées par d'importantes collections d'Europe, du Caucase, du Moyen Orient, d'Afrique du Nord, et des États-Unis, les racines profondes de l'interaction entre l'ancien Proche-Orient et les terres le long des rives de la Méditerranée et leur impact sur les traditions artistiques qui se sont développées dans la région.
À la demande du MET, le musée de Beyrouth a accepté de prêter trois pièces dans le cadre de cette exposition, notamment une statuette d'un homme couvert de bijoux de 110 cm de long, provenant de Saïda et datant du VIe-Ve siècle av. J-C, un bracelet avec un scarabée de 7 cm de diamètre pesant 77 grammes provenant de Magharet Tablun (Saïda) et datant du 5e siècle av. J-C, et un peigne en ivoire provenant de Magharet Tablun (Saïda) datant du 5e siècle av. J-C. Cette dernière pièce en ivoire fait l'objet de discussions depuis le décret signé par le président Obama en février 2011 sur les pièces d'ivoire en provenance d'Afrique. Mais le musée américain ne semble pas s'en soucier puisqu'il s'agit d'une œuvre antique.
« Ces trois pièces feront l'objet de recherches approfondies et les résultats seront publiés dans trois langues par le MET. Ce qui leur donne une valeur ajoutée. Le musée de Beyrouth devra envoyer à New York une personne spécialisée qui expliquera ces œuvres lors de l'inauguration », souligne le consul qui accueille favorablement cette initiative. Cette exposition, qui bénéficiera d'une grande couverture médiatique, sera une belle publicité pour le Liban, conclut le consul.


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