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Liban - Meerab

Geagea : Si Aoun a la majorité absolue, qu’il participe à la prochaine séance électorale

Le leader des Forces libanaises s'étonne du souci manifesté subitement par le Hezbollah et ses alliés pour Hariri.

Samir Geagea lors de la conférence de presse hier, à Meerab.

Le leader des Forces libanaises Samir Geagea a rejeté hier, point par point, le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Il a d'abord répondu aux accusations selon lesquelles le 14 Mars bloque la présidentielle. Il a appelé Hassan Nasrallah à « examiner les sondages d'opinion qui indiquent que 63 % des Libanais estiment que c'est le 8 Mars qui bloque l'élection présidentielle, tandis que moins de 20 % pensent que c'est le 14 Mars qui en est responsable ». Il a rappelé en outre que « ce sont bien les forces du 14 Mars qui se sont rendues aux séances électorales chaque jeudi, aux côtés des députés de la Rencontre démocratique (de Walid Joumblatt, NDLR) et du Développement et de la Libération (de Nabih Berry, NDLR), tandis que seuls les deux blocs aouniste et du Hezbollah n'ont pas fait acte de présence ».
« Le camp de sayyed Nasrallah aurait dû participer aux séances électorales au lieu de lancer des accusations à tors et à travers, a déclaré M. Geagea. Son candidat aurait alors eu des chances d'être élu. » Samir Geagea a rappelé dans ce cadre « la mobilisation du Hezbollah pour assurer la majorité absolue au Parlement, au lendemain de la désignation de Nagib Mikati à la présidence du Conseil des ministres ». « Pourquoi ne le ferait-il pas aujourd'hui pour le général Michel Aoun ? » a-t-il encore demandé.

« Aoun n'a pas la majorité absolue »
Le leader des FL a réfuté les propos du numéro un du parti chiite, selon lesquels Michel Aoun détient la majorité absolue, mais n'a pas voulu mettre à l'écart le chef du courant du Futur, Saad Hariri. « Il y a deux ans, a souligné M. Geagea à ce propos, ils n'avaient pas pris en considération l'avis de Saad Hariri, de même qu'ils ne l'ont pas considéré comme représentatif de la communauté sunnite. Ils sont allés jusqu'à faire chuter son gouvernement simultanément à sa visite à la Maison-Blanche, rompant leur engagement de Doha et formant un gouvernement sans lui. »
Rappelant que le président Saad Hariri « a plus d'une fois affirmé qu'il n'a de veto contre aucun candidat », Samir Geagea a appelé le leader du CPL à se rendre à la séance électorale du 9 juin, « puisqu'il affirme avoir la majorité absolue ».
Le leader des FL s'est dit en outre étonné des allégations selon lesquelles sa candidature aurait bloqué la voie à celle du leader du CPL. « C'est le contraire qui est vrai, a-t-il souligné. Ma candidature augmente les chances du général Aoun puisque le Hezbollah aurait pu mettre tout son poids dans la balance pour faire parvenir un candidat fort bénéficiant d'une popularité égale à la mienne s'il avait perçu la possibilité de ma victoire à la présidentielle. »
En réponse à ceux qui le décrivent comme candidat de défi, il a souligné qu'il est « un citoyen libanais maronite, bénéficiant de tous les droits civiques et politiques, et se trouvant à la tête du plus grand parti chrétien actuellement. J'ai le droit de me porter candidat à la présidence de la République ou à soutenir le candidat le plus proche de nos positions ».

La prorogation du mandat de Sleiman
Répondant également au général Michel Aoun qui estime que la candidature de Samir Geagea contrevient au pacte national, le leader des FL a affirmé que « si cela était le cas, alors le général Michel Aoun devrait s'en réjouir puisque cela garantirait son élection ». « Si ma candidature est rejetée par la moitié des chrétiens, la sienne l'est aussi par l'autre moitié », a-t-il affirmé, précisant en outre que « les sondages d'opinion indiquent que l'appui sunnite à ma candidature est supérieur à l'appui chiite à sa candidature ».
S'agissant spécifiquement de l'accusation lancée par Hassan Nasrallah au 14 Mars de vouloir bloquer la présidentielle pour contraindre éventuellement le camp opposé à concéder la prorogation du mandat du président sortant Michel Sleiman, Samir Geagea en a contesté le bien-fondé. « Comment sayyed Hassan a-t-il pu déduire que nous préférons la prorogation à la tenue des élections ? » a-t-il demandé, rappelant que « notre camp a présenté un candidat avec un programme clair il y a plus de deux mois, à l'heure où le flou continuait d'entourer la candidature du camp opposé ». Il a souligné surtout qu'il n'est « pas demandé à Hassan Nasrallah de nous dicter notre volonté, mais de savoir lui ce qu'il veut ». Quoi qu'il en soit, « si notre volonté est, hypothétiquement, celle de proroger le mandat Sleiman, cette démarche nécessiterait les deux tiers des sièges parlementaires. Comment donc pouvons-nous tendre à cette prorogation ? »
Certes, a-t-il poursuivi, « la prorogation pour un an ou deux a été avancée comme une option pour éviter le vide, notamment par le patriarche Mgr Béchara Raï, en dépit de son refus de principe de la prorogation ». Et de rappeler : « En 2004, le Hezbollah a failli mener le Liban à la guerre civile, lors de sa bataille pour la prorogation du mandat de l'ancien président Émile Lahoud. »
Il a estimé que l'existence d'un troisième candidat « est favorable à une partie et ne bloque en aucun cas le processus électoral. Le retrait de ce candidat pourrait servir l'un ou l'autre des deux candidats forts ».
Il s'est montré par ailleurs sceptique quant aux appels répétés à la relance du dialogue national. « L'appel au dialogue dans un cadre déplacé peut produire parfois un effet destructif, a déclaré M. Geagea. D'aucuns doivent décider s'ils adhèrent ou non à la Constitution. Après leur échec à conduire le pays à une Constituante, ils tentent de la faire passer en douce, par étapes, à travers les séances de dialogue qui accompagnent chaque crise. » « Je suis avec une communication ininterrompue entre toutes les parties, a affirmé le leader des FL, mais ces tentatives de remanier chaque point de la Constitution et de provoquer la paralysie pour contraindre les factions à prendre part à une Constituante n'ont rien à voir avec le dialogue. »

Kadri à Meerab
Interrogé sur l'afflux massif des réfugiés syriens à Yarzé pour leur présidentielle, Samir Geagea a estimé qu'il ne s'agit pas d'un « processus électoral, mais d'une manifestation de soutien au régime syrien ». « J'aurais souhaité que le ministre de la Défense, Samir Mokbel, et de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, y prennent garde », a-t-il conclu.
Par ailleurs, le leader des FL a reçu hier le député Ziad Kadri, membre du bloc du Futur, qui a réitéré, à l'issue de l'entretien, l'appui du Futur à la position de Samir Geagea, surtout en ce qui concerne la responsabilité du blocage de la présidentielle. « Le Hezbollah et ses alliés sont responsables de la vacance qui menace le régime démocratique », a-t-il déclaré. Il a démenti dans ce cadre que « les négociations Hariri-Aoun retardent la présidentielle, plaçant ce rapprochement dans le cadre du dialogue, sans plus ». « Le retour de Saad Hariri ne relève de personne », a-t-il ajouté, critiquant les allusions de Michel Aoun dans ce sens lors de sa conférence de presse de lundi.

Le leader des Forces libanaises Samir Geagea a rejeté hier, point par point, le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Il a d'abord répondu aux accusations selon lesquelles le 14 Mars bloque la présidentielle. Il a appelé Hassan Nasrallah à « examiner les sondages d'opinion qui indiquent que 63 % des Libanais estiment que c'est le 8 Mars qui bloque l'élection présidentielle, tandis que moins de 20 % pensent que c'est le 14 Mars qui en est responsable ». Il a rappelé en outre que « ce sont bien les forces du 14 Mars qui se sont rendues aux séances électorales chaque jeudi, aux côtés des députés de la Rencontre démocratique (de Walid Joumblatt, NDLR) et du Développement et de la Libération (de Nabih Berry, NDLR), tandis que seuls les deux blocs aouniste et du Hezbollah n'ont pas...
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