À Saïfi, une réunion entre les représentants des institutions maronites et le chef du parti Kataëb Amine Gemayel. Photo ANI
« La vacance présidentielle conduit au vide institutionnel. » C'est sous ce titre que s'est tenue hier à Saïfi une réunion entre les représentants des institutions maronites et le chef du parti Kataëb, l'ancien chef de l'État Amine Gemayel, focalisée sur la nécessité de mettre fin à la situation anormale de vacuum à la présidence de la République.
La délégation conjointe des institutions maronites regroupait le président et le vice-président de la Fondation maronite dans le monde, MM. Michel Eddé et Nehmat Frem, le président et l'ancien président de la Ligue maronite, MM. Samir Abillama et Joseph Torbey, et le président du Conseil central maronite, Wadih el-Khazen.
La rencontre, qui s'inscrit dans le cadre de la tournée effectuée par la délégation auprès des différents pôles maronites dans une tentative de débloquer l'impasse présidentielle, s'est déroulée en présence du vice-président du parti Kataëb, Chaker Aoun, du secrétaire général du parti, Michel el-Khoury, des députés Élie Marouni, Fady el-Haber, Nadim Gemayel et Samer Saadé, de l'ancien ministre Sélim el-Sayegh et du président de la section d'information, Georges Yazbeck.
Selon le député Fady el-Haber, les participants se sont mis d'accord sur la nécessité de créer un comité d'urgence dont le but serait d'assurer le déroulement de l'échéance et d'en finir avec l'état de vacance. L'idée d'une mobilisation générale, y compris populaire, pour inciter les pôles maronites à hâter l'élection d'un président, n'a pas été écartée. Mais il faudra d'abord attendre le retour du patriarche maronite de sa visite en Terre sainte.
Prenant la parole au cours de la réunion, M. Gemayel a souligné que son initiative visait à rétablir le lien rompu entre les leaders maronites afin de contribuer à garantir la tenue de l'échéance présidentielle dans les délais les plus brefs. L'ancien chef de l'État a souligné sa volonté de « continuer à essayer de rassembler en dépit des difficultés ». « L'élection présidentielle est autant une responsabilité chrétienne maronite qu'une responsabilité nationale », a-t-il dit, mettant en exergue le danger de « normalisation et d'adaptation à la vacance ».
Le président Gemayel a renouvelé la position du parti selon laquelle la Chambre des députés est désormais un collège électoral et ne saurait légiférer, en vertu de l'article 75 de la Constitution, et ce tout au long de la vacance présidentielle. Il a également proposé la formation d'une force de pression pour inciter à l'élection d'un président de la République dans les délais les plus proches, refusant les prétextes avancés pour justifier le blocage de la présidentielle. Il s'est enfin dit prêt à assister à n'importe quelle réunion à laquelle convoquerait le patriarche maronite.
De son côté, l'ancien ministre Michel Eddé a mis l'accent sur la nécessité que la Chambre se consacre à l'élection d'un président de la République avant toute chose, sans légiférer. Mais il a indiqué qu'une fois l'élection terminée, il fallait se consacrer en priorité à la question de l'échelle des salaires.
Le président de la Ligue maronite, Samir Abillama, a appelé à hâter l'élection d'un président de la République, mettant en garde contre « toute adaptation à la situation anormale » constituée par la vacance, une idée reprise par M. Khazen, tandis que M. Joseph Torbey a estimé que « l'échec dans l'élection est avant tout interne à la communauté maronite ». Aussi a-t-il appelé à « un Doha maronite interne pour éviter toute conférence régionale ou internationale qui viendrait désigner le président ».
Quant à M. Nehmat Frem, il a proposé l'ordre du jour suivant : élection d'un président de la République, adoption d'une loi garantissant le retour de la nationalité aux ayants droit et adoption d'une nouvelle loi électorale moderne.


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