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Dernières Infos - Territoires Palestiniens

Premier congrès en dix ans pour le Fatah, qui élit ses dirigeants


Des manifestants défilent avec un drapeau palestinien géant lors d'une manifestation commémorant le 78e anniversaire de la Nakba, le déplacement des Palestiniens survenu en 1948 lors de la création d'Israël, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 12 mai 2026. Photo Zain JAAFAR / AFP

Le Fatah, mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, doit élire, à l'occasion de son congrès général qui s'ouvre jeudi, un nouveau comité central pour la première fois en dix ans.

Le parti est confronté à d'immenses défis après la guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, l'expansion de la colonisation en Cisjordanie et une érosion de sa légitimité, selon des analystes.

Ce comité central devrait jouer un rôle décisif dans l'ère post-Abbas, alors que le président palestinien de 90 ans est à son poste depuis plus de 20 ans.

Le Fatah est, historiquement, la principale composante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui regroupe la plupart des factions palestiniennes à l'exception des groupes islamistes Hamas et Jihad islamique.

Mais au cours des dernières décennies, la popularité et l'influence du Fatah ont décliné en raison de divisions internes, de la rivalité avec le Hamas et d'une frustration grandissante de l'opinion publique face à l'enlisement du processus de paix israélo-palestinien.

Le parti fait face aux « défis les plus graves de (sa) lutte », a lancé Jibril Rajoub, secrétaire général du comité central du Fatah.


- « Absence de consensus » -


Il a dit espérer voir le congrès général contribuer à « garantir et protéger la création d'un Etat palestinien sur la scène internationale et à préserver l'OLP en tant que seule représentante légitime du peuple palestinien ».

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu refuse cependant l'émergence d'un Etat palestinien souverain et pleinement indépendant en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, et à Gaza.

Et il s'emploie sur le terrain à rendre impossible cette solution en étendant les colonies, jugées illégales au regard du droit international, en Cisjordanie.

Directeur du Centre palestinien de recherche politique et d'études stratégiques (Masarat), Hani al-Masri estime auprès de l'AFP que le Fatah ne domine plus l'Autorité palestinienne ni l'OLP, mais les instrumentalise pour maintenir sa légitimité.

Cette légitimité « s'érode en l'absence d'un projet national unifié, d'élections et de consensus national » analyse-t-il.

Faisant état d'une lutte acharnée pour les sièges au comité central, il déplore « que le projet national ait été manifestement absent des débats » lors de la préparation du congrès.

La tenue du congrès constitue cependant un premier pas vers « la mise en ordre de la maison palestinienne, afin de bâtir un partenaire pour la création d'un Etat palestinien », nuance-t-il.

Le congrès doit se tenir sur trois jours et réunir environ 2.580 participants, la plupart d'entre eux à Ramallah, en Cisjordanie occupée, mais plusieurs centaines d'autres y prendront part depuis Gaza, Le Caire et Beyrouth.

Ils doivent élire 18 représentants au sein du comité central, et 80 au sein du conseil révolutionnaire, le parlement du parti.


- « Congrès illégitime » -


Malgré les déclarations répétées du mouvement sur son unité, des figures clés seront absentes, notamment Nasser al-Kidwa, ex-ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, qui boycotte la réunion.

« Ce congrès est illégitime, et la direction du parti, qui a usurpé le pouvoir, est également illégitime. Son temps est révolu », a déclaré celui qui est aussi le neveu de Yasser Arafat.

Parmi les figures importantes souhaitant succéder à Mahmoud Abbas figurent Jibril Rajoub et le vice-président de l'Autorité palestinienne, Hussein al-Cheikh.

Le fils aîné du président, Yasser Abbas, est quant à lui candidat à un siège au comité central.

Il a gagné en influence ces dernières années après avoir été nommé représentant spécial du président, bien qu'il réside principalement au Canada.

Pour le chercheur Hani al-Masri, la candidature du fils du président à un siège au comité central « indique une tendance à la succession dynastique », qui s'avère « extrêmement dangereuse pour le Fatah, l'Autorité palestinienne et la cause palestinienne ».

Dans la bande de Gaza, où un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre après deux ans de guerre entre Israël et le Hamas, l'élection du comité central se tiendra à l'université al-Azhar, dans la ville de Gaza.

Le mouvement islamiste, qui avait remporté les élections législatives palestiniennes de 2006, avait pris le pouvoir à Gaza en 2007 en chassant le Fatah, après des mois d'impasse politique sur un partage du pouvoir.

Benjamin Netanyahu a affirmé à plusieurs reprises que l'Autorité palestinienne et le Fatah n'auraient aucun rôle à jouer dans la gouvernance de Gaza, à l'issue de la guerre.

Le Fatah, mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, doit élire, à l'occasion de son congrès général qui s'ouvre jeudi, un nouveau comité central pour la première fois en dix ans.Le parti est confronté à d'immenses défis après la guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, l'expansion de la colonisation en Cisjordanie et une érosion de sa légitimité, selon des analystes.Ce comité central devrait jouer un rôle décisif dans l'ère post-Abbas, alors que le président palestinien de 90 ans est à son poste depuis plus de 20 ans.Le Fatah est, historiquement, la principale composante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui regroupe la plupart des factions palestiniennes à l'exception des groupes islamistes Hamas et Jihad islamique.Mais au cours des dernières décennies,...