Une vue des participants lors de l’ouverture du Forum de Saint-Pétersbourg. Sergei Karpukhin/Reuters
Le Forum économique international organisé tous les ans par la Russie à Saint-Pétersbourg a ouvert ses portes hier dans la morosité, en l'absence de plusieurs patrons occidentaux et alors que l'économie russe souffre des sanctions liées à la crise ukrainienne.
Cette année, près de 34 patrons de sociétés étrangères se sont rétractés et ne participent pas à cette grand-messe des affaires, selon la presse russe qui a comparé la liste initiale des participants avec la dernière version publiée sur le site officiel du forum.
Parmi eux, les PDG des banques américaines Morgan Stanley et Citigroup, de l'avionneur Boeing ou du géant allemand Siemens. D'autres entreprises telles que le pétrolier ConocoPhillips, le géant de l'aluminium Alcoa ou le spécialiste des boissons sans alcool PepsiCo sont également absentes, certaines prétextant des « raisons de calendrier ».
Le Kremlin accuse de son côté Washington d'avoir fait pression sur les grands patrons pour punir Moscou de son implication dans la crise ukrainienne.
Le quotidien américain The New York Times a révélé début mai que de hauts responsables de la Maison-Blanche avaient contacté plusieurs dirigeants d'entreprise, les poussant à ne pas se rendre dans l'ancienne capitale impériale russe.
Une porte-parole de la Maison-Blanche a en outre affirmé qu'une présence des patrons américains à ce forum « enverrait un message inapproprié ».
« Ce ne sont pas des décisions des sociétés, mais des mesures forcées. Le refus de participer est lié à la pression qu'elles subissent », a lancé en début de mois le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.
D'autres grands dirigeants d'entreprise ont néanmoins accepté de participer au forum. Parmi eux, les patrons des pétroliers BP et Statoil, du géant français Total ou encore du constructeur naval coréen Hyundai Heavy Industries.
Ils y côtoieront des oligarques russes tels que le milliardaire Oleg Deripaska, le baron de l'acier Vladimir Lissine ou encore Alicher Ousmanov, l'homme le plus riche de Russie.
Une économie en récession
Ce forum, qui en est à sa 18e édition dans la ville natale de Vladimir Poutine, a pour but d'attirer les investissements en Russie en réunissant le gratin du monde des affaires.
Une nécessité d'autant plus criante pour le pays, dont l'économie déjà chancelante a été durement frappée par les vagues successives de sanctions adoptées à son encontre par les États-Unis et l'Union européenne.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), son économie, dont la croissance est passée de 4,3 % en 2011 à 1,3 % l'année dernière, est entrée en récession et ne devrait progresser que de 0,2 % cette année. Le gouvernement russe est légèrement plus optimiste, tablant sur une hausse de 0,5 %.
« Les investisseurs sont inquiets face à l'instabilité. (...) Notre réponse aux sanctions sera l'amélioration du climat d'investissement. Le gouvernement a pris des décisions qui vont en ce sens », a assuré hier le ministre russe des Finances Anton Silouanov.
Les fuites de capitaux ont dépassé les 50 milliards de dollars au premier trimestre, contre 62,7 milliards pour toute l'année 2013. Selon le FMI, ces sorties pourraient atteindre les 100 milliards de dollars cette année.
Même si le Premier ministre Dmitri Medvedev a jugé mardi que la Russie résisterait « à absolument toutes les sanctions », le vice-Premier ministre russe Igor Chouvalov a reconnu hier que les sanctions occidentales avaient un impact majeur sur l'économie.
« Le caractère informel de ces pressions, qu'exercent actuellement les États-Unis et l'Union européenne, a pour notre économie de graves conséquences », a-t-il affirmé, cité par les agences russes.
Le président russe, qui est attendu à Saint-Pétersbourg aujourd'hui, peut néanmoins se targuer d'avoir décroché, à la veille de l'ouverture du forum, la signature d'un mégacontrat de 400 milliards de dollars sur trente ans pour des livraisons de gaz russe, qui continuent de représenter une part importante du budget de la Russie.
(Source : AFP)


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