La campagne électorale, avant la présidentielle tant attendue, ne déchaîne pas les passions. Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est donné grand favori avec plus de 20 points d’avance sur l’ancienne icône de la révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko. Yurko Dyachyshyn / AFP
À quatre jours de la présidentielle, les autorités ukrainiennes se préparent à assurer la sécurité et le bon déroulement d'un scrutin de haute importance.
Kiev a ainsi annoncé le déploiement de 55 000 policiers et 20 000 volontaires. Les séparatistes des régions de Lougansk et de Donetsk ont en effet promis d'empêcher le déroulement du scrutin dans l'Est, où près de 2 millions d'électeurs pourraient avoir des difficultés à se rendre aux urnes. Un scrutin que le président russe Vladimir Poutine a semblé remettre en question implicitement lors de sa visite en Chine. M. Poutine a en effet estimé hier qu'il serait difficile pour la Russie d'établir des relations avec les autorités ukrainiennes qui arrivent au pouvoir à Kiev.
Dans ce contexte, le vice-président américain Joe Biden a mis en garde une énième fois la Russie. « Si la Russie sape l'élection en Ukraine, nous devons rester déterminés à imposer des coûts supplémentaires », a-t-il déclaré appelant « tous les pays (à) user de leur influence afin d'assurer un climat stable qui permette aux Ukrainiens de voter en toute liberté ».
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De son côté, Moscou a promis de réagir aux sanctions déjà infligées la veille à 12 personnalités russes jugées responsables d'atteintes aux droits de l'homme, notamment dans le cadre de l'affaire Magnitsky. Les mesures américaines sont sans rapport avec la crise ukrainienne, mais le ministère russe des Affaires étrangères reproche néanmoins à Washington de fermer les yeux sur les atteintes aux droits de l'homme qu'il impute à Kiev. « Nous jugeons la décision de l'administration américaine (...) infondée et dictée par l'intention cynique d'exploiter sans scrupules une tragédie humaine à des fins politiques », dit-il dans un communiqué.
Vers un gouffre
Côté terrain, le « front de l'Est » ukrainien, où les militaires et les insurgés armés prorusses s'affrontent sporadiquement depuis le 13 avril, connaît une accalmie après les violences du début de la semaine. Le président par intérim Olexandre Tourtchinov, accompagné par les ministres de l'Intérieur et de la Défense, s'est d'ailleurs rendu pour la première fois près de Slaviansk, un des bastions rebelles de l'Est, encerclé par l'armée. Les habitants de l'Est « commencent à comprendre que les terroristes séparatistes mènent la région à un gouffre », a affirmé M. Tourtchinov selon un communiqué.
La campagne électorale, avant un scrutin tant attendu par les autorités de Kiev et par les Occidentaux, ne déchaîne pas les passions. Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est donné grand favori par les instituts de sondage avec plus de 20 points d'avance sur l'ancienne icône de la révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko, qui a raté son retour en politique après sa libération de prison fin février. À 48 ans, le « roi du chocolat » – référence à sa fortune faite dans les chocolat Roshen – promet de mettre fin à l'insurrection dans l'Est et de régler la crise avec la Russie de Vladimir Poutine en trois mois. « Je connais bien Poutine, j'ai une grande expérience des discussions avec lui, c'est un négociateur fort et difficile », a-t-il déclaré, tout en estimant qu'un compromis est possible.
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Côté « dialogue national », le gouvernement ukrainien a organisé une 3e table ronde, à Mykolaiïv, pour tenter de désamorcer la crise. Mais cette « table ronde », pas plus que les précédentes, n'a donné de résultats.
Retrait ou pas retrait ?
Quant aux troupes russes massées, la confusion a régné ces derniers jours sur leur éventuel retrait du long de la frontière avec l'Ukraine. Les gardes-frontières n'observent plus de mouvements juste de l'autre côté de leur frontière avec la Russie, l'OTAN n'a pu confirmer un retrait total. Les États-Unis ont observé des mouvements de troupes russes à la frontière ukrainienne mais il est « trop tôt » pour affirmer que le retrait promis par le président Vladimir Poutine a lieu, a affirmé hier la Maison-Blanche. « S'il s'agissait du début d'un retrait, nous l'accueillerions favorablement », a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.
Les États-Unis ont, par ailleurs, envoyé un croiseur lance-missiles en mer Noire pour continuer de rassurer les alliés est-européens de l'OTAN. Moscou a réalisé un test de missile balistique de longue portée depuis l'une de ses bases proche de la mer Caspienne.
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