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Syrie

Les armes se sont tues, mais toujours pas âme qui vive à Maaloula

 « Il faut des aides car ici les gens ont tout perdu », affirme un habitant de passage dans la localité, qui fait office de ville de garnison.

Le monastère de Serge et Bacchus à Maaloula, jonché de gravats et de débris. Joseph Eid/AFP

Plus d'un mois après sa reprise par l'armée syrienne, Maaloula n'est plus que l'ombre d'elle-même, cette localité célèbre pour ses sites de pèlerinage chrétien aujourd'hui complètement abandonnée ressemblant davantage à une ville de garnison.


Quelques soldats se prélassent sur la place principale où sont placardées des photos du président Bachar el-Assad ou peints des slogans à sa gloire. Mais vidée de ses habitants qui parlent encore l'araméen, la langue du Christ, la localité montagneuse est plongée dans un silence absolu que vient interrompre par moments le gazouillis d'hirondelles tournoyant près des grottes troglodytes qui l'entourent et qui datent des premiers siècles du christianisme. « Les habitants viennent ici une heure pour inspecter leurs maisons puis s'en vont », affirme un des soldats.


Si les destructions ne sont pas de l'ampleur d'autres régions syriennes comme à Homs en raison du conflit qui fait rage depuis trois ans, les habitations portent les stigmates des combats de près de sept mois entre l'armée et les rebelles, dont des jihadistes du Front al-Nosra, finalement chassés à la mi-avril : maisons incendiées, fenêtres brisées, portes défoncées et balcons effondrés. Maaloula avait été emportée dans le conflit en raison de sa situation stratégique dans les montagnes du Qalamoun, sur une route reliant Damas au Liban, avant d'être reconquise par l'armée syrienne et le Hezbollah. Le président Assad s'y est rendu le 20 avril à l'occasion de la fête de Pâques. Tout au long du conflit, son régime s'est posé en « protecteur » des minorités religieuses face à ceux qu'il qualifie de « terroristes extrémistes », un discours qualifié de propagande par l'opposition.

 

(Lire aussi : Présidentielle : Assad en campagne sur les réseaux sociaux)

 

Maisons et monastères pillés
Mais malgré le retour de l'armée, la localité, en majorité grecque-catholique mais abritant également une minorité musulmane et qui comptait 5 000 habitants avant le conflit, ne semble pas prête de renaître de sitôt. « Il faut des aides car ici les gens ont tout perdu », affirme Fassih, un habitant de la ville. Il est venu inspecter son magasin d'alcool, situé en contrebas du monastère construit autour d'une grotte, pour découvrir qu'il était entièrement incendié. Le réfrigérateur a été écrasé contre un mur. « La marchandise à elle seule vaut plus de 66 000 dollars », affirme cet homme. « Ma maison a également été incendiée et pillée, tous les meubles ont été volés, lâche Fassih d'un air résigné. Comment voulez-vous que les gens reviennent ? »


Le célèbre monastère de sainte Thècle, fermé à clé par l'armée, a servi de position aux jihadistes. À l'intérieur, sur la plupart des peintures et des icônes de la Vierge, de Jésus et des saints, à la place des yeux, des trous ont été creusés. Les chambres des 12 nonnes enlevées en décembre par al-Nosra avant d'être libérées trois mois plus tard ont été incendiées, des livres pulvérisés et la porcelaine brisée. L'orphelinat situé dans le complexe offre un spectacle désolant de peluches, de dessins et de vêtements d'enfants empoussiérés.
Sur la route montant vers le monastère Mar Sarkis (Saint-Serge), on peut apercevoir, à l'entrée des grottes troglodytes, des sacs de sable entassés par les rebelles. Ces derniers avaient pris position sur le haut des falaises au début de l'offensive, et notamment dans l'hôtel as-Safir, complètement dévasté par les bombardements. Tout près, le monastère de Serge et Bacchus, endommagé par de nombreux obus, notamment sa chapelle encore couverte de remblais. Ce lieu fondé à la fin du Ve siècle est un des plus anciens monastères du Moyen-Orient et est dédié à deux officiers romains martyrisés en raison de leur foi sous le règne de l'empereur Maximien Galère (250-311). Plusieurs icônes rares y ont été subtilisées, et dans le magasin de souvenirs, des évangiles en araméen gisent au sol.


Au milieu de ce spectacle de désolation, « qui va rentrer maintenant ? » s'interroge aussi un chauffeur de taxi de passage dans sa localité natale. Et d'ajouter : « Probablement personne, les gens vont attendre que la guerre se termine. »

 

Pour mémoire
Grégorios III : Les destructions d'églises à Maaloula, « un crime de guerre »

Assad à Maaloula pour les fêtes de Pâques

De retour à Maaloula, les habitants partagés entre joie et tristesse

 


Plus d'un mois après sa reprise par l'armée syrienne, Maaloula n'est plus que l'ombre d'elle-même, cette localité célèbre pour ses sites de pèlerinage chrétien aujourd'hui complètement abandonnée ressemblant davantage à une ville de garnison.



Quelques soldats se prélassent sur la place principale où sont placardées des photos du président Bachar el-Assad ou peints...

commentaires (5)

Il Y a l'ame du Christ, Aucune crainte! les autres y reviendront quant elle sera mieux sécurisée. Ceux qui ont commis cette offence a Dieu, Dieu les a déja punis car ils sont en enfer, meme pour les encore vivants d'entre eux, car leur coeur est sans amour.

Ali Farhat

02 h 30, le 21 mai 2014

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Commentaires (5)

  • Il Y a l'ame du Christ, Aucune crainte! les autres y reviendront quant elle sera mieux sécurisée. Ceux qui ont commis cette offence a Dieu, Dieu les a déja punis car ils sont en enfer, meme pour les encore vivants d'entre eux, car leur coeur est sans amour.

    Ali Farhat

    02 h 30, le 21 mai 2014

  • Quand la confiance manque impossible que les gens puissent revenir .

    Sabbagha Antoine

    15 h 27, le 20 mai 2014

  • Chat echaude laique et multiconfessionnel , craint l'eau froide salafowahabite binsaoud ! Mais la reconstruction des coeurs, detruites se re fera .

    FRIK-A-FRAK

    10 h 59, le 20 mai 2014

  • LA CRAINTE ! C'EST QUE CEUX QUI SONT VENUS SONT AUSSI SAUVAGES QUE CEUX QUI SONT PARTIS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 49, le 20 mai 2014

  • Car manque de confiance dans ce régime.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 21, le 20 mai 2014