Le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, représentant le président Michel Sleiman, a prononcé, au cours de la cérémonie organisée pour le 90e anniversaire de L'Orient-Le Jour (voir page 16), une allocution dans laquelle il a rendu un vibrant et émouvant hommage à L'Orient-Le Jour, mettant l'accent sur l'éthique et le professionnalisme de l'équipe du journal, ainsi que sur son rôle dans la défense des libertés publiques et de l'indépendance du Liban. Nous reproduisons ci-
dessous le texte de l'allocution de M. Jreige :
« C'est un grand honneur pour moi de représenter Son Excellence le président de la République, le général Michel Sleiman, à cette célébration des 90 ans de L'Orient-Le Jour, de vous exprimer, en son nom, toute son estime pour ce journal, qui a été le porte-drapeau des libertés publiques et qui a prouvé, tout au long de son histoire, son attachement aux valeurs essentielles de notre République.
C'est également un grand plaisir pour moi, à titre personnel, de partager avec vous cette célébration ; car c'est dans les locaux du Jour, relancé par Ghassan Tueni en 1965, avec Jean Chouéri comme directeur général et Édouard Saab comme rédacteur en chef, que j'ai rencontré pour la première fois la journaliste qui allait devenir la compagne de ma vie, mon épouse Mona Kettaneh.
Peut-on rendre hommage à L'Orient-Le Jour sans évoquer le souvenir des fondateurs : Georges Naccache et Michel Chiha ?
Georges Naccache a été, incontestablement, l'un des plus grands journalistes de langue française ; redoutable polémiste, il a marqué toute une génération par certains de ses éditoriaux, qui sont demeurés gravés dans notre mémoire.
Quant à Michel Chiha, penseur et poète, il a exprimé dans ses brillantes analyses une vision politique qui demeure jusqu'à nos jours d'une grande actualité.
Après la fusion des deux journaux, L'Orient-Le Jour, grâce au soutien de ses actionnaires, au dévouement et au professionnalisme de son équipe rédactionnelle, a su trouver très vite sa véritable voie pour s'imposer comme l'une des institutions de presse les plus respectées de ce pays. Pour qualifier l'esprit qui a constamment présidé à son parcours, je ne trouve de mot plus adéquat que celui de fidélité.
Fidélité, en effet, des actionnaires du journal à leur engagement, tant moral que matériel, d'assurer la pérennité d'un des plus anciens et des plus respectés quotidiens francophones au monde. À ce titre, je voudrais rendre hommage à Michel Eddé, dont l'intelligence et les qualités de cœur ont sauvegardé le journal en dépit des secousses qu'il a pu connaître. Je citerai également son bras droit Nayla de Freige qui, en tant qu'administrateur délégué, assure une gestion efficace du journal.
Fidélité, ensuite, des journalistes du quotidien à leur mission d'information et d'analyse, quels qu'aient été les périls et les difficultés inhérents à ce véritable apostolat. Ils ont fait de L'Orient-Le Jour un journal voué à la défense de la démocratie, des libertés publiques, de l'unité nationale et de l'indépendance du Liban ».
La richesse de L'Orient-Le Jour est faite de ce capital humain. Au chapitre des vétérans, on pense à des noms qui ont marqué les débuts du journal : Amine Abou Khaled, Marwan Hamadé, Samir Frangié et d'autres encore ; on pense tout naturellement à Issa Goraïeb, dont le nom, depuis des décennies, est indissociable de L'Orient-Le Jour et dont les éditoriaux, de grande qualité, sont toujours attendus par les lecteurs; on pense également à Nagib Aoun, qui occupe, avec efficacité, les fonctions de rédacteur en chef du journal.
Les jeunes générations ne sont guère en reste, avec des signatures fort appréciées, comme celles de Michel Hajji Georgiou, Gaby Nasr et Ziyad Makhoul.
Pour l'opinion publique et pour le ministre de l'Information que je suis, L'Orient-Le Jour est un journal qui a su maintenir tout au long de son histoire un niveau moral et professionnel de qualité, dont la presse d'aujourd'hui s'écarte souvent. L'invective remplace parfois la critique, les accusations à l'emporte-pièce tiennent lieu d'enquêtes documentées. Au nom de la liberté d'expression, la diffamation, l'injure et la violation du secret de l'instruction sont monnaie courante. Or, je considère que la liberté d'expression, que j'ai toujours défendue, doit être exercée dans les limites de la loi, qui protège les droits et les libertés des citoyens. La liberté et la justice ne sont pas des valeurs contradictoires. Elles se complètent et ont pour mission de révéler la vérité.
Pour avoir toujours respecté ce concept de la liberté d'expression et des règles de la déontologie professionnelle, L'Orient-Le Jour doit être salué et remercié.
Je voudrais, pour conclure, présenter à toute l'équipe de L'Orient-Le Jour mes vœux les plus sincères à l'occasion de ses 90 ans et l'assurer, en tant que ministre, lecteur assidu et ami, de ma grande fidélité et de mon soutien indéfectible.
Je souhaite, enfin, à L'Orient-Le Jour de nombreuses décennies de succès et de prospérité. »
Liban
L’hommage de Ramzi Jreige à « L’Orient-Le Jour », journal voué à la défense des libertés et de l’indépendance du Liban
OLJ / le 19 mai 2014 à 00h00


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