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Moyen Orient et Monde - Sri Lanka

Il y a cinq ans, la rébellion tamoule tombait dans un déluge de feu

Des « bateaux-suicides » ayant été pris aux rebelles tamouls sont exposés à Mullaittivu, dans un « musée » en plein air. Lakruwan Wanniarachchi/AFP

Sri Lanka, mai 2009. Les troupes gouvernementales écrasent dans le sang la dernière poche de résistance tamoule dans le nord de l'île. Cinq ans plus tard, les survivants racontent l'enfer dans le souvenir brûlant des disparus.
Mullivaikkal, un village posé sur une étroite langue de sable au bord de l'océan, fut le dernier combat des rebelles tamouls, après 37 ans d'une guerre civile qui aura fait 100 000 morts, selon des estimations de l'ONU. Le bain de sang s'était conclu par la mort du chef suprême des Tigres tamouls, Velupillai Prabhakaran, sur un lagon près du village, le 18 mai 2009. Le gouvernement de Colombo, accusé de crimes de guerre qu'il nie farouchement, commémore ce week-end sa victoire en organisant des parades militaires à travers le pays. Les veuves et les orphelins de Mullivaikkal se recueilleront dans la prière.
Les Nations unies estiment que 40 000 civils tamouls furent tués dans la région dont fait partie Mullivaikkal. Le gouvernement l'avait décrétée zone sûre, des milliers de personnes s'y étaient réfugiées. Mais depuis la fin de la guerre, le district pauvre de Mullaittivu, à 300 kilomètres au nord-est de la capitale, a connu un rapide développement économique. Le gouvernement du président Mahinda Rajapakse a engagé de grands chantiers d'infrastructure, construit routes et ponts, rétabli le réseau électrique. Les banques ont fleuri et Internet à haut débit est gratuit. La région est aussi devenue un site touristique très populaire auprès de la majorité cingalaise.
Les monuments tamouls, nombreux pendant le conflit, ont disparu. Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), eux aussi accusés de violations des droits de l'homme, sont aujourd'hui une organisation interdite et les autorités ont proscrit les commémorations publiques en l'honneur de leurs combattants à l'occasion du 5e anniversaire du 18 mai. Selon Sanathana Sharma, un prêtre hindou de 23 ans, les Tamouls du district se réuniront chez eux. « Le recueillement et les prières seront essentiellement privés », explique le prêtre dans son temps de la ville d'Oddusuddan.
Armée ou rebelles ? Personne ne saura jamais vraiment de quel côté venaient les obus et les balles meurtriers. Mais même le gouvernement reconnaît la mort de milliers de civils. Si les habitants sont encore pleins de rage contre les rebelles qui se servirent d'eux comme des boucliers humains, ils expriment autant d'aversion pour la présence militaire omniprésente. « Quand vous serez partis, des agents du renseignement viendront nous voir pour nous demander ce que nous vous avons dit, confie un habitant. Nous sommes constamment surveillés. »
(Source : AFP)

Sri Lanka, mai 2009. Les troupes gouvernementales écrasent dans le sang la dernière poche de résistance tamoule dans le nord de l'île. Cinq ans plus tard, les survivants racontent l'enfer dans le souvenir brûlant des disparus.Mullivaikkal, un village posé sur une étroite langue de sable au bord de l'océan, fut le dernier combat des rebelles tamouls, après 37 ans d'une guerre civile qui aura fait 100 000 morts, selon des estimations de l'ONU. Le bain de sang s'était conclu par la mort du chef suprême des Tigres tamouls, Velupillai Prabhakaran, sur un lagon près du village, le 18 mai 2009. Le gouvernement de Colombo, accusé de crimes de guerre qu'il nie farouchement, commémore ce week-end sa victoire en organisant des parades militaires à travers le pays. Les veuves et les orphelins de Mullivaikkal se recueilleront dans la...
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