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Moyen Orient et Monde - Nigeria

Déjà critiqué par les USA, le président Jonathan annule sa visite à Chibok

La campagne « Bring Back Our Girls » pour retrouver les lycéennes enlevées par Boko Haram est vite devenue virale.Tony Karumba/AFP

S'exposant à de nouvelles critiques internationales, le président nigérian Goodluck Jonathan a annulé hier sa visite annoncée à Chibok, localité du nord-est du Nigeria où 276 lycéennes ont été enlevées mi-avril par le groupe islamiste Boko Haram.
Aucune raison officielle n'a été donnée, mais beaucoup ont mis en avant des considérations de sécurité. Au lieu de se rendre à Chibok, le chef de l'État nigérian quittera directement « Abuja (vendredi) après-midi pour la France », où il doit participer (aujourd'hui) à un sommet international convoqué à l'initiative de Paris pour dessiner une stratégie de lutte globale contre Boko Haram, a ajouté un responsable à la présidence.
« Si en tant que commandant en chef des forces armées, il a peur de se rendre à Chibok, pour des raisons de sécurité, il dit tout simplement aux gens du Nord-Est qu'il ne peut pas les protéger », a estimé Debo Adeniran, de la Coalition contre les dirigeants corrompus, une ONG basée à Lagos.
Aux États-Unis, le pays le plus mobilisé en faveur des jeunes Nigérianes kidnappées, avec notamment des drones et des avions de surveillance qui survolent le nord-est du pays pour recueillir du renseignement, le sénateur démocrate Robert Menendez a jugé que « la réponse du gouvernement nigérian à cette crise a été d'une lenteur tragique et inacceptable ». Washington considère le géant d'Afrique de l'Ouest comme un « partenaire stratégique » et s'alarme, avec la France, de la menace régionale que pose Boko Haram, inscrit depuis novembre 2013 sur leur liste noire des « organisations terroristes étrangères ». Washington offre une prime de 7 millions de dollars pour la capture d'Abubakar Shekau.
Ce déplacement au cœur du fief de Boko Haram devait être le premier geste politique fort du président Jonathan depuis le rapt des jeunes filles, alors qu'il est critiqué pour son inaction tant dans son pays par l'opposition, la société civile et les familles des victimes, que sur la scène internationale, notamment aux États-Unis. De fait, c'est seulement à la suite de la diffusion le 5 mai d'une vidéo d'Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, menaçant de traiter les lycéennes kidnappées comme des « esclaves », qui a soulevé une indignation mondiale et provoqué la réaction de Barack Obama, que le pouvoir nigérian a semblé s'émouvoir du sort des jeunes filles. Au total, 223 adolescentes sont toujours portées disparues, et dans une vidéo publiée cette semaine, Abubakar Shekau a affirmé en avoir converti quelque 130 à l'islam.
Alors que la police a rapporté la destruction de deux nouvelles écoles par Boko Haram dans des villages du Nord, les députés nigérians ont approuvé dans la soirée de jeudi, à l'unanimité, la prolongation de l'état d'urgence, déjà en vigueur depuis un an dans les États de Yobe, Borno et Adamawa, principaux théâtres de l'insurrection de Boko Haram, dans le Nord-Est. Le Sénat devra à son tour se prononcer mardi sur cette prolongation de six mois réclamée par le président.

(Source : AFP)

S'exposant à de nouvelles critiques internationales, le président nigérian Goodluck Jonathan a annulé hier sa visite annoncée à Chibok, localité du nord-est du Nigeria où 276 lycéennes ont été enlevées mi-avril par le groupe islamiste Boko Haram.Aucune raison officielle n'a été donnée, mais beaucoup ont mis en avant des considérations de sécurité. Au lieu de se rendre à Chibok, le chef de l'État nigérian quittera directement « Abuja (vendredi) après-midi pour la France », où il doit participer (aujourd'hui) à un sommet international convoqué à l'initiative de Paris pour dessiner une stratégie de lutte globale contre Boko Haram, a ajouté un responsable à la présidence.« Si en tant que commandant en chef des forces armées, il a peur de se rendre à Chibok, pour des raisons de sécurité, il dit tout...
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