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Moyen Orient et Monde - Conflits Territoriaux

Pékin campe sur sa position en mer de Chine malgré la colère du Vietnam

Washington s'inquiète des répercussions des agissements chinois sur son rôle en Asie.

Les manifestations antichinoises se sont étendues cette semaine à 22 des 63 provinces de ce pays de 90 millions d’habitants. Ted Aljibe/AFP

La Chine a campé hier sur sa position concernant la mer de Chine méridionale, faisant fi de la colère du Vietnam qui connaît depuis quelques jours des violences antichinoises meurtrières.
Les manifestations antichinoises s'étaient étendues cette semaine à 22 des 63 provinces de ce pays de 90 millions d'habitants, tenu par un régime autoritaire qui ne tolère habituellement pas les mouvements de protestation. Les dernières violences se sont produites dans une aciérie taïwanaise dans le centre du Vietnam. Un homme d'affaires taïwanais rencontré à l'aéroport de Taïwan hier a raconté avoir dû fuir à la hâte son usine, vandalisée par une foule de Vietnamiens emportés par leur rage antichinoise. Plus de 500 usines taïwanaises ont ainsi été endommagées lors des émeutes antichinoises meurtrières cette semaine au Vietnam, a annoncé hier la Chambre de commerce taïwanaise dans le pays.
Ces émeutes, qui ont fait deux morts chinois et plus de 100 blessés selon Pékin, ont été déclenchées par le déploiement d'une plateforme pétrolière au large des îles Paracel, que se disputent les deux pays communistes. Un photographe de l'AFP embarqué avec la marine vietnamienne a pu voir des dizaines de navires chinois protégeant la plateforme en question. « Nous vous prévenons, vous entrez dans les eaux territoriales vietnamiennes », lançaient les nombreux navires vietnamiens déployés, à chaque approche des bateaux chinois, alors que les deux pays s'accusent d'accrochages en mer.
Et hier, si le calme semblait revenu au Vietnam, les tensions entre Pékin et Hanoi sont montées d'un cran. En visite aux États-Unis, le général Fang Fenghui, chef d'état-major de l'armée chinoise, n'a pas donné de signe d'infléchissement. Pékin « ne peut pas se permettre de perdre un centimètre de ce qu'il considère comme son territoire », a-t-il affirmé, assurant que la plateforme « continuera à fonctionner ». Et le Global Times, journal de la presse d'État chinoise, accuse le Vietnam de « vivre encore dans l'illusion qu'il est possible de faire reculer la Chine par des pressions ». Il a brandi la menace de « mesures non pacifiques » en cas de « provocations ».
Le régime de Hanoi a de son côté, dans un SMS envoyé à la population, appelé les Vietnamiens au « patriotisme » et à « protéger la noble souveraineté du pays », « dans le respect de la loi », à deux jours de manifestations antichinoises attendues demain à travers le Vietnam. Le président vietnamien Truong Tan Sang a posé hier comme condition préalable le retrait de la plateforme chinoise. « Vous devez vous retirer d'abord », a-t-il exigé lors d'un déplacement à Ho Chi Minh-Ville, selon le journal en ligne Tuoi Tre. Il a appelé à « se battre pour protéger la souveraineté nationale par des moyens pacifiques ».

Du côté US
Mais Pékin accuse Hanoi de « connivence » avec les émeutiers, alors que des experts estiment que Hanoi aurait pu se laisser dépasser par la colère populaire antichinoise, après avoir pensé instrumentaliser les manifestations. La Chine, qui revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, semble avoir « mal estimé » les réactions suscitées par sa plateforme pétrolière, estime Bill Hayton, l'auteur de Vietnam : Rising Dragon (« Vietnam : Le dragon qui monte »). « Cela a simultanément enflammé l'opinion publique vietnamienne, durci l'attitude du gouvernement vietnamien et relancé les théories de la "menace chinoise" en Asie du Sud-Est », renforçant la position des États-Unis dans la région, analyse-t-il. De ce côté d'ailleurs, le vice-président américain Joe Biden a fait part jeudi soir de « la vive préoccupation des États-Unis quant aux actions unilatérales de la Chine dans des eaux contestées avec le Vietnam ». Les agissements de Pékin dégradent les relations avec Washington, a également déploré un haut responsable américain sous réserve d'anonymat. « Cela nous pose certaines questions fondamentales à propos des intentions stratégiques à long terme de la Chine », a déclaré ce responsable souhaitant rester anonyme. Il a estimé que le projet de forage semblait s'inscrire dans un « schéma » consistant à revendiquer des territoires par la force et l'intimidation. « Les activités chinoises tendent les relations sino-américaines car elles posent des questions sur notre capacité à travailler ensemble en Asie ou même sur un plan bilatéral », a ajouté le responsable américain.

(Sources : agences)

La Chine a campé hier sur sa position concernant la mer de Chine méridionale, faisant fi de la colère du Vietnam qui connaît depuis quelques jours des violences antichinoises meurtrières.Les manifestations antichinoises s'étaient étendues cette semaine à 22 des 63 provinces de ce pays de 90 millions d'habitants, tenu par un régime autoritaire qui ne tolère habituellement pas les mouvements de protestation. Les dernières violences se sont produites dans une aciérie taïwanaise dans le centre du Vietnam. Un homme d'affaires taïwanais rencontré à l'aéroport de Taïwan hier a raconté avoir dû fuir à la hâte son usine, vandalisée par une foule de Vietnamiens emportés par leur rage antichinoise. Plus de 500 usines taïwanaises ont ainsi été endommagées lors des émeutes antichinoises meurtrières cette semaine au...
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