Un tir de missile iranien. Selon le rapport confidentiel d'un panel d'experts de l'Onu, "l'Iran poursuit le développement de ses programmes de missiles balistiques et d'exploration spatiale". Archives AFP/Amin Khoroshahi
L'Iran, en dépit d'une réduction de ses acquisitions illicites au regard des sanctions imposées par les Nations unies, poursuit le développement de missiles balistiques, ce qui pourrait constituer un obstacle dans les négociations entre Téhéran et les grandes puissances sur le contentieux nucléaire iranien.
Selon le rapport confidentiel d'un panel d'experts de l'Onu que Reuters a pu consulter, la République islamique a ralenti ses achats de matériel interdit par les Nations unies et s'abstient d'effectuer des tirs d'essai, mais pour le reste, "l'Iran poursuit le développement de ses programmes de missiles balistiques et d'exploration spatiale".
"Un nouveau pas de tir de missile a été identifié en août 2013 à 40 km de la ville de Shahrud. Un site de lancement plus vaste est considéré comme proche de son achèvement au centre spatial Khomeini à Semnan", déclarent ces experts.
Le rapport mentionne également l'ouverture en juin 2013 du Centre Imam Sadeq d'observation et de surveillance, qui traque les engins spatiaux comme les satellites.
Dimanche, trois jours avant la reprise à Vienne de pourparlers pour la conclusion d'un accord définitif sur le nucléaire, Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique, a déclaré qu'il était "stupide et idiot" de la part des Occidentaux de vouloir freiner le programme de missiles iranien. L'ayatollah a au contraire appelé les gardiens de la Révolution à augmenter "massivement" leur production de missiles.
Soutien de Moscou à Téhéran
Si les missiles ne sont pas au coeur des pourparlers sur le programme nucléaire iranien, qui se focalisent avant tout sur la production de matériel fissile utilisable dans une bombe atomique, les Occidentaux souhaiteraient les intégrer au menu des discussions car ils estiment que de tels missiles constituent autant de vecteurs potentiels d'ogives nucléaires.
Selon la quatrième résolution (1929) du Conseil de sécurité sur le nucléaire iranien, adoptée en juin 2010, "l'Iran ne doit mener aucune activité liée aux missiles balistiques pouvant emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques".
Le programme de missiles de l'Iran est l'un des plus développés du Proche et Moyen-Orient mais Téhéran, qui dément toute volonté de construire la bombe atomique, refuse d'inclure dans les pourparlers ce sujet de discussion qui relève selon lui des armes conventionnelles. Ce point de vue semble partagé par la Russie, l'une des six grandes puissances impliquées dans les pourparlers, qui fournit également des composants de missiles à Téhéran.
La dispute a déjà fait surface à huis clos mercredi au premier jour de la reprise des discussions à Vienne, les Américains demandant que le programme de missiles balistiques figure au menu des discussions, une demande ignorée par le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, selon un participant iranien aux discussions.
Daryl Kimball, membre de l'Arms Control Association, un groupe de recherches de Washington, estime, lui, que les missiles doivent être exclus des discussions. "Chercher à limiter des armes conventionnelles que l'Iran considère comme vitales pour son autodéfense menacerait l'objectif principal des négociations", a-t-il dit. "Le meilleur moyen de répondre à la possibilité par l'Iran d'exploiter des missiles à capacité nucléaire est de s'assurer que le programme nucléaire iranien est suffisamment limité et transparent."
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Selon le rapport confidentiel d'un panel d'experts de l'Onu que Reuters a pu consulter, la République islamique a ralenti ses achats de matériel interdit par les Nations unies et s'abstient d'effectuer des tirs d'essai, mais pour le reste, "l'Iran poursuit le développement de ses programmes de missiles balistiques et d'exploration spatiale".
"Un nouveau pas de tir de missile a été identifié en août 2013 à 40 km de la ville de Shahrud. Un site de lancement plus vaste est considéré comme proche de son achèvement...


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15 h 31, le 16 mai 2014