La crise a atteint un « seuil critique » au Soudan du Sud, où une famine « catastrophique » menace des millions de personnes, a averti hier l'ONG Oxfam, alors que le pays entre dans son sixième mois d'un sanglant conflit que rien ne semble pouvoir arrêter. « Soit nous agissons tout de suite, soit des millions de personnes vont en payer le prix », a lancé Mark Goldring, directeur général d'Oxfam, dans un communiqué. « Un travail de titan nous attend, faire parvenir une aide massive à la population au pire moment de l'année, quand les pluies rendent de nombreuses régions difficiles d'accès et transforment les routes en torrents de boue », a-t-il souligné.
Sous forte pression internationale, le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, qui a pris la tête d'une rébellion mi-décembre, ont signé le 9 mai à Addis Abeba un « accord pour mettre fin à la crise au Soudan du Sud », prévoyant notamment l'arrêt des combats, mais ceux-ci ont repris moins de 24 heures plus tard, suscitant l'inquiétude de Khartoum hier. Un premier cessez-le-feu, signé le 23 janvier, n'avait déjà jamais été appliqué.
Les combats se sont d'ailleurs intensifiés entre soldats et rebelles dans l'État soudanais du Kordofan-Sud, aggravant la situation humanitaire dans cette région où des centaines de milliers de personnes ont besoin d'aide, a indiqué l'ONU hier. Les combats qui durent depuis trois ans dans cet État à la frontière du Soudan et du Soudan du Sud « se sont intensifiés en avril-mai », a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) dans son bulletin hebdomadaire.
(Source : AFP)


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