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Pendant ce temps à Dubaï

Dans tous les innombrables domaines d'activité que compte, réclame et offre Dubaï, se trouvent, à tous les échelons, des jeunes venus du Liban. Certains sont même nés sur ces bords, ils ont vu petit à petit verdoyer le désert dans cette Venise sortie des sables – avec un tel élan qu'elle en touche le ciel. La nuit, vus de la mer, les dômes éclairés de la mosquée al-Jumaira feraient presque songer à la basilique Saint-Marc... Mais contrairement à Venise, Dubaï ne s'encombre d'aucun passé. La bourgade embryonnaire autour de laquelle s'est développée la ville raconte des histoires de pirates, de pêcheurs de perles et de caravanes chargées de tissus (c'est le prince Charles qui, dit-on, à l'imploration d'un architecte anglais, sauva il y a quelques années ce vieux quartier de la destruction totale). Les deux Guerres mondiales eurent raison du marché de la perle. Il y eut ensuite un long silence. On crut que le désert reprenait ses droits. Les recettes du pétrole qui coulait à flots dans le voisinage et la sagesse d'un gouverneur visionnaire enclenchèrent le miracle. Les mille morts de Beyrouth en plein essor, nous plaisons-nous à répéter, permirent au petit émirat d'occuper rapidement la place exceptionnelle qui ne lui était pas, a priori, dévolue : celle d'une cité cosmopolite et raisonnablement libérale, où travail et loisir s'alimentent l'un l'autre à l'infini.

De la cuisse de Beyrouth, dit notre légende, Dubaï naquit adulte, armée et casquée. Sur les cendres de Beyrouth la folle, l'étincelante, la rêveuse, l'ingénieuse, la passionnée, la rebelle, elle trouva le terreau propice à la culture de ses gratte-ciel. Ville-pays de toutes les opportunités, Dubaï brasse les énergies du monde entier et les canalise à son avantage. Ses lumières crèvent les yeux et crèvent les lourdes brumes de ses crépuscules ensablés. Ses avenues, impraticables aux piétons, sont rythmées par un alignement monotone de palmiers et de flamboyants comme tenus en laisse et qui font les beaux en aspirant de toutes les fibres de leurs racines contrariées l'eau dessalée de ce golfe au nom hésitant. Et nous sommes jaloux. Toutes nos forces vives sont là-bas, toute une génération dépossédée de son avenir par la corruption, le sectarisme, le banditisme politique et les guerres. Le Liban n'est plus qu'un petit laboratoire de concepts. On y lance des projets fulgurants que les crises successives abattent en plein vol et on les exporte aussitôt, bras et cerveaux compris. Or nous n'avons de ressources qu'humaines.
Les jeunes Libanais de Dubaï postent sur les réseaux sociaux des photos de leurs vies parfaites, selon les clichés du succès : montres et vêtements de marque, enfants sportifs, pique-niques dans les dunes, restaurants, bolides... Ici, disent-ils, tout est neuf, même les gens. On ne voit ni personnes âgées, ni malades, ni mendiants. Il faut être productif pour gagner sa place. L'usure est là, pourtant. Le rythme est frénétique. Un jour il faudra songer à vieillir loin de ce mirage. Dans un pays où tout va de travers, mais ainsi va la vraie vie.

Dans tous les innombrables domaines d'activité que compte, réclame et offre Dubaï, se trouvent, à tous les échelons, des jeunes venus du Liban. Certains sont même nés sur ces bords, ils ont vu petit à petit verdoyer le désert dans cette Venise sortie des sables – avec un tel élan qu'elle en touche le ciel. La nuit, vus de la mer, les dômes éclairés de la mosquée al-Jumaira feraient presque songer à la basilique Saint-Marc... Mais contrairement à Venise, Dubaï ne s'encombre d'aucun passé. La bourgade embryonnaire autour de laquelle s'est développée la ville raconte des histoires de pirates, de pêcheurs de perles et de caravanes chargées de tissus (c'est le prince Charles qui, dit-on, à l'imploration d'un architecte anglais, sauva il y a quelques années ce vieux quartier de la destruction totale). Les deux Guerres...
commentaires (8)

CORRECTION ! Merci : ".... il faut croire en la vertu des purges nécessaires à base de késchék, de äadass, de hommoss et de bézér läätîne de temps à autre...."

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

02 h 08, le 17 mai 2014

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Commentaires (8)

  • CORRECTION ! Merci : ".... il faut croire en la vertu des purges nécessaires à base de késchék, de äadass, de hommoss et de bézér läätîne de temps à autre...."

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    02 h 08, le 17 mai 2014

  • Il n'y a rien de plus artificiel que Dubaï. Leur mégalomanie frise la démence. Ladite oasis s'enfoncera un jour dans le sable plus naturellement qu'elle n'en est sortie.

    Robert Malek

    03 h 19, le 16 mai 2014

  • Je reviens sur cet article et desole Fifi , si vous ne me publiez pas , sachez au moins que j'ai ete a Dubai , j'ai rencontre la terre entiere sauf des Dubais . Je suis rentre chez moi avec la frustration de ne pas savoir ce quils mangent , ce qu'ils ecoutent comme musique , leurs blagues etc... tout ce que les autres pays du monde offrent aux visiteurs . Pour pas parler du Liban dans sa situation actuelle , disons le Maroc , l'Algerie , ou n'importe quel pays arabe , vous sortez de votre hotel , prenez un taxi , vous parlez a des gens du pays , vous prenez un café avec eux ou un repas , mais a Dubai ou pouvons voir ca ? En plus en affaire c'est la cata totale , le pays est endette, porte a bout de bras par ses voisins . Juste que faut pas laisser les libanais dans la totale ignorance dans laquelle les mirages vous plongent . Sorry le seul endroit ou j'ai rencontre des dubais c'etait a El Kalafate en patagonie argentine .

    FRIK-A-FRAK

    16 h 58, le 15 mai 2014

  • Dubai c'est Dubai et Beyrouth c'est Beyrouth. Nous aurons toujours des choses (Beaucoup) qu'ils n'auront pas et des choses récentes qu'ils ont que nous n'avons pas et tant mieux pour eux.. sans devoir faire des vaines comparaisons. Je préfère les notres que nous devons malgrès toutes les difficultés, parfois imposées ou/et liées à notre histoire et à notre géographie, améliorer. Et puis, ne dit-on pas inno el ired bi 3youn emmo ghazeeel?

    Ali Farhat

    13 h 06, le 15 mai 2014

  • La vérité blesse en effet .Le Liban était le fleuron de l’orient .On disait même que le cireur de chaussures en 1973 vous rendait la monnaie de cent livres billet si précieux a l’époque. Malheureusement avec notre système tribal et confessionnel et l’implantation des palestiniens et aujourdhui des syriens, la pauvreté a atteint son paroxysme et c’est à Dubaï pays bien organise ou seule la loi de la justice de mériter cette place et de prendre la relève.

    Sabbagha Antoine

    12 h 02, le 15 mai 2014

  • Je m'inscrit en faux devant un article aussi mirobolant , et je dis par experience personnelle avoir recu des C.V de libanais , indiens et pakistanais qui me demandaient du travail dans mon usine de Lagos et qui avaient fuit Dubai en 2010 , ne pouvant plus payer leurs factures diverses , abandonnant meubles et vehicules a l'aeroport . Les mirages existent dans les deserts , j'ai un ami personnel francais Vincent P. qui avait tout vendu au Nigeria et qui pensait faire fortune a Dubai en 2008 , il avait achete une villa a 2 million de usd , il attend un repreneur pour 700.000 usd , qui ne vient tjrs pas . Demandons a l'experimente et pas au docteur dans son salon feutre . Serai je publie ? de toute facon je le fais pour que des libanais reflechissent 10 fois avant de se jeter dans une catastrophe mirobolante annoncee.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 26, le 15 mai 2014

  • Et oui… Tellement vrai, si profondément triste, on les envie farouchement pour ce qu'ils ont et pour ce qu'on a perdu... mais nous ne pouvons que les féliciter d'avoir su faire le bon choix ….

    Nadine Naccache

    09 h 22, le 15 mai 2014

  • Il faut rappeler que seul le "fabuleux" Libanais Sain à la rigueur post-phénicisé doit bénéficier dans cette contrée d'un pouvoir exorbitant puisque, hors le respect des lois, il ne doit avoir de compte à rendre qu'à lui-même et à ce "cher" Grand-Liban. Il faut s'accommoder de ce statut limite dérogatoire, même quand il arrive que ce "fameux" Sain même pseudo-araméanisé reflet d’un pays rocailleux, crevassé, en terrass(é)es et vigoureux soit médiocre, incohérent ou plutôt un peu de mauvaise foi ; car il constitue pour ce minuscule pays l’atout le plus précieux. Ce qui n'exclut pas, évidemment, qu'on étrille ces quelques Libanais Sains mais niais, quand ils le méritent, ce qui n'est pas rare et pas seulement actuellement ! Qu'à considérer les qualités que l'on exige d'un Sain imbu de lui-même pareil, bien peu sont ceux qui pourraient ambitionner de l'être ; c'est dire qu'il est illusoire d'imaginer que ce style de Sains exigent de se distinguer par leurs attributs vertueux du tout- venant tout alentour. L'essentiel est qu'ils en soient enfin conscients ! Pour le reste, il faut croire en la vertu des purges nécessaires à base de késchék de temps à autre, même s'il s'avère que leur sérieuse administration n'est pas toujours inodore. Et il faut espérer que ces quelques Libanais restés quand bien même encore Sains, s'en trouveront demain mieux encore que moins que Rien dans ce genre de "fichu" patelin.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 38, le 15 mai 2014

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