Plusieurs témoins ont confirmé hier devant le tribunal de Kayseri la gravité des accusations lancées contre quatre policiers, jugés pour avoir battu à mort Ali Ismaïl Korkmaz, un étudiant de 19 ans, pendant la fronde antigouvernementale en 2013 en Turquie. Souffrant d'une hémorragie cérébrale, le jeune homme est mort le 10 juillet des suites de ses blessures après 38 jours de coma.
Un ami de la victime a confirmé la violence de son passage à tabac en décrivant hier son état lorsqu'il l'a accompagné à l'hôpital. « Le sang coulait sur son visage, couvert d'ecchymoses », a raconté Turhan Gürler. « Je lui ai demandé ce qui s'était passé, il m'a répondu qu'il avait été frappé sur la tête avec des bâtons », a-t-il poursuivi.
Comme à l'ouverture du procès il y a trois mois, plus d'un millier de personnes, pour la plupart des jeunes, se sont rassemblées toute la journée autour du tribunal. Quant à la famille de la victime, elle a reçu hier le soutien du père d'une autre victime des émeutes de juin, Berkan Elvin. En mars, la mort de cet adolescent de 15 ans après 269 jours de coma a provoqué des manifestations monstres dans les rues de plusieurs villes du pays contre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. « Les nouvelles preuves qui figurent dans le rapport d'un expert contredisent les témoignages des policiers », a estimé le frère de la victime, l'avocat Gurkan Korkmaz, qui défend les intérêts de sa famille dans le dossier. Les huit accusés risquent une peine maximale de prison à vie.


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