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Culture

Parfums d’Iran avec Mahsa et Marjan Vahdat

Spring Festival

Au Tournesol, l'association Shams a poursuivi son double festival, Spring et Red Zone, avec en week-end une magnifique soirée iranienne en compagnie des sœurs Mahsa et Marjan Vahdat entourées d'un ensemble de trois musiciens : Atabak Elyasi au cithare, Pasha Handjani au nay et Ali Rahimi aux percussions.*

13/05/2014

Le concert a débuté avec une longue rengaine lancée par la voix puissante de Mahsa qui monte dans les aigus, relayée par la voix plus grave de Marjan. Les deux sœurs, très inspirées, forment un duo parfaitement équilibré. Elles ont embarqué la salle dans un monde de sonorités musicales et poétiques qui semblent couler à flot comme une source intarissable. C'était beau, d'une beauté mystérieuse, envoûtante.
Mahsa, qui a assuré les intermèdes, a expliqué que ces chansons empruntent aux plus fameux poètes perses, al-Roumi, Hafez, leurs textes qui parlent de vie, d'amour, de beauté et d'appréciation du vin. «Leurs poèmes sont un reflet de la véritable image de l'Iran, a-t-elle affirmé. Cet esprit iranien qui est aujourd'hui bridé nous vient des poètes anciens. Leur esprit est toujours présent.»
L'élégie pour le jardin est un très beau morceau où le nay égrène ses notes cristallines et s'étend en un chuintement, comme une idée noire qui arrive à s'immiscer avec l'agilité d'un serpent dans les moindres recoins. Puis avec Dorna, c'est à la recherche de liberté que convie le nay. Il démarre par une douce ligne musicale qui semble venir de loin pour se cristalliser en gouttelettes d'eau fraîche avant d'exploser en un déferlement de notes et de voix puissantes comme un déluge qui balaye tout sur sa route.
Nées quelques années avant la révolution islamique en Iran, dans le milieu des années 1970, Mahsa et Marjan ont commencé le chant et la musique ensemble. «Depuis toutes petites, nous chantons et connaissons un grand succès dans notre famille», racontent-elles en chœur. Malgré les événements et les restrictions que connaît la société iranienne, elles sont encouragées et soutenues par leurs parents. Mahsa fait ses études de musique à Téhéran alors que Marjan s'installe pendant sept ans en Allemagne. Mais pour l'une comme pour l'autre, il est évident qu'elles ne peuvent créer que si elles vivent et produisent en Iran. «C'est notre source d'inspiration. Malgré toutes les difficultés et l'interdiction qui nous est faite de chanter en Iran, nous ne pourrions être ailleurs, affirment-elles. Nous avons besoin de nous ressourcer ici, d'être en contact avec la société iranienne dans toutes ses composantes.»
En effet, le régime de Téhéran ne les autorise à chanter que pour des assemblées de femmes, «la voix d'une femme pourrait exciter les hommes», dit Mahsa, amusée. Qu'à cela ne tienne, elles décident de ne pas se produire sur les scènes iraniennes, mais ne rechignent pas à pousser la chansonnette, à la demande d'amis, sur une terrasse ou dans un salon, «n'importe quel lieu est pour nous une scène, nous n'avons pas besoin d'autorisation pour y chanter».
Elles donnent leurs premiers concerts à l'étranger en 1997 et, depuis, sont régulièrement en tournée. Elles ont notamment participé au projet «Berceuses des pays de l'axe du mal», lancé par le producteur et poète norvégien Erik Hillestad en 2003, en réponse à la théorie lancée par l'ancien président américain, George W. Bush.
Comme des troubadours modernes, elles portent leurs chants avec elles partout où elles vont. Elles prêchent la poésie, l'amour et la beauté, sans peur ni provocation. Simplement.

* Le programme des Spring et Red Zone Festivals se poursuit avec plusieurs rendez-vous au Tournesol : jeudi 15 mai, 20h30, concert de Oliver Mtukutzi (Zimbabwe) ; vendredi 16 mai, 20h30, concert de Nawal (Îles Comores) ; samedi 17 mai, 20h30, concert de Badiaa Bouhrizi (Tunisie) ; jeudi 22 mai, 20h30, de la danse avec Afreekanam (Sénégal) ; samedi 24 mai, 20h30, concert de Zaki Ibrahim (Afrique du Sud) ; lundi 26 mai, 20h30, concert de Aziz Sahmaoui (Maroc).

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