X

À La Une

A Alep, les rebelles pulvérisent l'hôtel Carlton devenu base militaire

Syrie

80% des rebelles ont évacué Homs, annonce le gouverneur.

OLJ/AFP
08/05/2014

Des rebelles syriens ont fait exploser jeudi le célèbre hôtel Carlton à Alep, faisant des morts parmi les soldats qui occupent cet établissement depuis le début du conflit en Syrie, rapportent la télévision officielle et une ONG.

 

L'attentat a été revendiqué par le Front islamique, principale coalition rebelle, sur son compte Twitter. "Nos jihadistes ont fait exploser ce matin la caserne de l'hôtel Carlton dans la vieille ville d'Alep ainsi que d'autres bâtiments avoisinants", écrit le Front Islamique, qui annonce la mort de plus de 50 soldats syriens.

 

 

 
"Au moins 14 soldats gouvernementaux et supplétifs ont été tués lorsque les brigades rebelles islamistes ont pulvérisé l'hôtel historique Carlton dans la Vieille ville d'Alep, à l'aide d'une grande quantité d'explosifs placés dans un tunnel" creusé sous l'établissement, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"Des terroristes ont visé l'hôtel Carlton déclenchant une puissante explosion qui a provoqué sa destruction totale et la destruction de bâtiments historiques environnants", a indiqué pour sa part la télévision d'État, en référence aux rebelles qualifiés de "terroristes" par le régime.


Une vidéo diffusée par le Front islamique montre un énorme champignon ocre à côté de la fameuse citadelle d'Alep puis des tirs.

 

 


L'hôtel Carlton, situé en face de l'entrée de la citadelle, était jusqu'en juillet 2012, l'un des établissements les plus chics de l'ex-capitale économique de Syrie avant qu'elle ne soit ravagée par les combats. Il était composé d'une partie ancienne, un hôpital du 19e siècle réhabilité auquel a été adjointe une construction moderne, soit au total 90 chambres.

Le Carlton, au pied de la citadelle d'Alep. Photo Lazhar Neftien/Flickr/Creatives Commons

 

 

 Reportage télévisé dans les ruines du Carlton.

 

En février dernier, des rebelles avaient déjà fait exploser des mines sous l'hôtel Carlton, tuant au moins cinq soldats.


La Vieille ville d'Alep, tout comme la métropole, est divisée entre rebelles et loyalistes et la citadelle représente une sorte de ligne de démarcation entre les deux bords. Les rebelles tentent d'avancer vers les positions loyalistes dans ce secteur en recourant entre autres à des explosifs pour faire sauter les bâtiments.


Deuxième ville de Syrie, Alep est entrée dans l'engrenage de la guerre à l'été 2012, à l'issue d'une offensive des rebelles qui tentent depuis trois ans de renverser le régime de Bachar el-Assad.

 

Poursuite du retrait à Homs

Parallèlement, le gouverneur de la province de Homs a indiqué qu'au moins 80% des rebelles ont quitté la ville où ils étaient assiégés par l'armée pendant deux ans. Le gouverneur a précisé à l'AFP que l'évacuation, qui a débuté hier, devrait s'achever jeudi.

Au terme de ce processus obtenu après un accord inédit entre protagonistes, l'armée devra reprendre le contrôle du Vieux Homs et de ses environs qui représentaient le principal fief de la rébellion dans la ville autrefois surnommée la "capitale de la révolution" d'où a été lancée l'insurrection armée contre le régime de Assad.

 

(Pour mémoire : En plein conflit, le régime prédit une saison touristique "prospère" à Homs)


"80% des rebelles ont quitté la ville. Les 20% restants se retireront jeudi", a indiqué le gouverneur Talal al-Barazi à l'AFP. Au moins "980 personnes, en grande majorité des rebelles et quelques civils, dont des femmes et des enfants sont sortis mercredi" à bord de 24 bus, a-t-il précisé, indiquant qu'il restait "encore entre 300 et 400 personnes" dans la vieille ville.


Les convois se sont rendus à Dar al-Kabira, une ville rebelle à une vingtaine de km plus au nord dans la province de Homs, où les insurgés ont encore une poignée de bastions.


Avec l'évacuation totale de la Vieille ville, il ne restera plus de rebelles que dans le quartier de Waer (nord-ouest) dans tout Homs.
"A Waer les choses seront plus faciles et que dans les prochaines semaines, on annoncera de nouveaux accords pour y rétablir la sécurité", a indiqué le gouverneur, en référence à un retrait des rebelles du quartier.

 


Les rebelles se sont retirés au terme d'un accord avec le régime syrien conclu après deux mois de négociations.


Depuis le début en mars 2011 du conflit en Syrie déclenché par une contestation populaire rapidement réprimée, c'est le premier accord stipulant un retrait des rebelles d'une zone qu'ils contrôlent.
Des trêves avaient eu lieu dans la province de Damas mais elles prévoyaient uniquement l'arrêt des combats sans retrait de rebelles.


L'importance stratégique de la prise de Homs, troisième ville du pays, tient également du fait qu'elle relie Damas à l'ouest littoral, où se situent le fief du régime Assad.
Homs est également la ville où les rebelles ont subi leur plus long siège, une tactique de guerre utilisée par le régime dans plusieurs villes et localités du pays pour mettre à genoux la population locale et la rébellion et qui est accompagnée de bombardements aériens intenses. Cette tactique est dénoncée par l'ONU et des ONG.

 

Armes anti-aériennes

Sur le front diplomatique, le chef de l'opposition syrienne Ahmad Jarba a réclamé mercredi avec force des armes anti-aériennes aux Etats-Unis pour espérer l'emporter sur l'armée du président Assad et mettre fin à plus de trois ans de "cauchemar". Lançant un appel passionné devant une centre de réflexion de Washington, M. Jarba a demandé que les Américains lui fournissent des "armes efficaces" qui permettraient de "faire face aux attaques, y compris aux raids aériens" des forces armées de Damas.
M. Jarba, en visite de huit jours à Washington, avec une rencontre prévue avec le président Barack Obama, a aussi jugé que le scrutin présidentiel du 3 juin, auquel le président Assad est donné favori, était une "farce" qui risquait d'accorder au chef de l'Etat syrien un "permis de tuer pour de nombreuses années à venir".

 

Lire aussi
L'ONU et HRW inquiets du refoulement par le Liban de Palestiniens de Syrie

Pour mémoire
« Quand il y a une distribution de nourriture, les gens ont tellement faim qu'ils n'attendent même pas de rentrer chez eux pour manger »

 

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

AIGLEPERçANT

C'est connu , les revers chagrinent les perdants , ils se debarassent de leurs dernieres cartouches sur des batiments , des civils et autres cibles symboles , dommage que la barbarie soit autant mal conseillere , mais au final messieurs les salafowahabites binsaouds allies au sionisme , vous allez degager comme des malpropres , comme Israel est sortie du sud Liban après avoir detruit le pays en 2000 . Pour le reste la reconstruction sera l'affaire des liberateurs et des repentis locaux main dans la main comme a Homs . jarba , mon petit ca sert a rien d'aller pleurer chez tes patrons , ce que tu dis , ils l'entendent autrement , cad les armes que tu reclames , ils savent ou elles vont end up . Soit chez les salafistes , soit avec l'armee reguliere, toi et tes coalises d'opposants vous n'etes rien ni pour eux, ni pour la Syrie legitime.

Sabbagha Antoine

En bref , une guerre syrienne civile toujours sauvage sans merci .

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants