« Le Nanga, ce n’est pas seulement une montagne, c’est un univers en soi, à découvrir et explorer », s’extasie Simone Moro, un alpiniste italien. Aamir Qureshi/AFP
Une dizaine d'alpinistes étrangers y ont été abattus l'an dernier par des islamistes armés, d'autres y ont péri sur ses flancs escarpés, et pourtant, le Nanga Parbat continue d'attirer les amoureux de l'extrême sur ses cimes enneigées dans le nord du Pakistan.
Et ces fous de l'escalade le répètent encore et encore : il y a un je-ne-sais-quoi, une attraction presque fatale qui les pousse depuis des décennies vers cette montagne (8 126 mètres) nichée dans les contreforts de l'Himalaya. En juin dernier, dix alpinistes étrangers et leur guide pakistanais avaient péri avant même de s'attaquer à ces parois les plus inhospitalières, assassinés dans un camp de base par des rebelles islamistes. Un attentat qui avait plombé l'industrie touristique locale et frappé la communauté des alpinistes passionnés par le Pakistan. « Je ne pouvais y croire, je me disais : "Mais comment des terroristes ont-ils réussi à se rendre jusque là ?" souligne l'alpiniste allemand David Goettler. Je suis venu six fois au Pakistan et j'ai toujours eu une superrelation avec les gens du pays. »
Mais cette attaque n'a pas empêché les plus téméraires de repartir en quête de leur inaccessible étoile, comme l'Italien Simone Moro, de retour d'une nouvelle épopée infructueuse : il voulait être le premier homme à atteindre le pic du Nanga Parbat... en plein hiver. « Le Nanga, ce n'est pas seulement une montagne, c'est un univers en soi, à découvrir et explorer », s'extasie M. Moro, 46 ans, un grand blond au crâne un tantinet dégarni.
La paperasse
La première ascension du Nanga Parbat, la « montagne nue » en ourdou, la langue nationale du Pakistan, revient à l'Autrichien Herman Buhl en 1953. Les frères Gunther et Reinhold Messner avaient gravi son sommet en 1970 en passant, pour la première fois, par le versant du Rupal, paroi rocailleuse verticale de quatre kilomètres à donner des frissons aux plus aguerris.
Accéder ne serait-ce qu'au pied de cette montagne plantée dans la région pakistanaise de Gilgit-Baltistan peut aussi s'avérer un parcours du combattant tant la manne des visas de tourisme s'est tarie. « C'est vrai qu'il faut littéralement se battre pendant six ou sept mois pour obtenir les visas, le pays devrait plutôt ouvrir ses portes aux touristes », admet Moro. Un sentiment partagé par Ashraf Aman, premier alpiniste pakistanais à avoir escaladé le K2 (8 611 mètres) et aujourd'hui à la tête d'une petite société de tourisme spécialisée dans le trekking. « Si un touriste est chanceux et qu'il obtient un visa, il regrette sa décision dès qu'il arrive au Pakistan car les services de renseignements lui posent un tas de questions à chaque endroit qu'il visite », déplore-t-il.
Pourtant, le Gilgit-Baltistan, carrefour de l'Hindou Kouch et des massifs du Karakoram traversé par 18 des 50 monts les plus élevés au monde, ne demande qu'à accueillir son lot de visiteurs.
(Source : AFP)


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