La fraude a faussé les résultats du premier tour de l'élection présidentielle en Afghanistan, ont affirmé hier les deux candidats arrivés en tête, Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah. Ce scrutin, première passation des pouvoirs d'un président afghan démocratiquement élu à un autre, est considéré comme un test majeur pour ce pays pauvre toujours aux prises avec une violente insurrection des talibans et qui plongera dans l'inconnu après le retrait des 51 000 soldats de l'OTAN d'ici à la fin de l'année.
M. Abdullah, un ancien ministre des Affaires étrangères, est arrivé largement en tête du premier tour du 5 avril avec 44,9 % des voix, soit plus de 13 points d'avance sur M. Ghani (31,5 %), un ancien économiste de la Banque mondiale, selon les résultats préliminaires publiés samedi. Ces résultats ouvrent la voie à l'organisation d'un second tour entre les deux hommes, qui pourrait avoir lieu le 7 juin.
Entre-temps, les candidats ont l'opportunité de contester les résultats du premier tour, ce qu'ils ont commencé à faire dès hier. « Il y a eu, partout, fraudes et violations, organisées et systématiques, qui auraient pu être évitées », a déclaré M. Abdullah. « Nous disons depuis le départ que la fraude est notre principal ennemi », a-t-il ajouté, affirmant disposer de « documents » et de « preuves » montrant qu'en l'absence de fraudes, il aurait pu remporter une victoire « nette et évidente » dès le premier tour. Son rival Ashraf Ghani a renchéri sur le même thème, en affirmant que l'avance dont jouit M. Abdullah « se réduira une fois que les fraudes auront été examinées ». « Certains bureaux de vote n'étaient pas approvisionnés en bulletins (...). Nous voulons des explications (...) », a dit M. Ghani.
M. Ghani a également assuré qu'il ne passerait aucun accord secret pour qu'un vainqueur soit désigné avant le second tour, une hypothèse évoquée dans les milieux politiques afghans en raison des inévitables complications, en termes de sécurité et de coût financier, qu'engendrerait l'organisation d'un nouveau vote.
(Source : AFP)


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