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"Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II"

vatican

Première absolue dans les 2000 ans d'histoire de l'Eglise catholique, la double canonisation a eu lieu en présence de deux papes, François et son prédécesseur Benoît XVI.

OLJ/AFP
27/04/2014

François a fait saints dimanche les deux papes les plus emblématiques de l'après-guerre, Jean XXIII et Jean-Paul II, "deux hommes courageux", devant une foule de fidèles enthousiastes massés place Saint-Pierre.

"Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II", a dit solennellement le pape argentin, sous les portraits d'Angelo Roncalli et Karol Wojtyla, déroulés sur la façade de la basilique.
La formule, prononcée en latin, a été acclamée par la foule tandis que les cloches sonnaient à toute volée dans les églises de Rome. Maria Cardoza une Péruvienne sanglote d'émotion: "Jean-Paul II a protégé mes enfants".

Dans son homélie, François a rendu hommage à "deux hommes courageux", porteurs d'une "espérance vivante", qui "ont connu des tragédies mais n'en ont pas été écrasés". Pour le pape argentin, les deux nouveaux saints ont aidé à "restaurer et actualiser l'Église selon sa physionomie d'origine", avec le Concile Vatican II qui s'est tenu de 1962 à 1965 et convoqué par le pape italien.

 


François a fait saints dimanche les deux papes les plus emblématiques de l'après-guerre. GABRIEL BOUYS/AFP

 

Plus tard au moment de la prière du Regina Caeli, il a affirmé que les deux papes avaient "contribué de manière indélébile au développement des hommes et à la paix". Il a aussi défini Karol Wojtyla comme le "pape de la famille" qui doit accompagner l'Eglise dans la défense de cette institution pour lui prioritaire.

 

Première absolue dans les 2000 ans d'histoire de l'Eglise catholique, cette double canonisation a lieu en présence de deux papes, François et son prédécesseur Benoît XVI. Sur les 266 papes qui ont dirigé l'Eglise catholique depuis 2000 ans, environ 80 ont été canonisés. Le pape à la retraite, tout de blanc vêtu et coiffé d'une mitre, a pris place à gauche de l'autel, même s'il participe à la célébration de la messe, afin de ne pas créer de confusion avec le pape régnant. Ce proche de Wojtyla a été longuement applaudi à son arrivée, notamment par les nombreux fidèles polonais. Au début de la cérémonie, François lui a donné l'accolade et il lui a serré chaleureusement les deux mains à la fin.

"Deux papes saints au ciel, deux papes sur la place Saint-Pierre", lit-on sur une banderole brandie par un fidèle sur la place.

 


Benoît XVI, tout de blanc vêtu et coiffé d'une mitre, a pris place à gauche de l'autel. ANDREAS SOLARO/AFP

 

Dimanche des quatre papes
A l'issue de la cérémonie, 98 délégations d'Etats ou d'organisations internationales, dont 24 chefs d'Etat et têtes couronnées - du roi et de la reine d'Espagne au président zimbabwéen contesté Robert Mugabe - ont défilé pour saluer le pape François. Quelques-uns se sont même enhardis à faire un "selfie" avec Jorge Bergoglio.

Puis le pape argentin a parcouru en voiture blanche découverte la place Saint-Pierre et la via della Conciliazione, acclamé par des fidèles jeunes et vieux qui lui ont lancé quelques drapeaux ou T-shirts. Exception faite de deux bébés, il ne s'est pas arrêté pour embrasser des gens, se contentant de les bénir ou de leur faire signe de loin, lors de ce bain de foule plus bref qu'à l'accoutumée.

Selon le Vatican, citant des chiffres de la police, 800.000 personnes ont assisté à la cérémonie, dont un demi-million massés place saint-Pierre et à proximité. Les 300.000 autres étaient dispersées autour des dix-sept écrans géants installés dans les endroits mythiques de Rome (Colisée, Forum romain, place Farnese...).

"Nous avons essayé d'aller au Vatican mais impossible, nous regardons sur grand écran à la place", confie Cristian, 15 ans, jeune scout de Calabre.

 

 


Huit cent mille fidèles ont assisté à la cérémonie, selon le Vatican. VINCENZO PINTO/AFP

 

Pour ce "dimanche des quatre papes", la Place St Pierre était archi-comble, avec aux premiers rangs un carré blanc de 6.000 prêtres en chasuble. Nombre de fidèles avaient passé la nuit dans des sacs de couchage posés à même le sol, ou participé à des veillées de prières.

"Je suis très fatiguée. Je n'ai pas dormi mais je suis très excitée. Pour le Mexique Jean-Paul II représente l'amour, la loyauté envers Dieu", explique à l'AFP, Maria, une Mexicaine de 20 ans.
Luigi Villa, 77 ans, venu avec le groupe de Sotto il Monte, le village natal de Jean XXIII, près de Bergame (nord-ouest) est aussi tout sourire: "cela fait quatre jours que je dors trois heures pour être là, pour voir ça, autant vous dire que je suis très ému!"

 

 

La canonisation de Jean XXIII, initiateur du Concile Vatican II (1962-1965) qui marqua l'ouverture de l'Eglise catholique au monde moderne, ne semble critiquée par personne, à part les traditionalistes.
Jean-Paul II reste le pape le plus populaire de tous les temps. Mais, même si nul ne conteste sa stature internationale et le rôle qu'il a joué dans la chute du communisme, il a ses détracteurs qui lui reprochent notamment un aveuglement face aux crimes pédophiles et sa sévérité avec les théologiens dissidents.

 


Jean-Paul II reste le pape le plus populaire de tous les temps. Remo Casilli/Reuters


"Ces deux figures signifient que Dieu a donné à chaque époque le visage dont elle avait besoin pour conduire l’Église", analyse pour l'AFP Mgr Georges Pontier, président de la Conférence épiscopale française, archevêque de Marseille. En 1958, un "vieillard" qui "a rétabli une sorte de confiance entre Église et société". Et en 1978, un pape venu des pays de l'Est qui "allait réveiller les chrétiens par son +n'ayez pas peur+ et ébranler le mur" de Berlin.

Après l'élection historique du pape argentin, depuis 13 mois à la tête d'une Église d'1,2 milliard de catholiques baptisés, cette double canonisation est perçue comme un événement pouvant contribuer à dissiper le souvenir d'années marquées par des scandales, notamment la pédophilie, et réconcilier deux sensibilités différentes de l’Église incarnées par ces deux papes.

 

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