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Moyen Orient et Monde - Vatican

Jean XXIII et Jean-Paul II, une double canonisation entre ferveur et controverse

Plus d'un million de pèlerins sont attendus à Rome demain.

Des touristes se tiennent en rang pour visiter la basilique Saint-Pierre au Vatican. Plus d’un million de pèlerins catholiques sont attendus à Rome demain pour la canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II. Alberto Pizzoli/AFP

Deux figures majeures de l'Église catholique du XXe siècle, le pape Jean XXIII, promoteur du concile Vatican II, et le pape « globe-trotter » Jean-Paul II, seront canonisés demain à Rome, une initiative qui suscite joie, mais aussi controverse.
Certains fidèles estiment qu'il est encore trop tôt, neuf ans après la mort du pape polonais, né Karol Wojtyla, pour l'élever au rang de saint et dénoncent le manque de réactivité de l'Église lorsque ont éclaté des scandales de pédophilie à la fin de son mandat. Mais les enquêteurs missionnés par le Vatican ont jugé que les deux hommes, qui ont régné de 1958 à 1963 pour Jean XXIII et de 1978 à 2005 pour Jean-Paul II, avaient bel et bien accompli des miracles après leur mort en faveur de malades. Et on a pu lire et entendre, parmi les millions de personnes qui ont assisté aux funérailles de Jean-Paul II en avril 2005, des appels à sa canonisation immédiate, « Santo Subito ! » selon la formule alors employée.
Malgré le scepticisme de certains, plus d'un million de pèlerins sont attendus à Rome pour assister à cette double canonisation, qui sera retransmise sur des écrans géants disposés autour du Vatican. Car une grande partie des catholiques se félicite de la canonisation de Jean-Paul II, le premier pape non italien élu depuis le XVIe siècle. On porte souvent à son crédit le fait d'avoir remis l'Église en mouvement, avec des voyages dans environ 140 pays – dont beaucoup n'avaient jamais reçu une telle visite – et son rôle dans la chute du communisme en Europe de l'Est. En mai 1981, il a survécu à un attentat perpétré par le Turc Mehmet Ali Agça sur la place Saint-Pierre de Rome et, à la fin de sa vie, il a lutté, sous les yeux du monde entier, contre sa santé déclinante.
Après sa mort, son successeur Benoît XVI a dérogé à une règle selon laquelle l'Église devait attendre cinq ans pour ouvrir un procès en canonisation. Jean XXIII a également bénéficié d'une dérogation, accordée celle-ci par l'actuel souverain pontife, François : un seul miracle a suffi pour faire de lui un saint, contre deux habituellement.
« C'est un exemple de la papauté se canonisant elle-même », déplore Luigi Accattoli, un des théologiens du catholicisme les plus respectés en Italie, qui a connu personnellement les deux papes en question. Celui-ci ne doute pas que Jean XXIII et Jean-Paul II aient agi en saints hommes, mais il n'en exprime pas moins des réserves sur leur canonisation. « En canonisant un pape, la papauté se confirme elle-même. C'est comme si elle disait que la politique des précédents papes était intouchable, a-t-il dit. D'une certaine manière, l'Église tente de se soustraire au jugement de l'opinion publique. » John Thavis, auteur du best-seller Les dessous du Vatican, s'étonne de voir canoniser un pape, Jean-Paul II, qui avait plaidé pour la canonisation d'hommes plus « ordinaires ». « Il est pour le moins paradoxal qu'avec sa propre canonisation le projecteur soit de nouveau braqué sur le sommet de la hiérarchie », a-t-il expliqué.
Le cardinal Carlo Maria Martini, qui considérait Jean-Paul II comme un saint, s'est lui-même montré dubitatif au sujet de sa canonisation car, selon lui, le chef de l'Église a fait quelques choix « malheureux » dans ses nominations à la fin de sa vie. Une ombre, en particulier, assombrit la fin de son règne : celle de la pédophilie. Certains reprochent notamment à Jean-Paul II d'avoir soutenu le prêtre mexicain Marcial Maciel, fondateur de la congrégation de la Légion du Christ, dont il s'est avéré qu'il menait une double vie, d'homme d'Église d'une part, et de pédophile, homme à femmes et toxicomane d'autre part. Les défenseurs de Karol Wojtyla estiment que les conseillers du pape ont peut-être eu vent des activités peu catholiques de Marcial Maciel, mais qu'ils n'en n'ont pas informé le pontife.
La figure de Jean XXIII cristallise moins de passions. L'histoire a essentiellement retenu de lui son rôle dans le concile Vatican II, qui a modernisé l'Église en profondeur en introduisant les langues vernaculaires lors des offices et en encourageant le dialogue avec les autres religions.

(Source : Reuters)

 

Deux figures majeures de l'Église catholique du XXe siècle, le pape Jean XXIII, promoteur du concile Vatican II, et le pape « globe-trotter » Jean-Paul II, seront canonisés demain à Rome, une initiative qui suscite joie, mais aussi controverse.Certains fidèles estiment qu'il est encore trop tôt, neuf ans après la mort du pape polonais, né Karol Wojtyla, pour l'élever au rang de saint et dénoncent le manque de réactivité de l'Église lorsque ont éclaté des scandales de pédophilie à la fin de son mandat. Mais les enquêteurs missionnés par le Vatican ont jugé que les deux hommes, qui ont régné de 1958 à 1963 pour Jean XXIII et de 1978 à 2005 pour Jean-Paul II, avaient bel et bien accompli des miracles après leur mort en faveur de malades. Et on a pu lire et entendre, parmi les millions de personnes qui ont...
commentaires (4)

A "Cheval", au lieu que ça soit en "Plein" !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

15 h 12, le 26 avril 2014

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Commentaires (4)

  • A "Cheval", au lieu que ça soit en "Plein" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 12, le 26 avril 2014

  • AUCUN HOMME... QUI QU'IL SOIT.... CEUX DU PASSÉ COMME CEUX DU PRÉSENT... N'A LE POUVOIR DE NOMMER DES SAINTS ! LA FOI GUÉRIT ET NON LES HOMMES QU'ILS SOIENT PRÊTRES... MOINES... OU MÊME PAPES !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 23, le 26 avril 2014

  • Un "jésuitique" vrai de vrai ménageant la chèvre et le choux, ce François canonisant ces deux prélats contradictoires !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 05, le 26 avril 2014

  • Ah ces médias dont le "sensationnel" est le pain quotidien ! Chaque grand évènement dans l'Eglise ne peut pas passer sans qu'y soit mise la sauce de quelques "prêtres pédophiles". Alors que des millions d'histoires de pédophilie sont enregistrées tous les jours dans le monde !

    Halim Abou Chacra

    06 h 39, le 26 avril 2014

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