Rechercher
Rechercher

Reportage

En Syrie, Pâques est une parenthèse brève et fragile

Les chrétiens de Syrie représentent environ 10% de la population du pays.

Un homme passant dans une ruelle de Bab Touma à Damas. Louai Beshara/AFP

Même si le bruit des combats dans les faubourgs de Damas se fait toujours entendre, des chrétiens de la capitale célèbrent Pâques, s'efforçant d'oublier la guerre le temps de cette fête clé du calendrier religieux. Certes, devant l'église syriaque orthodoxe Saint-Georges - située tout près d'une école dans laquelle une attaque au mortier a tué plusieurs enfants et en a blessé des dizaines d'autres cette semaine - des hommes en uniforme et en armes patrouillent pendant l'office du Vendredi saint. Mais ils plaisantaient entre eux et ont renoncé à contrôler l'identité ou à fouiller les sacs à main des fidèles.

Une procession traditionnelle durant laquelle des centaines de personnes défilent habituellement en musique derrière un Christ en croix a toutefois été annulée.

Les chrétiens de Syrie représentent environ 10% de la population du pays. Et la plupart d'entre eux redoutent une mainmise des groupes islamistes sur les mouvements rebelles qui combattent le régime du président Bachar el-Assad, sans pour autant placer toute leur confiance dans ce dernier. Seul un petit pourcentage des chrétiens ont pris les armes dans un camp ou dans l'autre depuis le début de la guerre civile il y a un peu plus de trois ans.

(Lire aussi : Le chef d'el-Qaëda appelle les jihadistes à l'unité)

Devant l'église Saint-Georges, deux femmes appartenant à la communauté arménienne de Syrie expriment des avis opposés sur leur état d'esprit et leur vision de la situation dans le pays. "Non, je ne me sens pas bien du tout. Je suis triste et je suis ici pour m'associer à la douleur du Christ", dit Roula Khoury.

Pour son amie Tamar Barachelian, au contraire, "on ne peut pas se contenter d'être triste et de rester à la maison tout le temps pour déprimer". "Je surmonte ma tristesse et je me force à sortir pour continuer à vivre", ajoute-t-elle.

Comme plusieurs millions de Syriens, de nombreux chrétiens du pays ont été chassés de chez eux par la guerre et ont vu des membres de leur famille mourir au combat ou fuir la mobilisation décrétée par l'armée de Bachar el-Assad. Une partie de la communauté chrétienne - divisée en différentes confessions - soutient néanmoins le régime en place, en lequel elle voit un bouclier contre les activistes musulmans sunnites soutenus par l'étranger, soupçonnés de vouloir persécuter les minorités non-sunnites, chrétiens inclus.

Le président syrien appartient à la minorité alaouite, une branche de l'islam chiite, alors que la majorité de la population est sunnite.

(Pour mémoire : Les persécutions contre les chrétiens ont augmenté en 2013)

Au milieu d'un groupe de femmes exprimant des positions pro-Assad, l'épouse du prêtre déclare: "Je peux pardonner à un Syrien qui a versé du sang syrien. Mais je ne pardonnerai pas aux pays arabes qui ont conspiré pour nous tuer." Une autre femme ajoute : "L'armée syrienne est toujours victorieuse."

Les participants aux célébrations du Vendredi saint semblent détendus malgré le bruit régulier des bombardements audibles depuis les quartiers tenus par les rebelles, un bruit de fond devenu si habituel à Damas que plus personne ne semble y prêter attention.
A l'intérieur de l'église, les fidèles prient en syriaque, une langue ancienne parlée dans la région avant l'émergence de l'islam et qui passe pour être proche de l'araméen, la langue dans laquelle s'exprimait probablement Jésus.

En fin de soirée, la tension est de nouveau palpable dans la vieille ville où l'on peut toujours entendre le bruit des bombardements. Comme à l'habitude, des bouchons se forment à l'approche des barrages où des hommes armés et visiblement nerveux inspectent chaque véhicule.

Des fenêtres d'un minibus s'échappe une chanson populaire dont le refrain tient en quelques mots: "Magnifique est mon pays. Magnifique est mon pays."


Lire aussi

Les journalistes français enlevés en Syrie libérés après dix mois de captivité


Même si le bruit des combats dans les faubourgs de Damas se fait toujours entendre, des chrétiens de la capitale célèbrent Pâques, s'efforçant d'oublier la guerre le temps de cette fête clé du calendrier religieux. Certes, devant l'église syriaque orthodoxe Saint-Georges - située tout près d'une école dans laquelle une attaque au mortier a tué plusieurs enfants et en a blessé des...

commentaires (2)

L'olj ne nous parle plus des batailles sur le terrain syrien, comme par exemple la cuisante defaite de la tentative de prendre la caserne Hanano a Alep , après avoir pourtant annonce une victoire ! dans le temps on ouvrait votre journal sur les exploits de ceux que vous appeliez les combattants de la liberte . Et au fait , que sont devenus les dirigeants de la coalition qui se desintegre honteusement avec des accusations de detournement de gabegie et d'incompetence ! Help Scarlett !

FRIK-A-FRAK

11 h 45, le 20 avril 2014

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • L'olj ne nous parle plus des batailles sur le terrain syrien, comme par exemple la cuisante defaite de la tentative de prendre la caserne Hanano a Alep , après avoir pourtant annonce une victoire ! dans le temps on ouvrait votre journal sur les exploits de ceux que vous appeliez les combattants de la liberte . Et au fait , que sont devenus les dirigeants de la coalition qui se desintegre honteusement avec des accusations de detournement de gabegie et d'incompetence ! Help Scarlett !

    FRIK-A-FRAK

    11 h 45, le 20 avril 2014

  • Magnifique le pays de Bachar le chimique ! Il en a fait le pays le plus beau en lambeaux !

    Halim Abou Chacra

    04 h 53, le 20 avril 2014