Une obligation grecque sur 20 ans émise en 1968. Yorgos Karahalis/Reuters
La Grèce a fait hier un retour réussi sur le marché de la dette à moyen terme, salué par les investisseurs et par les créanciers du pays (UE et FMI) qui ont toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes.
La vente, sursouscrite au moins huit fois, de 3 milliards d'euros d'obligations à cinq ans assorties d'un coupon annuel de 4,75 %, apparaît comme une réussite pour un pays encore classé par les agences de notation parmi les valeurs spéculatives.
« Les marchés internationaux ont exprimé d'une façon incontestable leur confiance dans l'économie grecque, l'avenir de la Grèce et la capacité de la Grèce à sortir de la crise », s'est félicité le Premier ministre Antonis Samaras, qui attend aujourd'hui la visite de grande importance symbolique de la chancelière allemande Angela Merkel. Qualifiant cette émission de « test », il a estimé qu'elle « ouvrait la voie à un taux d'intérêt plus bas » pour les prochains emprunts grecs.
De leur côté, les créanciers du pays, Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI), qui ont apporté ensemble 240 milliards d'euros de prêts au pays depuis 2010, ont salué aussi la réussite du placement. C'est « un premier et important pas pour le retour du pays sur les marchés », a indiqué le commissaire actuellement en charge des Affaires économiques, Siim Kallas.
Imputant ce succès à l'amélioration des marchés de dette des pays de la zone euro, M. Kallas a indiqué que cette opération est « un signe de confiance des investisseurs » et « reflète les résultats positifs des réformes effectuées par le pays ». Il a toutefois souligné qu'il était « crucial » pour les Grecs de continuer à respecter le programme d'assainissement de leur économie.
Sur la même ligne, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a indiqué qu'Athènes avançait « dans la bonne direction » et que son retour complet sur les marchés « se profilait à l'horizon ». « Le test que les autorités (grecques) voulaient mettre en place a été couronné de succès », mais « il y a encore beaucoup à faire », a-t-elle toutefois ajouté, affirmant que le programme d'aide n'était pas « encore fini ». Les analystes étrangers avaient, pour certains, la dent dure.
« Opportunisme préélectoral »
Ishaq Siddiqi, stratégiste chez ETX Capital, a noté que l'appétit pour les obligations grecques tenait plus à l'amélioration de la situation dans la zone euro qu'aux fondamentaux « en lents progrès » de l'économie hellène. « En un sens, vous pouvez dire que les investisseurs achètent des obligations grecques garanties par l'Allemagne et la BCE », a-t-il estimé.
Plus cinglant encore, Christopher Dembik de Saxo Banque rappelait que même « le Sri Lanka est parvenu encore récemment à faire une émission à même échéance avec un rendement d'environ 5 % ». Pour lui, la réussite d'hier est surtout « la résultante d'un retour global de la confiance, l'économie et les finances grecques suscitant toujours l'inquiétude ». La dette publique y est en effet toujours très élevée à 175 % du PIB et le pays espère un éventuel coup de rabot des banques centrales européennes qui la détiennent en majorité.
Alors que le gouvernement triomphait après ce retour sur les marchés anticipé, le début de journée avait été marqué par l'explosion d'une voiture piégée près de la Banque de Grèce, en plein Athènes, qui n'a pas fait de victimes mais a fait passer un souffle d'inquiétude sur cette étape hautement symbolique.
(Source : AFP)


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