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Moyen Orient et Monde - France

Valls renforce son gouvernement et crée un « grand pôle international »

Sous forme de « révolution administrative », le nouveau Premier ministre français Manuel Valls complétait hier son gouvernement en créant aux Affaires étrangères un « grand pôle international ». Photo AFP

Le nouveau Premier ministre français Manuel Valls complétait hier son gouvernement en créant aux Affaires étrangères, malgré le scepticisme de certains, un « grand pôle international ».
Ainsi, quatorze secrétaires d'État ont été nommés. Trois secrétaires d'État ont été nommés auprès du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dont les attributions traditionnelles ont été fortement élargies : l'ex-ministre à l'Économie numérique Fleur Pellerin au Commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l'étranger ; le patron du Parti socialiste Harlem Désir aux Affaires européennes ; et la député Annick Girardin au Développement et à la Francophonie. Outre ces 14 secrétaires d'État, le gouvernement Valls compte seize ministres, contre la quarantaine qui composait l'exécutif de son prédécesseur Jean-Marc Ayrault.
Toujours hier, la présidence française a annoncé le remplacement du secrétaire général de l'Élysée, Pierre-René Lemas, par Jean-Pierre Jouyet, un proche du président socialiste François Hollande et ancien ministre de son prédécesseur de droite, Nicolas Sarkozy. Le secrétaire général est le plus proche collaborateur du chef de l'État et, à ce poste stratégique, l'aide notamment dans les questions de défense et les affaires étrangères. Controversé, le transfert du ministère de l'Économie à celui des Affaires étrangères – pour la première fois depuis 1958 – du Commerce extérieur et du Tourisme vise à booster le dynamisme économique français, en panne de compétitivité sur la scène mondiale. « Il s'agit d'une logique d'efficacité, c'est-à-dire de concentration des moyens de l'État à l'étranger pour renforcer la force de frappe de l'action de la France dans le monde », souligne-t-on au ministère des Affaires étrangères. Reconduit dans ses fonctions, Laurent Fabius est ancien Premier ministre et a déjà occupé plusieurs fonctions économiques lors de précédents gouvernements. Depuis 2012, il a fait de la « diplomatie économique » le fer de lance de son action internationale.
Cette petite révolution administrative en France ne se fait pas sans heurts. Le syndicat majoritaire des agents du commerce extérieur (Sprim) lui a manifesté son opposition. « On est en train de priver Arnaud Montebourg (le nouveau ministre de l'Économie) d'un instrument de politique économique. C'est absurde. » « C'est l'entreprise qui crée l'emploi, pas le Quai d'Orsay », a aussi reproché Valérie Pécresse, ex-ministre du Budget de Nicolas Sarkozy (2007-2012).

« La tête au Quai, les pieds à Bercy »
Un argument balayé par l'Organisation des spécialistes du commerce international (OSCI), qui regroupe 2 000 entreprises de négoce et 200 sociétés de consultants à l'international. « C'est plutôt une bonne chose », déclare le président de l'OSCI, Étienne Vauchez. « Les gens du Quai d'Orsay ont une culture très inspirée par la mondialisation, à Bercy (siège du ministère de l'Économie), ils sont centrés sur la France », lance-t-il. « C'est un changement qui a du sens quand on sait qu'aujourd'hui les exportations sont guidées en large partie par les efforts diplomatiques, notamment pour les contrats décrochés dans les grands pays émergents », renchérit Alberto Balboni, spécialiste du commerce international au cabinet d'études Xerfi.
Dans les ambassades, les conseillers économiques, dont les attachés spécialisés relevaient chacun de son ministère (Agriculture, Finances, etc.) dépendront à l'avenir du ministère des Affaires étrangères. Au terme d'un accord entre les ministres de l'Économie et des Affaires étrangères, les services du Commerce extérieur devraient de leur côté rester physiquement à Bercy, siège du ministère de l'Économie, rapportait l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné. « La tête au Quai, les pieds à Bercy, attention à l'élongation », mettait en garde avec humour le journal.
(Source : AFP)

Le nouveau Premier ministre français Manuel Valls complétait hier son gouvernement en créant aux Affaires étrangères, malgré le scepticisme de certains, un « grand pôle international ».Ainsi, quatorze secrétaires d'État ont été nommés. Trois secrétaires d'État ont été nommés auprès du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dont les attributions traditionnelles ont été fortement élargies : l'ex-ministre à l'Économie numérique Fleur Pellerin au Commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l'étranger ; le patron du Parti socialiste Harlem Désir aux Affaires européennes ; et la député Annick Girardin au Développement et à la Francophonie. Outre ces 14 secrétaires d'État, le gouvernement Valls compte seize ministres, contre la quarantaine qui composait l'exécutif de son prédécesseur...
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