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Les banques françaises affichent des ratios réglementaires solides mais l'agence de notation Standard & Poor's (S&P), sur la base de son propre modèle d'évaluation, estime qu'elles sont légèrement moins bien capitalisées que leurs concurrentes internationales.
Au 31 décembre, les quatre principales banques françaises (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE) affichaient un ratio « common equity tier one » de 10,5 % en moyenne en vertu des dispositions de Bâle III, au-dessus du minimum requis de 8,5 % à fin 2018 pour les banques dites « systémiques ».
« Lorsque l'on regarde les ratios, les banques françaises se positionnent plutôt bien, en ligne voire légèrement au-dessus de la moyenne européenne », a déclaré Thierry Grunspan, directeur services financiers de S&P.
En tête de ce classement européen figurent plusieurs banques scandinaves comme la suédoise Handelsbanken dont le ratio CET1 atteint près de 19 %. « Si l'on regarde notre ratio RAC (risk-adjusted capital, NDLR), le tableau est un peu moins flatteur. Les banques françaises sont plutôt dans la deuxième partie du peloton », a fait valoir M. Grunspan. « Les banques françaises affichent un ratio RAC légèrement inférieur à 7 %, seuil important pour nous en matière de notation, alors que les banques européennes sont plutôt autour de 8 %. »
S&P a conçu ce ratio en 2009 pour gommer certaines spécificités nationales dans l'appréciation des risques et faciliter ainsi les comparaisons. Thierry Grunspan a justifié l'écart entre les ratios réglementaires et le ratio de S&P par les modèles internes des banques françaises, plus favorables selon lui à certaines catégories d'actifs, notamment le crédit à l'habitat, et la mise en place par l'agence de charges plus sévères en face de certains risques, notamment dans l'assurance ou les participations. Le spécialiste estime cependant que les groupes français dépasseront ce seuil de 7 % à l'horizon de juin 2015, essentiellement grâce à la mise en réserve des bénéfices et à la poursuite d'émissions d'obligations hybrides.
Début mars, Standard & Poor's a prévenu qu'elle procéderait à un réexamen du niveau de soutien attendu des États en cas de défaut dans le cadre de sa notation des banques européennes systémiques, réexamen qui pourrait se traduire par l'abaissement à « négative » de la perspective associée aux notes d'ici à la fin du mois d'avril. Dans le cas de la France, S&P a déjà assorti ses notes sur les banques d'une perspective négative, à l'exception de Crédit mutuel et de Crédit logement dont les perspectives sont stables.
(Source : Reuters)


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