L’action de Manuel Valls (à gauche), qui a succédé hier à Jean-Marc Ayrault, sera surveillée de près par Bruxelles. Christian Hartmann/Reuters
Le nouveau Premier ministre français Manuel Valls, apôtre du social-libéralisme nommé lundi soir dans l'urgence après la débâcle des élections municipales, a pris ses fonctions hier, en affirmant sa volonté de « poursuivre et amplifier » le travail de son prédécesseur. Manuel Valls, dont l'équipe gouvernementale sera annoncée aujourd'hui, a succédé à Jean-Marc Ayrault, socialiste comme lui, avec la mission fixée par le président François Hollande de concilier réduction des déficits et diminution des impôts, sous l'œil de Bruxelles.
« Le président de la République a tracé une feuille de route pour aller encore plus loin, plus vite » dans la voie du redressement, a déclaré M. Valls dans la cour de l'hôtel Matignon au côté de M. Ayrault, lors d'une brève cérémonie de passation des pouvoirs. Il s'est engagé à « prolonger et amplifier l'énorme travail déjà accompli », tout en répondant à la « demande de justice sociale » qui s'est exprimée lors des élections municipales.
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L'arrivée de l'ancien ministre socialiste de l'Intérieur, connu pour sa fermeté et son franc-parler, menace de faire voler en éclats la majorité présidentielle. Les écologistes, qui goûtent peu le profil de « socialiste de droite » de M. Valls, ont en effet prévenu qu'ils ne participeraient pas au gouvernement si leur demande de changement de cap politique n'était pas entendue. La gauche du Parti socialiste a également exprimé ses réserves devant une nomination synonyme, selon le député Henri Emmanuelli, d'un « coup de barre à droite ».
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Manuel Valls, 51 ans, a été nommé lundi par le chef de l'État pour diriger un « gouvernement de combat » chargé de mettre en œuvre le « pacte de responsabilité », pierre angulaire de sa politique économique qui prévoit une baisse des charges des entreprises pour relancer l'emploi. M. Hollande a souligné que le nouveau Premier ministre aurait la difficile mission de « convaincre » la Commission européenne d'être patiente et souple sur la maîtrise des déficits, alors que la politique de rigueur mise en place par les socialistes contribue largement à leur impopularité. La feuille de route du nouveau gouvernement a tout de la quadrature du cercle puisqu'il s'agira de concilier réduction du déficit public et diminution des impôts. L'arrivée de M. Valls devrait toutefois rassurer les marchés, qui anticipent une politique social-démocrate bénéfique pour la dette française.
Hier, les spéculations allaient bon train sur les personnalités en vue pour les postes-clés du nouveau gouvernement. Parmi les entrants est cité le nom de Ségolène Royal, peut-être pour prendre un ministère élargi de l'Éducation. Un fidèle de M. Hollande, François Rebsamen, pourrait s'occuper de l'Intérieur, un poste qu'il souhaitait en 2012. Laurent Fabius était donné comme reconduit aux Affaires étrangères, ainsi que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Les deux ex-ministres verts Cécile Duflot et Pascal Canfin ont déjà annoncé ne pas vouloir participer au nouveau gouvernement. Et en soirée, les écologistes d'Europe Écologie-Les Verts ont confirmé qu'ils refusaient de participer au nouveau cabinet. Les relations de Manuel Valls avec les écologistes sont notoirement mauvaises. L'absence de ministres écologistes fragilise la majorité de gauche et ouvrirait un nouveau foyer de contestation pour François Hollande.
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