Le roi belge Philippe (à gauche) et le président chinois Xi Jinping au parc animalier de Pairi Daiza. Photo AFP
Le président chinois Xi Jinping a entamé hier une visite d'État en Belgique, ponctuée par une visite historique auprès de l'UE, en conclusion de sa tournée européenne.
Cette visite de trois jours vise à « approfondir les relations gagnant-gagnant » entre la Chine et l'UE, son premier partenaire commercial, à l'heure où la première œuvre à son « renouveau » et la seconde sort de « l'hiver économique », a indiqué le dirigeant chinois, dans une tribune publiée par le quotidien belge Le Soir à la veille de son arrivée. En tant que « cœur de l'Europe », la Belgique, sixième partenaire commercial de la Chine au sein de l'UE, a aussi son rôle à jouer, a-t-il relevé. En retour, Bruxelles a réservé une réception en grande pompe à M. Xi et à son épouse, la chanteuse populaire Peng Liyuan. Escortés sur la place du Palais par la garde royale à cheval, ils y ont été accueillis par le roi et la reine des Belges, Philippe et Mathilde, et le gouvernement. Pour illustrer l'amitié bilatérale, les deux couples se sont ensuite rejoints au parc animalier de Pairi Daiza, qui accueille depuis fin février dans le cadre de la « diplomatie du panda » chère à Pékin un couple d'ursidés prêtés pour quinze ans.
Visite historique
Aujourd'hui, Xi Jinping doit devenir le premier président chinois à effectuer une visite officielle auprès de l'Union européenne, témoignant d'une prise en considération diplomatique souhaitée par l'UE, dix ans après le lancement d'un partenariat stratégique global entre les deux parties. Mais le rendez-vous sera bref : moins de cinq heures pour enchaîner des entretiens avec les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, du Parlement européen, Martin Schulz, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Contrairement au souhait de ces hôtes, le président chinois a décliné la tenue d'une conférence de presse. Il consacrera toutefois sa seule intervention publique aux relations Chine-UE, lors d'un discours demain au Collège de l'Europe qui forme à Bruges les fonctionnaires de l'UE.
Apaisement commercial
Avant la venue de M. Xi, UE et Chine ont apaisé leurs relations commerciales, qui pèsent 1,3 milliard d'euros par jour, tendues en 2013. Bruxelles a ainsi renoncé cette semaine à des enquêtes pour pratiques anticoncurrentielles dans les télécoms chinoises, après la clôture par Pékin d'une enquête antidumping sur les vins européens. Mais d'autres contentieux demeurent, Pékin réclamant notamment la levée de l'embargo sur les armes que l'UE lui impose depuis la répression du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989.
Sur la crise ukrainienne, l'ambassadeur de Chine auprès de l'UE, Yang Yanyi, a aussi souligné l'opposition de son pays aux sanctions visant Moscou prises par les 28 et les États-Unis. Des organisations de défense des droits de l'homme, dont Human Rights Watch, ont de leur côté appelé l'UE à interpeller son hôte sur les violations des droits de l'homme au Tibet et dans le reste de la Chine. Amnesty International a affirmé s'être vu refuser l'autorisation de manifester sur le parcours du dirigeant chinois, mais un rassemblement à distance, devant le Parlement européen, est prévu aujourd'hui à la mi-journée.
Retour ensuite au bilatéral pour le président chinois, qui entrera avec le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, dans le vif économique de son séjour, avec la signature de plusieurs accords, avant son départ demain après-midi.
(Sources : agences)


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