Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Ukraine

À Paris, Kerry et Lavrov essaient de faire de leur mieux...

Moscou propose une solution fédérale, Kiev la rejette sèchement.

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l’ambassade russe à Paris. Jacquelyn Martin / Pool / AFP

Le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont entamé hier à Paris des premiers pourparlers en tête à tête, pour tenter de trouver une issue à la crise ukrainienne.
Ces négociations d'urgence sur la crise ukrainienne ont été organisées en quelques heures après un entretien téléphonique vendredi soir entre Barack Obama et Vladimir Poutine, le premier contact entre les deux chefs d'État depuis l'annonce par Washington de sanctions économiques visant l'entourage proche du président russe. Ils sont convenus de la nécessité de pourparlers rapides pour mettre fin à l'escalade et au bras de fer entre Russes et Occidentaux depuis le rattachement mi-mars de la Crimée à la Russie. Selon Washington et Kiev, Moscou a massé des troupes le long de la frontière avec les régions orientales de l'Ukraine, russophones et théâtre de manifestations séparatistes, en vue d'une possible invasion.
Avant les discussions, M. Lavrov a affirmé que les sanctions occidentales contre la Russie, décidées à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou, causent quelques perturbations mais ne sont pas trop douloureuses. Il a ensuite appelé les Occidentaux à soutenir une proposition visant à donner une plus grande autonomie aux régions de l'est et du sud de l'ex-république soviétique, dans le cadre d'une solution fédérale. « Si nos partenaires sont prêts, alors la Russie, les États-Unis et l'Union européenne pourraient former un groupe de soutien à l'Ukraine et formuler un appel conjoint à ceux qui sont maintenant au pouvoir à Kiev », a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans une interview diffusée hier sur la chaîne de télévision publique russe Pervy Kanal. Une structure fédérale « protégerait les droits de ceux qui vivent en Ukraine et principalement de la population russe qui nous importe », a souligné M. Lavrov.
Mais Kiev a sèchement rejeté hier la proposition russe d'une fédéralisation. « Nous voudrions recommander à la Russie de cesser de dicter ses ultimatums à un pays souverain et indépendant et de reporter son attention sur la situation catastrophique et l'absence totale de droit de ses propres minorités, y compris ukrainiennes », a indiqué le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué. Aucune décision sur l'organisation interne de l'Ukraine ne peut être imposée de l'extérieur, a déclaré hier le ministre roumain des Affaires étrangères Titus Corlatean, illustrant les craintes des ex-pays communistes qui craignent les visées prêtées à Moscou de rétablir son ancienne sphère d'influence. Même son de cloche pour le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen, qui a accusé la Russie d'avoir bafoué, avec le rattachement de la Crimée, le principe de souveraineté des États, affaiblissant le respect du droit international.

« Pas d'approche commune »
Le fossé à combler entre Washington et Moscou reste important et la base même des discussions entre MM. Kerry et Lavrov, rompus aux pourparlers difficiles sur la Syrie, est déjà contestée. De source diplomatique américaine, on évoque une proposition américaine à laquelle Washington aurait demandé « une réponse écrite » et qui prévoirait surtout un retrait des troupes russes de la frontière ukrainienne. Pour autant, a insisté samedi à Moscou un vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, « il n'y a pas de plan unique » et pas « d'approche commune ».
La Russie ne montre aucune intention de revenir sur son absorption à marche forcée de la Crimée. Un mois après l'arrivée des premières forces russes sur la péninsule de la mer Noire, deux semaines après le référendum jugé illégal par les Occidentaux, le territoire est considéré par Moscou comme faisant partie de la Fédération de Russie. La perte de la Crimée, sans combat, constitue une humiliation pour le gouvernement de transition à Kiev. Le sujet enflamme la campagne électorale pour la présidentielle du 25 mai, qui s'est accélérée le week-end dernier avec l'investiture des candidats des principaux partis. Les pro-Européens partent grands favoris et notamment le milliardaire et ancien ministre Petro Porochenko. Ce magnat du chocolat et des médias de 48 ans a reçu le soutien de l'ex-boxeur Vitali Klitschko, qui renonce à la présidentielle et va briguer la mairie de Kiev. M. Porochenko, réputé comme un personnage de compromis, devra résister à un challenger redoutable : la controversée Ioulia Timochenko. À 53 ans, l'ex-Premier ministre, qui vient de passer deux ans en prison, se montre déterminée à effacer sa défaite de 2010 face à Viktor Ianoukovitch et mène campagne en ciblant Vladimir Poutine et promettant de reprendre la Crimée.
(Sources : agences)

Le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont entamé hier à Paris des premiers pourparlers en tête à tête, pour tenter de trouver une issue à la crise ukrainienne.Ces négociations d'urgence sur la crise ukrainienne ont été organisées en quelques heures après un entretien téléphonique vendredi soir entre Barack Obama et Vladimir Poutine, le premier contact entre les deux chefs d'État depuis l'annonce par Washington de sanctions économiques visant l'entourage proche du président russe. Ils sont convenus de la nécessité de pourparlers rapides pour mettre fin à l'escalade et au bras de fer entre Russes et Occidentaux depuis le rattachement mi-mars de la Crimée à la Russie. Selon Washington et Kiev, Moscou a massé des troupes le long de la frontière avec...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut