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Économie - Corruption

Azzi : Les fraudes au sein de la CNSS ont coûté des millions de dollars à l’État

De gauche à droite, le président de l’ACB, Nicolas Chammas, le président de la CCIAB, Mohammad Choucair, le ministre du Travail, Sejaan Azzi, le président des organismes économiques, Adnane Kassar, et le président de l’ABL, François Bassil. Photo CCIAB

« La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) doit être incluse dans une réforme globale et totale des institutions publiques dans toutes les régions du Liban », a affirmé hier le ministre du Travail, Sejaan Azzi.
« Les accusations dirigées contre la Caisse sont fondées, même s'il faut éviter de politiser le dossier », a-t-il reconnu, appelant à la poursuite de la modernisation des services, notamment par le biais de l'informatisation, ainsi qu'à la lutte contre la corruption. « Certaines pratiques frauduleuses ont coûté au fil des années des millions de dollars à l'État », a-t-il dénoncé.

Ces propos sont intervenus à l'occasion d'une rencontre avec le ministre, organisée hier par la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB). Cet événement, axé sur la situation de la CNSS et les réformes envisageables à cet égard, s'est déroulé en présence du président de la CCIAB, Mohammad Choucair, du président des organismes économiques, l'ancien ministre Adnane Kassar, du président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Ghassan Ghosn, du président de l'Association des banques (ABL), François Bassil, du président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB), Nicolas Chammas, du vice-président du conseil d'administration de la CNSS, Ghazi Yehya, et de nombreux représentants des secteurs public et privé.

« Dans une optique d'amélioration des prestations de la CNSS, la CCIAB a mené une étude approfondie sur le sujet, analysant en détail la situation actuelle de la Caisse. Cette étude, que nous remettons entre vos mains, a permis de définir des stratégies visant à mettre en place une politique pertinente d'amélioration des services », a déclaré M. Choucair.
« Les solutions proposées sont peu nombreuses, le temps d'action du gouvernement étant limité, mais sont urgentes et réalisables », a-t-il poursuivi. Essentiellement, ces solutions concernent « la mise en place de la seconde phase du plan général relatif à l'informatisation de la CNSS, un projet qui tarde depuis quatre ans à être concrétisé ». En outre, a-t-il annoncé, « les organismes économiques, suite à leur dialogue avec la CGTL, ont approuvé le lancement de la couverture médicale pour les retraités inscrits à la CNSS – un premier pas vers l'adoption du projet d'assurance-vieillesse ».

Halte à l'improductivité
Pour sa part, M. Bassil a préconisé la mise en place de réformes « sérieuses et rapides » des prestations de la CNSS « pour que les droits et acquis des bénéficiaires en matière de couverture médicale soient respectés ». Dans cette optique, M. Bassil a appelé à lutter contre le gaspillage, les détournements et les pratiques frauduleuses. « Les institutions bancaires cotisent pleinement mais n'obtiennent pas en contrepartie ce qui leur est dû dans des délais acceptables », a-t-il indiqué à titre d'exemple. Dénonçant les malversations et le manque de rigueur sur le plan de la gestion au sein de la Caisse, M. Bassil a également tiré la sonnette d'alarme en ce qui concerne la « situation catastrophique » de l'assurance-vieillesse. « Il est impensable que les retraités soient privés d'une couverture médicale alors qu'ils constituent l'une des couches les plus vulnérables de la société », a-t-il martelé, appelant à assurer tous les salariés à partir de leur départ à la retraite.

Même son de cloche de la part de M. Kassar, qui a mis en avant l'urgence d'apporter des réformes « réelles » et d'alléger les formalités bureaucratiques, « toujours effectuées manuellement » à l'ère de la banalisation de l'informatique, et qui « freinent la productivité et mettent à mal les droits et acquis des citoyens ».

Rappelons qu'une enquête a récemment été ouverte dans une affaire de fraude au sein de la CNSS, visant des fonctionnaires accusés de couvrir des opérations de recel et de détournement de fonds publics et d'attribution de quitus fictifs.
Six fonctionnaires de la CNSS ont été arrêtés la semaine dernière au siège de Wata Moussaïtbé par les Forces de sécurité intérieure, suite à une perquisition menée dans les locaux, samedi durant la matinée, sur ordre du parquet général financier. Parmi les personnes impliquées figuraient des fonctionnaires, mais aussi des courtiers et des intermédiaires chargés de présenter les formalités des citoyens. Deux courtiers ont été arrêtés dans l'affaire, ainsi que le propriétaire d'un bureau de comptabilité et d'audit, pour interrogatoire.

« La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) doit être incluse dans une réforme globale et totale des institutions publiques dans toutes les régions du Liban », a affirmé hier le ministre du Travail, Sejaan Azzi.« Les accusations dirigées contre la Caisse sont fondées, même s'il faut éviter de politiser le dossier », a-t-il reconnu, appelant à la poursuite de la modernisation des services, notamment par le biais de l'informatisation, ainsi qu'à la lutte contre la corruption. « Certaines pratiques frauduleuses ont coûté au fil des années des millions de dollars à l'État », a-t-il dénoncé.Ces propos sont intervenus à l'occasion d'une rencontre avec le ministre, organisée hier par la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB). Cet événement, axé sur la...
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