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Liban - Sommet arabe

Sleiman presse les Arabes, au sommet du Koweït, de voler au secours du Liban

Le président Michel Sleiman, au sommet arabe du Koweït.

C'est un véritable cri du cœur que le président Michel Sleiman a lancé à partir du Koweït pour sensibiliser les Arabes au problème et à la menace que représente la présence massive de réfugiés syriens au Liban.
Dans son discours au sommet arabe de Koweït, le président Sleiman s'est d'emblée arrêté sur les bouleversements dans le monde arabe et plus particulièrement sur les défis qu'ils génèrent. Il a dans ce cadre déclaré que l'avenir des peuples et des États de la région dépend d'une série de facteurs d'une importance capitale. Il a souligné dans ce cadre la nécessité de « faire en sorte que les forces modérées prennent le dessus face aux courants qui tendent vers l'extrémisme, à travers une action pédagogique et de développement continue, sans renoncer à la quête permanente de justice et au droit de résister à l'occupation, conformément à la Charte de l'ONU ». Et d'ajouter que l'avenir des peuples « dépend aussi de notre aptitude à choisir les meilleurs systèmes politiques (...), à dégager une solution négociée au bras de fer régional (...), et à imposer un règlement juste et global du conflit israélo-arabe ».


Concernant la guerre en Syrie, M. Sleiman a réaffirmé que le Liban privilégie le dialogue et encourage tous les efforts visant à trouver une solution politique et consensuelle loin de toute intervention militaire étrangère. Il a rappelé que le Liban s'est efforcé, « en principe et dans le fond, de prendre ses distances, autant que possible, par rapport à ce qui se passe en Syrie, pour en éviter les retombées négatives, même s'il reste concerné par l'évolution de la situation dans le pays voisin, par son avenir et par la nature du régime qui y sera instauré ». Il a en outre souhaité la libération de tous les otages, notamment les deux évêques syriens Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim.


Évoquant la crise des réfugiés syriens au Liban, Michel Sleiman a attiré l'attention des dirigeants arabes sur le fait qu'ils « ne peuvent soutenir le Liban moins que le Groupe international d'appui au Liban ». « Aussi, il m'importe à partir de cette tribune de lancer un appel pressant aux dirigeants arabes pour qu'ils continuent de soutenir le Liban par les moyens adéquats, au double plan bilatéral et international, et qu'ils s'impliquent dans les efforts fournis pour mettre en application l'ensemble des conclusions du Groupe international d'appui, qui s'était réuni en septembre à New York », a-t-il dit, avant de solliciter l'appui arabe dans des domaines spécifiques.


Le chef de l'État a ainsi invité les dirigeants arabes à encourager toutes les parties internes et régionales à « se conformer aux principes de la neutralité du Liban, conformément à la déclaration de Baabda, et à consolider l'entente formulée à ce sujet, tout en contribuant au maintien de la stabilité tout le long de la frontière est et à œuvrer pour une application de toutes les dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ». Il leur a demandé de réagir positivement à l'invitation qui sera lancée par la Banque mondiale pour le financement de projets de soutien économique au Liban, à travers le Fonds spécialement créé à cette fin, et d'accepter l'invitation qui sera lancée par l'Italie et l'ONU pour une participation à la conférence de Rome d'appui à l'armée.


Après avoir souligné la nécessité d'une mise en application des résolutions de la conférence de Koweït au sujet des réfugiés syriens, M. Sleiman a mis l'accent sur la gravité de ce problème « qui va en s'exacerbant et qui représente une menace existentielle pour le Liban dont il risque d'ébranler les fondations ». Il a mis l'accent sur le besoin d'un « effort arabe exceptionnel pour convaincre le plus grand nombre d'États à se répartir les réfugiés accueillis par le Liban », en évoquant la responsabilité humaine et internationale à leur égard. Il a dans le même temps plaidé pour une relocalisation des populations déplacées dans des zones sûres à l'intérieur de la Syrie et pour intensifier les efforts régionaux et internationaux pour un règlement rapide de la crise syrienne, permettant un retour des réfugiés chez eux.


« Le Liban n'est plus capable de recevoir davantage de réfugiés qui constituent aujourd'hui 32 % de sa population, a déclaré M. Sleiman. Cette crise pourrait amener le Liban à prendre des mesures légales pour arrêter le flux de ces déplacés ». M. Sleiman a dans ce contexte noté que la présence des réfugiés syriens ne peut être que provisoire et que cette responsabilité n'incombe pas exclusivement aux pays voisins de la Syrie.
À la fin de son discours, le chef de l'État libanais a été remercié par l'émir du Koweït qui l'a gratifié d'un lapsus assez remarqué, l'appelant « Michel Aoun Sleiman ».

 

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