Le ministre des Télécoms Boutros Harb lors de sa conférence de presse hier au ministère. Photo Dalati et Nohra
Le nouveau ministre des Télécommunications, Boutros Harb, a assuré hier que le ministère ne respectait pas les normes juridiques qui doivent réguler son travail. Selon lui, de grosses sommes évaluées à des milliards de dollars ont été dépensées ces dernières années.
M. Harb a par ailleurs estimé que la loi 431 n'avait pas été respectée durant les six dernières années pour des raisons politiques qui ont entravé le travail du ministère, ajoutant que « l'économie libanaise ne peut se développer de manière efficace si le secteur des télécommunications ne se développe pas aussi ». La loi 431 du 22 juillet 2002 a confié au ministère des Télécoms la prérogative de définir les règles générales organisant le secteur. Elle prévoit notamment une libéralisation du secteur dans l'objectif de mettre en place une véritable compétition. « Les services des télécommunications sont une nécessité dans la vie et un des droits élémentaires des Libanais », a poursuivi M. Harb. Il a ajouté que la gestion du ministère avait toujours été soumise à des considérations politiques et « à la vision personnelle de chaque ministre qui avait occupé ce poste ». Il a également indiqué que plusieurs embauches avaient été exécutées de manière hasardeuse et que plusieurs employés consciencieux avaient vu leurs droits bafoués ou avaient été éloignés de certains postes qu'ils méritaient pourtant.
Boutros Harb a dévoilé que des sommes « faramineuses » avaient été dépensées pour des projets de télécoms : 650 millions de dollars ont été alloués à la téléphonie mobile et 100 millions de dollars au réseau de téléphonie fixe, a-t-il déploré, rappelant que les citoyens ont toujours du mal à effectuer des appels téléphoniques sans coupure, que la vitesse d'Internet ne correspond pas aux normes internationales et que plusieurs régions libanaises sont encore dépourvues de ce service.
Il a également mis l'accent sur le fait que le dossier des télécoms avait été géré « comme s'il ne faisait pas partie d'un ensemble complet de services urbains » et que cela avait pesé « très lourd sur le Trésor ». « Il faut arrêter de traiter le dossier des télécoms comme si celui-ci représentait l'or noir du Liban », a martelé le ministre Harb qui a souligné que l'économie libanaise ne pouvait se relever sans des services de télécoms modernes et en accord avec les normes internationales. « La remise en forme du secteur des télécoms ne peut qu'avoir un effet positif sur le PIB et créer des opportunités d'emploi », a-t-il ajouté.
Le ministre a promis de lancer un chantier de réformes au sein du ministère sur deux volets : la réactivation de la loi 431 et l'amélioration des services. Dans ce cadre, le ministre a souligné l'importance de revoir les coûts à la baisse et de faire en sorte que toutes les régions aient accès à l'Internet, en coopération avec Ogero, et ce « dans les quelques semaines à venir ». Le ministre Harb a entre autres promis d'abaisser de 50 % les coûts des appels internationaux.
Sehnaoui répond aux accusations
De son côté, et suite aux accusations claires du nouveau titulaire du portefeuille, son prédécesseur aux Télécoms, Nicolas Sehnaoui, a publié un communiqué dans lequel il indique qu'il se trouve en tournée en Australie et qu'il n'avait donc pas suivi l'intégralité de la conférence de presse de son successeur. Il a pourtant tenu à souligner que le ministère des Télécoms ne respectait pas les normes juridiques en vertu de la loi 431 avant même qu'il ne soit nommé à la tête du ministère . « La loi 431 n'est pas applicable en vertu de plusieurs décisions prises par le Conseil d'État dont les décisions 705/2010-2011 en date du 24 mai 2011 », soit avant même qu'il ne soit nommé ministre. Il a en outre certifié que toutes les décisions lors de son mandat ont été prises en vertu de la loi et dans l'intérêt du citoyen.


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