Le président Sleiman accueilli par l’émir du Koweït, Sabah Ahmad Jaber as-Sabah à Koweït, hier. Au second plan, Gebran Bassil et Ali Hassan Khalil. Photo Dalati et Nohra
Il n'est pas indifférent de souligner que ce 25 mars, date à laquelle le délai constitutionnel pour l'élection d'un nouveau président de la République commence à courir, correspond aussi à la fête de l'Annonciation, devenue au fil des ans fête de la convivialité, de la volonté de vivre en commun des chrétiens et des musulmans, au sein d'un Liban pluraliste, modéré et respectueux de toutes les croyances. Cette date laisse espérer qu'un pays que le chef de la communauté maronite, le patriarche Béchara Raï, a consacré l'été dernier au Cœur de Marie ne sombrera pas, comme il a semblé le faire au printemps dernier, quand il a fallu voter une nouvelle loi électorale, dans l'indécision, et ne laissera pas cette échéance lui échapper. Une échéance qui est le symbole suprême de l'alternance au pouvoir, et à propos de laquelle le chef de l'État a affirmé il y a deux jours qu'il aspirait à ce que, pour la première fois en 45 ans, elle se déroule à temps et selon les règles constitutionnelles.
Autour de cette date et de cette échéance cruciale, un certain nombre d'initiatives ont été prises hier au Parlement, à Bkerké comme au sein de certaines instances partisanes ou économiques.
C'est ainsi que le président de la Chambre, qui se pose en champion de la modération et de l'entente, a formé hier une commission parlementaire de membres de son bloc, pour gérer les contacts préalables à la séance électorale et, éventuellement, en cerner la date probable. La commission, présidée par Yassine Jaber, comprend également Ali Osseirane et Michel Moussa. Elle entamera ses contacts aussitôt que M. Jaber, actuellement à l'étranger, sera rentré à Beyrouth. La commission travaillera dans un esprit de « libanisation » de l'échéance, a affirmé hier une source informée, et, dans la mesure du possible, un esprit consensuel. Elle sera habitée d'un sens de l'urgence lié autant à la situation militaire et sécuritaire qu'au drame humanitaire qui risque de se métamorphoser en bombe démographique, comme le redoutent beaucoup.
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La « commission politique » de Bkerké
La deuxième mesure prise vient de Bkerké où, à la demande du patriarche maronite, une « commission politique » comprenant des représentants de quatre grands partis et mouvances chrétiennes et de membres de la commission stratégique du Centre maronite de documentation et de recherche s'est réunie hier et a formulé les recommandations suivantes :
– « Considérer comme devoir national d'organiser l'élection présidentielle dans le délai constitutionnel qui lui est imparti (25 mars, 25 mai), et élire un président qui soit en mesure d'assumer réellement la responsabilité nationale qui lui échoit, qui incarnerait les aspirations libanaises telles qu'elles sont vécues par les chrétiens et les musulmans et tirerait sa force d'abord de la composante à laquelle il appartient (...). »
– « Organiser le premier tour de l'élection présidentielle le plus rapidement possible après la date à partir de laquelle court le délai constitutionnel (...), pour éviter tout risque de voir ce délai s'écouler sans qu'un chef de l'État n'ait encore été élu. »
Ces recommandations ont été transmises hier par le vicaire patriarcal maronite Samir Mazloum, accompagné du député Farid el-Khazen, au président Berry.
Le bureau politique Kataëb
Par ailleurs, M. Berry a pris acte du désir du bureau politique du parti Kataëb « de ne pas laisser l'échéance traîner jusqu'au dernier quart d'heure ». Réuni sous la présidence de Chaker Aoun, son premier vice-président, en l'absence d'Amine Gemayel, à l'étranger, le bureau politique a demandé au président de la Chambre de « fixer une date proche au premier tour du scrutin, et de capitaliser sur l'élan qui a conduit à la formation du gouvernement pour avancer avec responsabilité ».
Dans son communiqué final, le bureau politique des Kataëb a également invité le gouvernement à considérer l'approbation d'une nouvelle loi électorale comme un point principal de son programme d'action « et réclamé » un ordre du jour clair pour la conférence nationale de dialogue, convoquée pour le 31 mars.
Notons que cette convocation demeure tributaire de la bonne volonté des camps en présence, et qu'au moins deux des partis invités, les Forces libanaises et le Hezbollah, doutent de l'utilité concrète de cette conférence et n'ont pas encore décidé s'ils répondront présent.
Par ailleurs, M. Berry a reçu hier Boutros Harb, député et ministre, qui a souhaité que l'échéance présidentielle se tienne dans les délais constitutionnels, Farès Boueiz et François Bassil, PDG du groupe Byblos Bank, qui se sont également dits attachés à la tenue de la présidentielle dans les temps.
M. Boueiz a précisé en outre qu'à ses yeux, le président fort est celui qui parvient à réunir autour de sa personne « la plus grande masse d'unité nationale », et non pas celui qui serait le plus populaire au sein de l'électorat exclusivement chrétien.
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Le Conseil des ministres
La vie des institutions sera par ailleurs marquée, cette semaine, par la réunion, jeudi, du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement. Avant son départ pour le Koweït, hier, le chef de l'État a passé en revue, avec le président du Conseil, Tammam Salam, l'ordre du jour du Conseil des ministres et la situation sécuritaire.
L'ordre du jour, apprenait-on hier, comprend 76 points, dont la nomination de quatre nouveaux vice-gouverneurs de la Banque du Liban, les mandats des vice-gouverneurs actuels venant à échéance le 31 mars. Il y a de fortes chances que le gouvernement se contente de renouveler les mandats actuels.
Le renouvellement des contrats des deux opérateurs de téléphonie mobile au Liban figurera aussi à l'ordre du jour du Conseil des ministres, à la demande de Boutros Harb, le nouveau ministre des Télécoms, qui s'en est saisi à la dernière minute, et pour cause. M. Harb a tenu hier soir une réunion avec le chef du gouvernement pour lui transmettre les résultats de ses contacts avec les deux sociétés et demander que ce point figure à l'ordre du jour du Conseil des ministres de demain.
Bonne nouvelle pour les utilisateurs : selon le service de presse de M. Harb, les pourparlers avec la société « alfa » ont abouti à une baisse des tarifs, tandis que le géant koweïtien « Zein », dont le PDG Mark Scott se trouve en ce moment à Beyrouth, a offert de reprendre le réseau « touch » à de meilleures conditions d'exploitation et de plus bas tarifs. Ce qui, disons-le franchement, n'est pas difficile, tellement la médiocrité et le lucre avaient fini par dominer ce secteur ! On y verra plus clair jeudi.
Pour sa part, fidèle à la promesse qu'il avait faite aux habitants de Naamé, M. Salam a l'intention de soulever le dossier du dépotoir aménagé en bordure de leur localité, et dont ils réclament avec insistance la fermeture.
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Retenons quand même ce commentaire: "... la médiocrité et le lucre avaient fini par dominer ce secteur". Il est ou le Sehnaoui qui était en charge! Faire des déclarations du type "Nous sommes les meilleurs!" ne feront pas d'eux les meilleurs. Se sont les résultats sur le tapis qui compte, et les leurs sont nuls!!! Du coup cela se reflète sur le Présidentiable Aouniste: Un vieux Général qui a tout raté dans sa vie et n'a eu ses promotions qu'a travers la main sur laquelle il a craché en 1989 et aujourd'hui il récidive! J’espère pour le Liban que le Général prendra sa retraite au plutôt, le voir a Baabda encore une fis se sera la fin du pays pour de bon cette fois.
13 h 46, le 26 mars 2014