Deux vieux couples valsent de joie devant le Parlement de Crimée à Simféropol. En dépit de cette ambiance bon enfant et du « oui » au rattachement à la Russie, l’avenir n’est pas entièrement rose dans la péninsule. Dimitar Dilkoff/AFP
Après la victoire massive du « oui » au référendum en Crimée, une ère d'incertitudes s'ouvre pour la péninsule et ses deux millions d'habitants. Au lendemain d'un scrutin salué par Moscou mais qualifié d'illégal, voire de farce, par la quasi-totalité de la communauté internationale, la péninsule est censée entamer rapidement une transition vers le statut de membre de plein droit de la Fédération de Russie sans que personne ne sache exactement quand et comment cela se passera.
À 70 ans, Anna Ivanovna a voté pour Moscou. « Oui, nous allons devenir russes. C'est à la fois bien et, à mon âge, difficile de changer de pays. J'aime bien mes habitudes, ma routine. Tout cela me fait un peu peur... Nous verrons bien », confie-t-elle.
Le dirigeant prorusse Serguiï Axionov a assuré à plusieurs reprises que la transition vers la Russie serait simple et facile. Il a par exemple prévu d'introduire dès cette semaine le rouble dans la province, alors que la monnaie ukrainienne, la hryvnia, aurait en même temps cours légal pendant au moins six mois. Mais l'inquiétude se lisait depuis des jours sur les visages de ceux, nombreux, qui faisaient la queue devant les guichets des banques pour y retirer leurs avoirs, surtout dans les filiales de banques ukrainiennes susceptibles de fermer leurs portes.
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Les robinets ukrainiens
La Crimée dépend de l'Ukraine continentale pour son approvisionnement en électricité, en gaz, en eau potable et pourrait être sérieusement affectée si Kiev décidait de fermer les robinets. La décision finale va de toute façon revenir à la Russie où le Parlement devrait voter, sans doute en fin de semaine, une loi autorisant le rattachement de cette terre étrangère à la fédération.
En attendant, la Crimée va devoir fonctionner comme un nouvel État indépendant de facto. Selon M. Axionov, cette nouvelle entité est en mesure de survivre économiquement avec l'aide de Moscou. Il va falloir aussi régler la question épineuse des bases militaires ukrainiennes en Crimée, de leurs milliers de soldats et leurs familles, encerclés depuis la fin février par des soldats russes et des civils prorusses en armes.
La minorité tatare de la région (environ 12 % des deux millions d'habitants) devra également être rassurée : le souvenir de la déportation de masse effectuée sur ordre de Staline en 1944 est encore dans tous les esprits. « Je suis bouleversé. Je pensais que les autres pays allaient nous soutenir, mais tout le monde nous a abandonnés », soupire Seïtkhaline, tatar de 28 ans.
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Même les plus fervents partisans de l'union avec la Russie sont conscients que la route vers l'unité avec Moscou ne sera ni simple ni rapide. « La vie ne change pas aussi vite. Il va falloir régler beaucoup de questions techniques, politiques et économiques », dit Valeri Medvedev, qui était responsable d'un bureau de vote à Sébastopol. Natalia, mère au foyer de deux enfants, avoue être « un peu anxieuse » tout en « espérant un avenir meilleur ». « J'ai étudié le droit ukrainien, mais je ne suis pas contre le fait d'apprendre quelque chose de nouveau. Je pense que tout finira par s'arranger », dit-elle.
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À 70 ans, Anna Ivanovna a voté pour Moscou. « Oui, nous allons devenir russes. C'est à la fois bien et, à mon âge, difficile de changer de pays. J'aime bien mes habitudes, ma routine. Tout cela me fait un peu peur... Nous verrons bien », confie-t-elle.Le dirigeant prorusse Serguiï Axionov a assuré à plusieurs reprises que la...


Ce sera limite, une prémisse à une sorte de guerre civile.... larvée en son sein !
16 h 54, le 18 mars 2014