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À La Une - France

Pollution : Paris redécouvre la circulation alternée

Pour compenser l'immobilisation forcée de la moitié des voitures, les transports publics sont gratuits.

Au pied de la Tour Eiffel, à Paris, la police contrôle le respect par les automobilistes de la mesure de circulation alternée, qui vise à lutter contre la pollution. AFP/François Guillot

La capitale française et sa proche banlieue redécouvraient lundi la circulation alternée, mesure anti-pollution inédite depuis 1997 à laquelle les automobilistes semblaient s'être pliés.

Sauf dérogations, seules les voitures et motos dotées de plaques impaires étaient autorisées à circuler à partir de 05H30 locales (04H30 GMT). Peu avant 08h00 (07H00 GMT), le Centre national d'information routière comptait 90 km de bouchons dans la région. C'est "deux fois moins que d'habitude", commentait un porte-parole.

 

L'effort est "accepté" par les automobilistes, a noté le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Lundi, les ministres ont joué le jeu, arrivant à 07h00 (06H00 GMT) à la préfecture de police de Paris à bord de voitures dotées de plaques impaires. "On doit montrer l'exemple", a confié un des chauffeurs.

 

Covoiturage, télétravail ou transports en commun: les automobilistes dont la voiture a une immatriculation paire devaient trouver une parade.

Pour veiller au respect de la circulation alternée, quelque 700 policiers étaient mobilisés, sur une soixantaine de points de contrôle. Les automobilistes et motards qui braveront l'interdit écoperont d'une amende: 22 euros si elle est réglée immédiatement, 35 euros au-delà de trois jours. S'ils refusent de faire demi-tour, leur véhicule sera immobilisé.

Tous les véhicules à numéro pair ne sont pas interdits: pourront rouler les véhicules électriques ou hybrides, de même que les voitures avec au moins trois personnes à bord, les voitures auto-écoles et les taxis. Les véhicules autorisés à circuler doivent respecter les limitations de vitesse déjà en vigueur depuis plusieurs jours du fait de la pollution (abaissement de 20 à 10 km/h selon les axes).

Pour compenser l'immobilisation forcée de la moitié des voitures, les transports publics sont gratuits. Le stationnement est lui aussi gratuit à Paris pour les voitures à l'immatriculation paire.

Cette mesure existe dans d'autres villes européennes comme à Athènes, célèbre pour sa pollution.

 

Inédite depuis 1997 à Paris, la décision annoncée samedi, à huit jours des élections municipales, a suscité l'approbation de la gauche et des écologistes mais déclenché les foudres de l'opposition et des associations d'automobilistes et de motards.

Pour le président de l'UMP (opposition de droite) Jean-François Copé, cette mesure "relève de la communication". Un "cache-misère" selon la candidate UMP à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet. "Pour la première fois un gouvernement assume ses responsabilités", s'est en revanche félicitée la ministre socialiste de la Santé Marisol Touraine. "Nous comprenons parfaitement les difficultés, les agacements, voire même les colères", a déclaré le ministre de l'Écologie, Philippe Martin. "Mais il fallait prendre cette décision-là".

 

A Paris, le retour de la pollution était prévu lundi, sans toutefois que le seuil d'alerte (80 microgrammes) soit atteint. Dimanche, les 50 microgrammes déclenchant le seuil d'information étaient dépassés dans une bonne trentaine de départements.

Les particules en suspension dans l'air peuvent provoquer de l'asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, et les plus fines d'entre elles sont reconnues comme cancérigènes.

Les consultations liées à la pollution ont augmenté depuis vendredi dans les hôpitaux franciliens, particulièrement pour de jeunes enfants, a indiqué lundi à la radio RTL la ministre de la Santé Marisol Touraine. "Cela a pesé" dans la décision de mettre en place la circulation alternée, a déclaré la ministre.

 

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La capitale française et sa proche banlieue redécouvraient lundi la circulation alternée, mesure anti-pollution inédite depuis 1997 à laquelle les automobilistes semblaient s'être pliés.
Sauf dérogations, seules les voitures et motos dotées de plaques impaires étaient autorisées à circuler à partir de 05H30 locales (04H30 GMT). Peu avant 08h00 (07H00 GMT), le Centre national d'information routière comptait 90 km de bouchons dans la région. C'est "deux fois moins que d'habitude", commentait un porte-parole.
 
L'effort est "accepté" par les automobilistes, a noté le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Lundi, les ministres ont joué le jeu, arrivant à 07h00 (06H00 GMT) à la préfecture de police de Paris à bord de voitures dotées de plaques impaires. "On doit montrer l'exemple", a confié un des...
commentaires (1)

Ah, ils font fort avec la circulation alternée ! Sachant que le parc automobile n'est responsable que de 30 % de la pollution en général, et que, mis à part les bus et les taxis, 80 % des voitures roulent au diésel, on met en place une circulation alternée mais qui ne s'appliquent ni aux bus ni aux taxis qui eux roulent à 100 % au diésel ! Un calcul rapide nous donne une réduction assez faible du taux de pollution. Mais c'est vrai qu'on circule beaucoup mieux, c'était génial ce matin, on se serait crus en plein mois d'août. Mais bon, il ne faut pas se leurrer, pollution ou pas, la mesure ne va certainement pas faire long feu pour la simple raison que les premiers lésés sont les comptes de l'Etat : avec cette mesure, les stations d'essence sont fréquentées de moitié, donc l'Etat encaisse la moitié de taxes qu'habituellement.

Robert Malek

19 h 39, le 17 mars 2014

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Commentaires (1)

  • Ah, ils font fort avec la circulation alternée ! Sachant que le parc automobile n'est responsable que de 30 % de la pollution en général, et que, mis à part les bus et les taxis, 80 % des voitures roulent au diésel, on met en place une circulation alternée mais qui ne s'appliquent ni aux bus ni aux taxis qui eux roulent à 100 % au diésel ! Un calcul rapide nous donne une réduction assez faible du taux de pollution. Mais c'est vrai qu'on circule beaucoup mieux, c'était génial ce matin, on se serait crus en plein mois d'août. Mais bon, il ne faut pas se leurrer, pollution ou pas, la mesure ne va certainement pas faire long feu pour la simple raison que les premiers lésés sont les comptes de l'Etat : avec cette mesure, les stations d'essence sont fréquentées de moitié, donc l'Etat encaisse la moitié de taxes qu'habituellement.

    Robert Malek

    19 h 39, le 17 mars 2014

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