À Sébastopol, le drapeau russe était partout hier, avant même les résultats du référendum. Vasiliy Batanov / AFP
Le drapeau tricolore de la Russie claque déjà dans le ciel de Sébastopol, le port d'attache historique de la flotte russe de la mer Noire en Crimée.
Dans la rue principale qui surplombe la mer Noire, l'ambiance est à la célébration du retour dans le giron de Moscou, alors que des chansons militaires et patriotiques inondent les alentours depuis de grands haut-parleurs placés sur les toits. Le drapeau russe est partout, aux mains des passants, sur les voitures, les autobus ou même les ambulances.
Un navire de guerre russe, ancré face à la ville, montre aussi, s'il le fallait, l'emprise d'ores et déjà exercée par la Russie sur cette ville portuaire. « Je suis heureux », affirme Alexandre Sorokine. « Honnêtement, j'ai 60 ans et je n'ai jamais pensé que je vivrais assez longtemps pour vivre ce jour de fête. Sébastopol va redevenir une ville russe », ajoute-t-il, alors qu'une grande scène a été installée sur le front de mer pour célébrer le rattachement à la Russie.
Près de la scène, sur laquelle un groupe de rock local effectue des essais, un stand installé par un groupe de motocyclistes russes en blousons noirs offre blinis et thé aux passants. « Là où nous sommes, c'est la Russie », résume une grande banderole au-dessus d'eux. « Tout ce qui s'est produit dans le passé était dû aux politiciens, maintenant c'est au tour de la volonté du peuple de s'exprimer », estime un homme rencontré non loin d'un monument aux morts, qui dit habiter là depuis un demi-siècle. Une femme de 48 ans, Lioudmila, fonde des espoirs sur le rattachement à la Russie, pour les nouvelles générations. « Nous espérons que tout sera bon pour nos enfants. Ils vont parler la langue qu'ils veulent parler, le russe », a-t-elle assuré.
Car Sébastopol a été fondée par Catherine II en 1783 et héberge dans son port depuis 230 ans la flotte russe de la mer Noire, une force navale cruciale pour la Russie puisqu'elle lui donne un accès au Bosphore et à la Méditerranée. La ville a été l'enjeu d'une des pires batailles de la guerre de Crimée qui opposa au milieu du XIXe siècle la Russie à la Turquie, la Grande-Bretagne et la France. Son siège par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale fit 250 000 morts parmi les soldats de l'Armée rouge. Reconquise ensuite par les Soviétiques, et dotée du titre de « ville héroïque » comme l'ancienne Stalingrad (actuelle Volgograd), elle a été entièrement reconstruite dans le style néo-classique de l'époque stalinienne. Sa population de 350 000 habitants est considérée comme d'origine russe en grande partie.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine