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Moyen Orient et Monde - Algérie

Le Premier ministre à Ghardaïa après des heurts communautaires meurtriers

Le Premier ministre algérien par intérim, Youcef Yousfi, s’est rendu hier dans la ville de Ghardaïa. Alexander Klein / AFP

Le Premier ministre algérien par intérim, Youcef Yousfi, a appelé hier Arabes et Berbères de Ghardaïa, où les violences entre ces deux communautés ont fait trois morts, à « dépasser leurs dissensions ». « Il faut dépasser les dissensions. Il ne faut plus voir le passé mais regarder vers le présent et l'avenir. L'État prendra tout ses engagements en matière de sécurité et de développement économique », a déclaré M. Yousfi, dont les propos ont été rapportés à l'AFP par Bakir Kara Omar, un député mozabite du Rassemblement national démocratique (RND).
M. Yousfi, arrivé samedi dans la nuit à Ghardaïa, à 600km au sud d'Alger, après l'annonce de la mort de trois personnes, s'exprimait au siège de la wilaya (préfecture) où il a rencontré des représentants de la communauté mozabite (berbère), en présence du ministre de l'Intérieur, Tayeb Bélaïz.
Le Premier ministre par intérim, nommé jeudi dernier par le président Abdelaziz Bouteflika, devait ensuite recevoir des représentants des Châambas (Arabes) avant de réunir les représentants des deux communautés, a précisé M. Kara Omar.
Selon le député, les Mozabites ont notamment soulevé « le problème du foncier qui asphyxie la vallée du M'zab ». La région est en effet confrontée à une lutte pour l'appropriation d'un espace urbain de plus en plus réduit sur fond de libéralisation économique et de forte urbanisation.
« Dans les jours qui viennent, les ministres concernés se déplaceront à Ghardaïa pour s'occuper de ces questions afin que vous ne vous préoccupiez que du développement économique de la région », a promis le Premier ministre durant cette rencontre d'une heure et demie.
Ghardaïa, classée au patrimoine mondial de l'Unesco et chef-lieu de la province éponyme située aux portes du Sahara, voit cohabiter depuis des siècles les communautés mozabite et chaâmba, mais depuis plusieurs mois les tensions sont vives entre elles.
Et depuis mercredi soir, ses 400 000 habitants, dont près de 300 000 Berbères, vivent au rythme de nouvelles violences, qui ont fait plus d'une centaine de blessés et trois morts.
« La situation est très critique. L'État et les autorités locales n'ont pas maîtrisé un conflit en cours depuis des mois », explique Rachid Tlemçani, politologue.

Crise des institutions
Entre décembre et février, de précédents affrontements entre Chaâmbas et Mozabites avaient déjà fait quatre morts parmi les Mozabites et plus de 200 blessés. Or certaines des 200 familles mozabites chassées par les violences en janvier voulaient retourner chez elles mercredi, ce qui a apparemment relancé les incidents.
Les Mozabites avaient « demandé l'aide des autorités locales pour assurer leur protection afin de pouvoir retourner chez eux, mais ils n'ont eu aucune réponse et à Hadj Messaoud (quartier majoritairement arabe), les Chaâmbas leur disaient : "Oubliez que vous avez des maisons" », affirmaient cette semaine à l'AFP plusieurs notables mozabites de la région.
Ceci a créé un « sentiment d'abandon », chez la communauté, souligne M. Tlemçani, appelant les « autorités centrales » à « trouver des solutions radicales et non conjoncturelles ».
Ce qui arrive à Ghardaïa, « c'est tragique. C'est la parfaite illustration de la gestion par un non-État livré aux trafiquants. C'est la crise des institutions », estime Fatma Oussdik, sociologue et auteure d'un livre de référence sur la région. « Les walis (préfets) sont inefficients. La représentation de l'État est faible, pour ne pas dire inexistante », explique Mme Oussdik.
Avant l'arrivée du Premier ministre par intérim, aucun membre du gouvernement ne s'était prononcé sur la situation à Ghardaïa depuis ces nouveaux heurts, tous les esprits à Alger étant tournés vers l'élection présidentielle du 17 avril.
(Source : AFP)

Le Premier ministre algérien par intérim, Youcef Yousfi, a appelé hier Arabes et Berbères de Ghardaïa, où les violences entre ces deux communautés ont fait trois morts, à « dépasser leurs dissensions ». « Il faut dépasser les dissensions. Il ne faut plus voir le passé mais regarder vers le présent et l'avenir. L'État prendra tout ses engagements en matière de sécurité et de développement économique », a déclaré M. Yousfi, dont les propos ont été rapportés à l'AFP par Bakir Kara Omar, un député mozabite du Rassemblement national démocratique (RND).M. Yousfi, arrivé samedi dans la nuit à Ghardaïa, à 600km au sud d'Alger, après l'annonce de la mort de trois personnes, s'exprimait au siège de la wilaya (préfecture) où il a rencontré des représentants de la communauté mozabite (berbère), en...
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