Le non-respect par les belligérants du cessez-le-feu pourrait conduire le Soudan du Sud à une possible famine. Giulio Petrocco/AFP
Le Soudan du Sud, ravagé depuis trois mois par la guerre, est menacé de famine, ont averti hier à Addis Abeba les envoyés spéciaux européen et américain pour la région, lors d'un sommet sur la crise dans le jeune pays. Le non-respect par les belligérants du cessez-le-feu signé fin janvier a « conduit à des milliers de morts supplémentaires et à une dégradation de la situation humanitaire, le Soudan du Sud faisant face à une possible famine », a dénoncé Donald Booth, l'envoyé spécial des États-Unis. « Les pluies arrivent, et si personne ne peut aller planter (les champs), il n'y aura pas assez de stocks (de nourriture) dans quelques mois », a renchéri Alexander Rondos, représentant de l'Union européenne (UE) pour la Corne de l'Afrique.
Les représentants européen et américain s'exprimaient lors d'un sommet organisé dans la capitale éthiopienne par l'organisation est-africaine IGAD, en charge d'une médiation dans le conflit sud-soudanais, pour tenter de faire avancer des pourparlers de paix entre belligérants. Le conflit sud-soudanais, qui a fait des milliers de morts et près de 900 000 déplacés, avait éclaté le 15 décembre dans la capitale Juba, alimenté par une vieille rivalité politique, opposant une faction de l'armée loyale au président sud-soudanais Salva Kiir à des soldats mutins regroupés derrière son ex-vice-président Riek Machar. Mais les affrontements ont aussi pris une dangereuse tournure ethnique, avec des massacres entre les deux principales communautés du pays – les Dinka de Salva Kiir et les Nuer de Riek Machar.
Combats à Malakal
Les deux camps avaient signé le 23 janvier un cessez-le-feu, déjà sous l'égide de l'IGAD. Mais les problèmes de fonds n'ont jamais été réglés et la trêve n'a depuis cessé d'être violée. Hier encore, l'armée sud-soudanaise a fait état de combats avec les rebelles dans la ville de Malakal, capitale de l'État pétrolier du Haut-Nil. « Les combats montrent seulement que les parties ne cherchent pas sérieusement à mettre fin à la guerre », a alors dénoncé à Addis Abeba Seyoum Mesfin, négociateur en chef pour l'IGAD dans le conflit sud-soudanais.
Les dirigeants de l'IGAD ont aussi débattu hier de la possibilité de déployer une « force régionale de stabilisation » au Soudan du Sud. Il est cependant peu clair à ce stade si cette force opérerait indépendamment ou sous le mandat de la mission de Casques bleus onusiens (Minuss) déjà présents dans le pays. Les pourparlers de paix entre les deux camps doivent reprendre le 20 mars, également à Addis Abeba et sous l'égide de l'IGAD.
Sur un autre plan, un tribunal soudanais a condamné à mort par contumace hier Malik Agar et Yassir Arman, deux chefs de la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan, un important groupe rebelle, et 15 autres personnes, après la suspension de pourparlers entre ce mouvement et Khartoum, a indiqué un avocat.
(Source : AFP)


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