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Moyen Orient et Monde - Affaire Sarkozy

Gaffe ou mensonge d’État ? Taubira plonge le gouvernement dans la confusion

La ministre de la Justice a affirmé n'avoir « aucun sentiment de lâchage » du Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui avait reconnu qu'ils avaient tous les deux été informés des écoutes.

Christiane Taubira brandissant des lettres du procureur financier à ses services censées prouver que la justice ne l'avait informée que de l'ouverture d'une enquête pour trafic d'influence, mais pas du contenu des écoutes de l'ancien président Nicolas Sarkozy. Alain Jocard / AFP

La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, tentait de se dépêtrer hier d'accusations d' « espionnage politique » lancées par l'opposition dans le dossier des écoutes de Nicolas Sarkozy, après avoir été prise en défaut sur des déclarations qui ont plongé l'exécutif dans la confusion.
Mme Taubira, icône du gouvernement de gauche, a-t-elle commis une simple gaffe ou un mensonge d'État, en disant ne pas avoir eu connaissance d'abord de l'existence de ces écoutes, puis de leur contenu ? Tandis que la confusion régnait au sommet de l'État, son camp politique concédait des « maladresses » et s'efforçait de ramener l'attention sur les dossiers judiciaires dans lesquels sont impliqués l'ancien président et plusieurs de ses proches. « Je préfère une maladresse à des malversations », a ainsi lancé le député socialiste Bruno Le Roux sur BFMTV, en estimant que « tout le bruit qui est fait depuis plusieurs jours n'a qu'une seule dimension, essayer de disqualifier la justice ».
« Pourquoi parler aujourd'hui de Mme Taubira alors que ce qui est sur la table, ce sont des faits qui sont reprochés à M. Sarkozy ? » a demandé le ministre du Travail Michel Sapin sur la radio Europe 1.
Mercredi, la ministre a alimenté la polémique touchant le gouvernement en brandissant des lettres du procureur financier à ses services datées du 26 février, censées prouver que la justice ne l'avait informée que de l'ouverture d'une enquête pour trafic d'influence, comme il est de règle, mais pas du contenu des écoutes de l'ancien président qui la justifiaient. Or un zoom sur ces documents a suffi à établir qu'ils évoquaient bien un marché passé entre Nicolas Sarkozy et un haut magistrat.

Ce qui « nourrit le feuilleton »...
« On est en train de m'accuser de connaître le contenu de ces interceptions, de connaître la date à laquelle ces interceptions ont été décidées, d'avoir reçu des synthèses, vous trouvez ça dans ces deux lettres ? » s'est-elle défendue hier dans un entretien au journal Le Monde. « Quand ces courriers arrivent, les interceptions ont déjà eu lieu, leur exploitation par les juges aussi. C'est cela, l'espionnage politique qui nourrit le feuilleton ? » s'est-elle indignée. Et elle a ajouté n'avoir « aucun sentiment de lâchage » du Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui avait reconnu que Mme Taubira et lui avaient été informés des écoutes. Et alors que la droite continuait de réclamer sa démission, il a assuré que la ministre gardait « sa place au gouvernement ».
La succession de versions contradictoires, alors même qu'aucun manquement à la loi ni aux règles de l'exécutif n'a pour l'heure été mis au jour, a toutefois donné le sentiment d'une totale confusion au sommet de l'État. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a ainsi assuré ne pas avoir été informé des écoutes par ses services mais en lisant la presse, ce qui a provoqué le scepticisme, voire l'ironie d'anciens policiers de haut rang. « Quel est l'intérêt de ce questionnement sur les dates? » a ensuite demandé Manuel Valls, mettant en cause « une opération de déstabilisation particulièrement grave » de Nicolas Sarkozy et de ses amis qui vise, selon lui, « à mettre en cause l'indépendance et le travail des juges ».
Outre M. Sarkozy – mis sous écoute dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de financement illégal de sa campagne de 2007 avec l'argent de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi – la justice s'intéresse aussi à plusieurs de ses proches : notamment son ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux dans le dossier du financement de la campagne de 2007 et le chef du parti de droite UMP pour des soupçons de favoritisme, une affaire qui a entraîné l'ouverture le 5 mars d'une enquête, a-t-on appris hier de source judiciaire.

(Source : AFP)

La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, tentait de se dépêtrer hier d'accusations d' « espionnage politique » lancées par l'opposition dans le dossier des écoutes de Nicolas Sarkozy, après avoir été prise en défaut sur des déclarations qui ont plongé l'exécutif dans la confusion.Mme Taubira, icône du gouvernement de gauche, a-t-elle commis une simple gaffe ou un mensonge d'État, en disant ne pas avoir eu connaissance d'abord de l'existence de ces écoutes, puis de leur contenu ? Tandis que la confusion régnait au sommet de l'État, son camp politique concédait des « maladresses » et s'efforçait de ramener l'attention sur les dossiers judiciaires dans lesquels sont impliqués l'ancien président et plusieurs de ses proches. « Je préfère une maladresse à des malversations », a ainsi lancé...
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