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Nos Lecteurs ont la Parole - Nohad SHOUCAIR

L’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie

La disparition de la célèbre Bibliothèque de l'Alexandrie antique, pour la plupart des historiens contemporains, a vraisemblablement eu lieu sur plusieurs siècles, et a suivi plus d'un épisode violent... La bataille de l'année 47 av. J-C a probablement fait partir en fumée une partie des documents, mais les fanatiques chrétiens du 4e siècle AD puis l'obscurantisme musulman du 7e siècle AD ont achevé la besogne.
Lorsqu'en 47 avant J-C une rébellion armée des habitants d'Alexandrie, suscitée par les derniers partisans du tout jeune Ptolémée a pris de court le corps expéditionnaire de Jules César, ce dernier, en attendant des secours substantiels qui devaient venir de Syrie, a ordonné de mettre le feu à sa flotte immobilisée dans le port, afin d'empêcher que les vaisseaux ne tombent aux mains des rebelles ou les aident à resserrer l'encerclement des légionnaires romains. Pourtant l'incendie semble s'être propagé sur les quais, dans le périmètre du Brucheion, quartier royal de la ville où se situaient les palais de la dynastie lagide et les casernes militaires. Les bâtiments du Musée et sa Bibliothèque se trouvaient au sud de cette zone. S'ils avaient été touchés par l'incendie initié dans le bassin portuaire, ils auraient dû l'être après qu'au moins une partie des palais ait été touchée. Or aucun chroniqueur ne mentionne que l'incendie ait menacé les palais. Ce qui accrédite la version que le feu ait en fait dévoré un ou des hangars proches du bassin maritime. Des historiens parlent de 20 à 40 mille ouvrages brûlés alors. Sans accepter le chiffre exagéré de 700 mille ouvrages qu'aurait compté la Bibliothèque, cela veut dire qu'une partie seulement des réserves ait disparu.
Environ 4 siècles plus tard, des fanatiques chrétiens, encouragés en sous-main par le patriarche Théophile, s'attaquèrent à la Bibliothèque, et détruisirent ce qui' ils considéraient comme une source de philosophie grecque antique adverse à la nouvelle religion monothéiste. C'est bien la preuve que la Bibliothèque perdurait et même qu'une bonne partie de ses trésors avait été reconstituée, si elle avait jamais été sérieusement diminuée !
Puis l'irruption en Égypte de l'armée musulmane d'invasion, menée par Amr ibn el-Aç, en 642 AD, eut pour conséquence l'application des instructions du Calife Omar ibn al-Khattab de détruire tout texte qui ne s'alignait pas avec les enseignements du Coran. On pense que seuls les textes attribués à la pensée d'Aristote furent épargnés.
Il faut également préciser que les fonds de la Bibliothèque étaient constitués par des documents roulés, papyrus puis parchemins, soit une matière hautement périssable dans le temps par effritement de la matière de base ainsi que par la manipulation. Les rouleaux étaient entassés les uns au-dessus des autres et il fallait en déplacer plusieurs lorsqu'on recherchait un document en particulier. Donc le temps et l'âge ont dû tout autant jouer un rôle dans la disparition d'une belle quantité des merveilles de la Sagesse antique.
On trouvera toujours des apôtres « bienveillants » pour exonérer les émeutiers chrétiens des premiers temps et les troupes hurlantes musulmanes des déprédations portées aux créations de la civilisation gréco-romaine. Il est du devoir de la mémoire historique de rétablir les faits, autant que se puisse, avec impartialité.

Nohad SHOUCAIR


La disparition de la célèbre Bibliothèque de l'Alexandrie antique, pour la plupart des historiens contemporains, a vraisemblablement eu lieu sur plusieurs siècles, et a suivi plus d'un épisode violent... La bataille de l'année 47 av. J-C a probablement fait partir en fumée une partie des documents, mais les fanatiques chrétiens du 4e siècle AD puis l'obscurantisme musulman du 7e siècle...

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