L'ancien député Ali Eid. Photo d'archives.
Le premier juge d'instruction militaire, Riad Abou Ghida, a émis hier un mandat d'arrêt par contumace à l'encontre du chef du Parti arabe démocratique (PAD, alaouite), Ali Eid, soupçonné d'avoir facilité la fuite en Syrie d'un suspect dans les attentats contre deux mosquées sunnites à Tripoli, en août dernier.
Ali Eid, contre lequel des poursuites avaient été engagées en novembre dernier, ne s'était jamais présenté devant les juges, avançant des problèmes de santé.
Le chauffeur de M. Eid, actuellement en détention, a affirmé que c'est sur instruction de son patron qu'il avait conduit en Syrie un homme qui aurait trempé dans le double attentat perpétré contre les deux mosquées sunnites, l'été dernier.
Il convient de noter que le mandat d'arrêt émis contre Eid intervient quelques jours après la désignation de l'ancien directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, au poste de ministre de la Justice. De source digne de foi, on indique que cette mesure constitue le coup d'envoi d'un processus visant à donner un nouvel élan à la réactivation des dossiers portant sur les dernières actions terroristes dans le pays. La relance de ces dossiers mettra ainsi en évidence le fait que lorsque le pouvoir exécutif, sous l'impulsion du ministre en charge, fait preuve de détermination, la dynamique de la justice se trouve consolidée. Dans ce cadre, on apprend que le ministre Achraf Richi œuvrera sous peu à transmettre à la cour de justice les dossiers des attentats terroristes qui ont visé les deux mosquées de Tripoli ainsi que la banlieue sud de Beyrouth et le Hermel. Le général Rifi devrait recevoir prochainement sur ce plan une délégation de notables de Tripoli qui lui remettra une pétition signée par 70 000 Tripolitains, réclamant que le dossier de l'attentat contre les deux mosquées soit transmis à la cour de justice.
Notons dans ce cadre que le fils du chef du PAD, Rifaat Ali Eid, réagissant au mandat d'arrêt contre son père, a déclaré en soirée : « Nous nous plaçons sous l'autorité de la justice. Le mandat d'arrêt est un round et non la fin de la bataille avec Achraf Rifi. »
De son côté, Ali Eid a appelé ses partisans, rassemblés à son domicile, à garder le calme.
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14 h 05, le 25 février 2014