À Sotchi, la folie des grandeurs de Poutine : transformer le feu en glace

Le prix du caprice

OLJ
24/02/2014

Qu'est-ce qu'ont coûté ces jeux à la Russie ? Un chiffre attire toutes les attentions : le montant réservé à la sécurité. Les 1,4 milliard d'euros battent tous les records et pour cause : le nombre de policiers et militaires mobilisés pour assurer la sécurité pendant toute la compétition est estimé à plus de 100 000. L'arsenal russe, pour prévenir tous les risques d'attentat, comprend également 11 000 caméras, des drones et des... missiles sol-air !
Mais à part les 37 milliards d'euros accordés à ces jeux, somme qui cumule à elle seule les deux dernières éditions des Jeux d'été (11,5 milliards pour Londres en 2012 et 26 milliards pour Pékin en 2008), le coût écologique est à prendre en compte. Les organisateurs des JO ont promis de suivre à la lettre le programme « Jeux en harmonie avec la nature » du Comité olympique, prévoyant de réhabiliter les zones naturelles qui ont été perturbées dès la clôture des Jeux. Mais les militants écologiques ne semblent pas très convaincus de leur bonne volonté. Prenons à titre d'exemple les décharges sauvages à quelques mètres du village olympique sans aucune structure pour trier et traiter les déchets qui finissent tout bonnement dans les rivières. C'est notamment le cas de la rivière Mzymta qui fournit l'eau potable de la ville. Les transformations de son lit et de ses berges pour y construire des autoroutes et des pistes de ski ont totalement déséquilibré l'écosystème. Les risques de glissement de terrain y sont désormais importants, tout comme les risques d'érosion, d'inondation et de sécheresse. En outre, la rivière très poissonneuse était le lieu choisi par les saumons de la mer Noire qui venaient y pondre leurs œufs. Ceux-ci ont aujourd'hui disparu.
Par ailleurs, à Sotchi, où l'on bénéficie d'un climat quasi méditerranéen, la neige fraîche n'est pas le point fort, ce qui est paradoxal quand on organise des Jeux d'hiver. Résultat, un demi-million de mètres cubes de neige ont été stockés sur 14 collines en prévision... Un véritable désastre écologique. Sans parler du déboisement massif pour construire les 367 kilomètres de routes, pour relier tous les sites, auxquels s'ajoutent 201 kilomètres de voies ferrées, 77 ponts, 12 tunnels, 2 nouvelles gares et un nouvel aéroport.
Le coût sociétal n'est pas non plus négligeable. Pour mener à bien le chantier de Sotchi, l'État a dû procéder à l'expropriation d'environ 2 000 familles. Tous les expulsés n'ont pas reçu les compensations auxquelles ils auraient pu avoir droit, faute de titres de propriété valides.

 

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