À Vienne, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif ont identifié toutes les questions auxquelles ils devront répondre afin de conclure un accord définitif et global. Dieter Nagl/AFP
L'Iran et les grandes puissances ont franchi hier une nouvelle étape vers le règlement définitif de leur conflit sur le programme nucléaire de Téhéran en s'accordant sur un « cadre » des négociations futures, qui s'annoncent néanmoins longues et difficiles. « Nous avons eu trois jours très productifs au cours desquels nous avons identifié toutes les questions auxquelles nous devrons répondre afin de conclure un accord définitif et global », a expliqué la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, dans une brève déclaration à la presse en compagnie du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Sur sa page Facebook, M. Zarif a précisé être tombé d'accord avec Mme Ashton « pour tenir plusieurs réunions à notre niveau sur une base mensuelle entre maintenant et le (début du) mois de khordad » qui commence le 22 mai. La prochaine rencontre est prévue le 17 mars dans la capitale autrichienne. Mme Ashton se rendra auparavant à Téhéran, a affirmé le ministre iranien.
De son côté, la sous-secrétaire d'État américaine pour les Affaires politiques, Wendy Sherman, ira dès les prochains jours à Jérusalem, Riyad, Abou Dhabi et DubaÏ pour rendre compte des discussions de cette semaine. Selon un haut responsable américain, celles-ci ont été « substantielles et ont couvert toutes les questions qui doivent être mises sur la table (....) Nous sommes loin des discours idéologiques ». « Nous avons commencé à identifier des domaines d'accord ainsi que des domaines où nous devrons travailler sur des questions difficiles », a-t-il ajouté.
Arguments aux parlementaires
Les négociateurs du groupe des 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) ont la tâche délicate de transformer le plan d'action sur six mois conclu avec l'Iran – au plus tôt d'ici au 20 juillet – en un accord global garantissant sans l'ombre d'un doute la nature pacifique du programme nucléaire iranien. Comme preuve de la bonne volonté iranienne, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué dans un rapport diffusé hier que Téhéran continuait à respecter ses engagements – un gel de certaines activités nucléaires sensibles, notamment l'enrichissement d'uranium jusqu'à 20 % –, un mois après l'entrée en vigueur du plan le 20 janvier. Car rappelons que l'enjeu est de taille : un accord global permettrait une normalisation des relations internationales entre l'Iran et les États-Unis, rompues depuis trente-cinq ans, et éloignerait dans la foulée l'option militaire évoquée souvent par Israël et les États-Unis, comme encore récemment par le secrétaire d'État américain John Kerry.
Experts et diplomates jugent peu probable la conclusion d'un accord en l'espace de six mois tant les positions restent éloignées, mais la période pourra être prolongée jusqu'à un an à compter de la signature du plan d'action en novembre, et ce par consentement mutuel. L'absence de claire avancée d'ici à juillet serait un mauvais présage pour la suite. Un surplace donnerait des arguments aux parlementaires américains pour resserrer encore l'étau des sanctions. Cela affaiblirait dans la foulée les marges de manœuvre du président modéré Hassan Rohani, à l'origine du dégel de ces derniers mois, face aux farouches opposants à tout compromis à Téhéran. S'il veut obtenir la levée de l'ensemble des sanctions internationales, l'Iran devra probablement fermer son site d'enrichissement de Fordo, enfoui sous une montagne, réduire le nombre de ses centrifugeuses (environ 19 000 actuellement) qui servent à enrichir l'uranium et abandonner définitivement son projet de réacteur à eau lourde d'Arak, dont il pourrait tirer du plutonium utilisable dans la mise au point d'une bombe, estiment les experts. La question d'une fermeture de site n'a pas été abordée lors de la réunion de Vienne, a indiqué M. Zarif lors d'une rencontre avec la presse iranienne. « Notre programme continuera et aucun site ne sera fermé », a-t-il réaffirmé.
(Source : AFP)


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