Le groupe TF1 a su préserver sa rentabilité en 2013 mais a souffert plus que sa concurrente M6 de la crise du marché publicitaire et a prévenu que celle-ci risquait de se poursuivre cette année.
Le premier groupe de médias français a dégagé un bénéfice net part du groupe de 137 millions d'euros pour 2013, quasiment stable (0,7 %) par rapport à 2012.
Son chiffre d'affaires s'affiche à 2,470 milliards sur la période – pour un objectif initial de 2,5 milliards –, soit un recul de 5,7 %, alors que ses revenus publicitaires souffrent d'« un contexte économique difficile » et d'une « pression concurrentielle forte », selon un communiqué.
« 2013 a montré notre nouvelle agilité et notre capacité à résister aux difficultés conjoncturelles », a estimé Nonce Paolini, le PDG du groupe au cours d'une conférence de présentation des résultats financiers.
Le responsable a souligné que le groupe avait réussi son pari de maîtriser ses coûts – avec un coût des programmes en retrait de 57,7 millions d'euros sur un an malgré le lancement de la nouvelle chaîne HD1 – tout en améliorant son audience globale.
« Le chiffre d'affaires est un peu décevant, mais on constate une meilleure rentabilité que prévu », a observé Jean-Baptiste Sergeant, analyste pour le courtier Gilbert Dupont, qui regrette aussi l'absence d'objectifs chiffrés pour l'année en cours.
Philippe Denery, directeur général adjoint finances du groupe, a observé que TF1 avait continué à améliorer sa rentabilité, avec un taux de marge opérationnelle qui est passé au quatrième trimestre à 16,4 %, contre 13,5 % un an plus tôt, lors d'une conférence téléphonique.
Sur le dernier trimestre de l'année, le groupe a dégagé un bénéfice net de 75,3 millions d'euros, en progression de 55,6 %, pour un chiffre d'affaires de 724,3 millions d'euros, en recul de 5,7 %.
Après un fort recul du chiffre d'affaires publicitaire des 4 chaînes gratuites (TF1, TMC, NT1, HD1) du groupe de 8,8 % au premier semestre, TF1 a constaté une stabilisation au troisième trimestre et limité la baisse à 1,8 % au quatrième trimestre.
Si le groupe M6 (RTL Group, Bertelsmann) est, lui, parvenu à maintenir son chiffre d'affaires publicitaire quasi stable sur l'année (-0,3 %), « TF1 est en ligne avec le marché », soit un recul attendu de 4 %, a observé Jean-Baptiste Sergeant.
La performance de M6 s'explique par « une stratégie de volumes offensive sur les prix » qui n'est peut-être pas viable à long terme selon l'analyste.
Sur l'ensemble de l'année, la chaîne TF1 a vu sa part du marché publicitaire brut passer de 36,5 % en 2012 à 35 % en raison de la multiplication de l'offre et pas seulement la concurrence de M6, a précisé M. Denery.
La part d'audience de l'ensemble du groupe a progressé de 1,8 % pour atteindre 28,9 % l'an dernier sur les individus âgés de 4 ans et plus, pour une part de marché publicitaire qui s'établit entre 45 et 50 %.
Pour 2014, TF1 prévient dans son communiqué que « le marché net de la publicité pourrait s'inscrire en recul » dans un contexte de « visibilité toujours faible ».
Le groupe affirme en outre qu'il fera « de la croissance une priorité ». TF1 devrait enfin poursuivre ses efforts de réduction de ses coûts, avec l'objectif d'économiser 29 millions d'ici à fin 2014, après 41 millions d'économies réalisées en 2013.
(Source : AFP)


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